divers
L'amour à travers le coeur et les yeux
« Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de l’homme ; et l’ayant vu, il fut ému de compassion » (Luc 10. 33).
« On ne voit bien qu’avec le cœur », a écrit Antoine de Saint-Exupéry. Mais Jésus nous l’a enseigné bien avant lui, et infiniment mieux. Qui pourrait nier le lien unissant les yeux et le cœur ? Dans sa parabole, Jésus parle d’un homme tombé au milieu des brigands et laissé à demi-mort au bord du chemin qui descend vers Jéricho.
"Un sacrificateur vit l’homme dépouillé et blessé. Il passa outre. Un lévite arriva là, lui aussi ; il porta ses regards sur l’inconnu rué de coups, et couvert de plaies. Il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna" (Luc 10. 31-32).
Que peuvent-ils faire d’autre, ces deux religieux dont le souci premier est, non de voir, mais d’être vus, et l’ambition dévorante d’être glorifiés au coin des rues et dans les synagogues ?
Sur ce sentier périlleux et désert, nulle âme qui vive pour applaudir une action bienfaisante. La piété morte, tissée d’apparence et d’hypocrisie, n’y trouve pas son compte. Comment ces « conducteurs aveugles » peuvent-ils voir comme il faut voir réellement ?
« Les yeux sont les fenêtres de l’âme », a-t-on écrit. Ceux du bon Samaritain laissent apparaître un cœur bon, véritable trésor de miséricorde et de compassion.
Le Samaritain, l’homme de la race mêlée, méprisée, injuriée et rejetée, ne s'enfonce pas dans le mécanisme des questions vaines comme : « Qui est mon prochain ? » Il laisse ce genre de réflexion flotter dans l’air des religieux, parmi les docteurs de la Loi.
Car là, en fait, n’est pas la question. Le Samaritain a mieux à faire. Sa préoccupation est : « De qui puis-je être le prochain ? »
Voilà la bonne et vraie question. Être le prochain du blessé, à portée de son cœur et de sa pitié, c’est là son saint devoir, sa responsabilité, sa mission présente. Il voit le blessé et il est ému aux entrailles. L’état de son cœur aimant engendre le bon état de ses yeux. Ému aux entrailles ! Le portrait que brosse Jésus de ce secouriste providentiel, ne laisse pas de place à la superficialité, ni au vernis religieux.
Nous contemplons les profondeurs d’une âme brisée devant la souffrance d’autrui. Dès lors, s’approcher, panser, adoucir et bander les plaies, prendre en charge, prendre soin, payer, sont les fruits dignes de la compassion véritable du bon samaritain.
En filigrane, Jésus ne nous ouvre-t-il pas ici son propre cœur ? Lui que l’on a traité de « Samaritain », a si souvent vu le blessé du chemin et en a été « ému aux entrailles » ! "Voyant une grande foule, Jésus est pris de pitié pour eux et guérit leurs infirmes" (Matthieu 15. 30). "Plus loin, entend-il deux aveugles crier leur détresse ? Jésus s’arrête, les appelle et, ému de compassion, il touche leurs yeux et leur rend aussitôt la vue" (Matthieu 20. 29-34). Plus encore, que dire du lépreux purifié (Marc 1. 40-42), du fils de la veuve éplorée rendu à la vie (Luc 7. 11-17) ?
L’huile et le vin d’En Haut étaient versés sur la multitude des victimes de la vie, des victimes de la mort. Les vagues de l’amour, les flots de la compassion d’En Haut passaient sur eux, et les relevaient.
Ô Jésus, donne-moi un cœur comme le tien ! Je pourrais alors voir comme tu vois, être remué jusqu’au tréfonds de mon être, et aimer de ton Amour.
INCOMPARABLE RANÇON
"C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude" (Matthieu 20. 28).
Une rançon est la somme exigée en échange de la libération d’une victime d’enlèvement. C’était le prix que l’on payait pour racheter des esclaves.
Amis chrétiens, n’oublions jamais notre misérable « autrefois ». Nous, les captifs sans espérance, les esclaves impuissants, croupissions sous la férule du plus cruel ennemi : le diable.
A moins qu’une rançon soit versée, nos rêves de vraie liberté descendraient avec nous dans le feu de la condamnation éternelle.
Ô, glorieux Évangile, éminente grâce divine ! La rançon a été versée, d’En Haut, du cœur même de Dieu ; l’infinie richesse de son Amour pour nous a pu payer le prix inestimable de notre affranchissement.
Considérons le caractère extraordinaire de cette rançon. D’ordinaire, n’est-ce pas le ravisseur qui fixe la somme à verser ? Mais Dieu, seul législateur et juge, avait établi dès avant la fondation du monde, toutes les lois de son Royaume : "Le salaire du péché serait la mort. Tout serait purifié par le sang. Seule une victime sainte, innocente, sans tache, donnant sa vie pour des coupables serait le montant inestimable de la rançon, etc... La Sainteté et la Justice de Dieu l’imposaient".
Et Dieu a donné son Fils Jésus-Christ qui fut crucifié, prenant sur Lui le châtiment de nous tous. Satan, le Ravisseur maudit, n’eut pas son mot à dire. Dépouillé de sa puissance, il ne peut désormais retenir captifs tous ceux qui placent leur foi dans le Christ. Les chaînes tombent, les portes d’airain sont rompues, les verrous de fer sont brisés. Le peuple racheté s’épanouit dans le Royaume du Fils bien-aimé de Dieu. L’Adversaire voit, entend, hurle de rage. Mais il ne peut rien faire de plus. Il est éternellement vaincu.
Ô, mon âme, chante avec ferveur ce merveilleux cantique : « Jésus ! Béni soit ton Nom ! Jésus ! Ô merveilleux Don ! Jésus ! Suprême rançon ! Sois adoré pour toujours ! »
La Toussaint ?
"Saluez Philologue et Julie, Nérée et sa sœur, et Olympe, et tous les saints qui sont avec eux" (Romains 16. 15). "A l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre" (1 Corinthiens 1. 2).
Ces textes nous parlent des saints comme étant des personnes bien vivantes ! Quand on évoque les saints, de qui parlons-nous ?
Le Nouveau Testament, qui est la base de la foi chrétiennes, parle des saints comme étant des personnes vivantes, sanctifiées par la foi en Jésus-Christ, vivant dans un monde souillé, mais se gardant des souillures de ce monde par cette même foi en Jésus ! Ces personnes, hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux, ont vécu ce que Jésus appelle la Nouvelle Naissance. Elles ont connu une régénération, une transformation miraculeuse ! Elles n'ont jamais été canonisées par un système religieux, elles n'ont pas fait l'objet d'une longue enquête, de procédures religieuses , etc... Elles sont simplement passées par la repentance et ont été purifiées de leurs péchés par la foi en Jésus-Christ crucifié et ressuscité pour elles ! D'ailleurs, cette expérience est toujours possible aujourd'hui !
Cette semaine, beaucoup de personnes, de par le monde, se rendent au cimetière où la plupart des tombes sont ornées de fleurs pour la Toussaint. Pour les uns, cette journée est une occasion de se rencontrer. Pour d’autres, se rendre au cimetière est une habitude, une sorte de rite. Mais pour beaucoup, revoir la tombe des leurs, que ce soit un mari, une épouse, un enfant, un père ou une mère, c’est le souvenir triste d’un deuil douloureux : la séparation d’un être cher.
C’est à eux que je désire m’adresser cette semaine, pour leur dire toute ma sympathie, tout en sachant qu’aucune sympathie humaine ne peut apporter la réponse à leur « pourquoi ? » Oui, que de « pourquoi », n’est-ce pas ? Pourquoi Dieu l’a-t-il permis ? S’il m’aime, pourquoi suis-je passé par de telles afflictions ? Pourquoi de telles épreuves ? Pourquoi ? Et bien souvent, nous n’avons pas de réponse… le mystère demeure, comme tant d’autres.
La vie est pleine de mystères, de vains élans vers la lumière, d’espoirs tombés dans la poussière. Là-bas repose un être aimé, et Dieu seul connaît pourquoi !
Oui, Dieu seul connaît pourquoi. Il a un but : celui de vous bénir, cher lecteur.
Comment donc ? Dieu veut nous bénir en nous reprenant celui ou celle que nous aimions tant ? - Oui, Dieu veut notre bien. Il veut nous faire sentir la fragilité de tout bonheur sur la terre, et Il doit employer quelquefois un moyen douloureux. Il nous montre que tout ici-bas a une fin. Il veut nous rappeler que même notre vie peut, d’un instant à l’autre, arriver à son terme.
Dieu veut nous faire tourner nos pensées vers Celui qui donne le vrai bonheur, le bonheur éternel. Jésus a dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Matthieu 11. 28).
Venez à Jésus ! Il s’est chargé de fardeaux combien plus lourds et combien plus douloureux que le vôtre : « Il a porté nos langueurs, et s’est chargé de nos douleurs… il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités » (Esaïe 53. 4).
Vous qui pleurez sur la tombe d’un être cher, voyez Jésus pleurant au tombeau de Lazare, ému par la profonde tristesse des deux sœurs (Jean 11. 35). Jésus pleura en constatant les ravages de la mort, conséquence du péché « Car le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 6. 23a).
Vous qui pleurez sur la tombe d’un être cher, regardez le tombeau de Jésus. Il est vide car Celui qui est mort pour nos péchés est ressuscité : Il est vivant pour toujours et aujourd’hui encore, comme lorsqu’il était sur la terre au tombeau de Lazare, Il sympathise à votre douleur et Il veut vous bénir en vous offrant gratuitement la vie éternelle, car « celui qui croit au Fils de Dieu a la vie éternelle » (Jean 3. 36).
« Le salaire du péché, c’est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ, notre Seigneur » (Romains 6. 23). Ne voulez-vous pas venir, par la foi, à Jésus qui pardonne et vous apporte le vrai bonheur en vous donnant la vie éternelle ?
Jésus-Christ, Dieu et Homme en même temps
Comment Jésus-Christ peut-il exister comme Dieu et Homme en même temps ? Chacune des deux natures de Jésus-Christ communique ce qui lui est propre, sans qu’il n’y ait de confusion ou de division entre elles puisqu’elles sont unies en un seul Christ Dieu-Homme (voir Jean 3. 13 ; Actes 20. 28).
Le Seigneur Jésus-Christ est la seule Personne qui puisse exercer parfaitement la médiation entre Dieu et les êtres humains, non seulement parce qu’il n’y a aucun autre Médiateur que Lui, mais parce qu’il ne pourrait jamais y en avoir aucun autre (voir Actes 4. 12 ; 1 Timothée 2. 5). C’est en vertu de ses deux natures (Dieu - Homme) que Jésus est le parfait Médiateur. Si Jésus-Christ n'était pas Dieu fait Homme, il n’y aurait pas de médiation possible entre Dieu et les êtres humains. C'est par ses deux natures que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est l’unique Médiateur.
Le Seigneur Jésus, en sa nature humaine ainsi unie à sa nature divine en la Personne du Fils de Dieu, a été sanctifié et oint du Saint-Esprit au-delà de toute mesure. Jésus possède en Lui-même tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. Il a plu à Dieu le Père de faire habiter en Lui toute plénitude, afin qu’étant Saint, Innocent, sans péché et plein de grâce et de vérité, Il puisse être parfaitement équipé pour accomplir l’office de Médiateur et en être le garant. Cet office, Jésus ne se l’est pas attribué sans droit, mais c’est Dieu son Père qui l’y a appelé et qui a aussi mis entre Ses mains tout pouvoir et tout jugement, et Lui a donné l’ordre de le mener à bien.
Il est donc crucial de toujours distinguer les deux natures du Christ sans jamais les séparer. Il s’agit de la seule façon d’expliquer plusieurs passages bibliques. Par exemple, comment Jésus a-t-il pu souffrir et être tenté (Hébreux 2. 18), ou avoir faim et soif (Matthieu 21. 18 ; Jean 19. 28), ou encore ignorer et apprendre quelque chose (Matthieu 24. 36) ? Nous savons que Dieu ne peut ni souffrir ni être tenté (Job 35. 6-8), Il n’a aucun besoin (Actes 17. 25), et Il sait tout (Hébreux 4. 13). Alors Jésus-Christ faisait-Il semblant d’être tenté ou d’ignorer quelque chose ? Ou Dieu a-t-il réellement souffert et appris quelque chose qu’il ignorait avant ?
Certains ont utilisé ces exemples pour prouver que Jésus-Christ n’est pas pleinement Dieu, ou qu’Il est d’une divinité inférieure au Père. D’autres ont expliqué ces difficultés en disant que pendant l’incarnation, le Fils ne jouissait pas pleinement de ses attributs divins, ou qu’ils furent en quelque sorte modifiés ou réduits par sa nature humaine. Cette deuxième erreur est beaucoup plus commune parmi les chrétiens, mais elle ne correspond pas à l’orthodoxie chrétienne historique. En effet, affirmer que Jésus, le Fils de Dieu, a eu pour un temps une divinité sans tous Ses attributs, c’est faire de la divinité quelque chose dont on peut enlever des parties, alors qu’il n’y a rien en Dieu qui ne soit pas Dieu. Il est donc impossible que Dieu cesse momentanément d’être Omniscient ou Omniprésent, puisqu’Il ne possède pas Ses attributs comme des additions à sa Personne, mais Dieu est Lui-même ses attributs. Tout ce que Dieu est, est l’essence de Dieu (Exode 3. 14), rien ne peut Lui être enlevé qui ne soit Lui-même et Dieu ne peut cesser d’être Lui-même (1 Timothée 1. 17).
Alors, comment peut-on affirmer que Jésus le Fils, sans jamais rien perdre de sa divinité, a néanmoins appris, a souffert et est mort sur une croix ? La réponse à cette question est la « communication des idiomes » des deux natures du Christ. C'est un profond mystère : Dans Son œuvre de Médiation, Jésus-Christ a agi selon ses deux natures (Dieu et Homme), faisant par chacune d’elles ce qui lui est propre. Cependant, en raison de l’unité de la Personne du Christ, ce qui revient en propre à une nature, est parfois attribué par les Saintes Écritures à la personne dénommée par l’autre nature.
Nous ne pouvons absolument pas saisir à quoi ressemble la réalité d’une personne qui possède simultanément deux natures sans confusion. Tout ce qui est vrai de la nature humaine doit être affirmée et maintenu à propos de Jésus-Christ, en même temps que tout ce qui est vrai de la nature divine. Ceci implique que dans la même Personne du Christ, il y a deux connaissances : l'omniscience et la connaissance apprise. La connaissance humaine de Jésus ne savait pas tout ce que sa connaissance divine savait. D’un côté, Jésus le Fils ignorait (voir Matthieu 24. 36), tout en sachant déjà tout (voir Jean 21. 17). Il n’y a pas de contradiction, mais une union divine entre la nature humaine et divine de Jésus. Jésus, le Fils de Dieu, était présent dans un corps soumis à la finitude et aux lois naturelles (voir Galates 4. 4), tout en étant omniprésent avec une conscience infinie, et soumettant la nature à son pouvoir (voir Matthieu 8. 25-27 ; Jean 1. 48-50). De plus, la nature divine de Jésus, avec l’onction du Saint-Esprit sur sa nature humaine, soutenait, instruisait et agissait dans sa nature humaine (voir Luc 4. 1, Luc 10. 21 ; Jean 15. 15).
En Jésus-Christ, il y a donc deux natures qui ont chacune leurs propres connaissance, conscience, capacité et volonté ; mais il n’y a qu’une seule Personne. En Jésus, il n’y a pas un mélange entre la nature humaine et divine pour former une troisième nature divine et humaine. Il n’y a pas non plus une séparation entre la nature humaine de sorte qu’en Jésus, il y aurait une personne humaine et une personne divine. En Jésus-Christ qui est Dieu, il y a deux natures distinctes (divine et humaine), et elles sont unies en une seule Personne (Jésus le Fils de Dieu). Chacune de ces natures communique son « langage » (ce qui lui est propre) à l’unique Personne qu’est Jésus-Christ. « Jésus-Christ a agi selon ses deux natures, faisant par chacune d’elles, ce qui lui est propre ».
Voici une précision concernant la façon d’envisager la « communication des idiomes » des deux natures du Christ. Nous avons vu que « cependant, en raison de l’unité de la personne, ce qui revient en propre à une nature, est parfois attribué par l’Écriture à la personne dénommée par l’autre nature ». Par exemple, dans Actes 20. 28, les Saintes Écritures attribuent du sang à Dieu. Le sang en question appartenait en propre à la nature humaine de Jésus-Christ, puisque la nature divine est incorporelle. Mais comme la Personne du Christ est Dieu, nous pouvons parler du « sang de Dieu ». Inversement, dans Jean 3. 13, les Saintes Écritures parlent de la nature humaine du Christ comme si elle était descendue du Ciel, mais puisque la Personne divine qui est descendue du Ciel s'est fait Homme, nous pouvons parler de Celui qui est venu comme étant le « Fils de l’homme qui est dans le Ciel ».
Ces distinctions sont de la plus haute importance, surtout lorsqu’on considère l’événement central de la Médiation du Christ : la croix. Sachons que c'est la nature humaine de Jésus-Christ qui mourut sur la croix, car il est impossible que la nature divine de Jésus ait souffert et soit morte. Et les Saintes Écritures déclarent que c’est spécifiquement la nature humaine du Christ qui fut morte sur la croix, sous la Colère de Dieu : « ayant été mis à mort quant à la chair » (1 Pierre 3. 18 et 4. 1). Ce sont nous êtres humains qui avons péché, qui devaient être puni et non Jésus-Christ, mais c’est Dieu qui a pris notre châtiment en se faisant Homme en son Fils Jésus-Christ (voir Hébreux 2. 10-18).
Le Christ a souffert et est mort à la croix sans que Dieu ne soit maudit, sans qu’il ne devienne passible et mortel et sans que l'union inséparable de la Trinité ne soit brisée. C’est Jésus-Christ Homme qui a souffert et qui est mort sur la croix pour nous (voir 1 Timothée 2. 5-6), car « Dieu a condamné le péché dans la chair » (Romains 8. 3). Le péché est entré dans le monde par un homme et c’est aussi par un Homme qu’il fut expié (voir Romains 5. 12 ; 1 Corinthiens 15. 21). Il est vrai que Dieu est allé à la croix pour réconcilier le monde avec Lui-même, mais cela fut dans la Personne du Christ (voir 2 Corinthiens 5. 19). Ce ne fut pas la nature divine qui fut maudite sur la croix et il est erroné d’imaginer que Dieu ait pu mourir (1 Timothée 1. 17).
Le péché contre le Saint-Esprit
Qu'est-ce que le péché contre le Saint-Esprit ?
Recherchons tout d’abord les passages où cette expression est employée :
« … Tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu'ils auront proférés ; mais quiconque blasphémera contre le Saint-Esprit n'obtiendra jamais de pardon: il est coupable d'un péché éternel. Jésus parla ainsi parce qu'ils disaient : il est possédé d’un esprit impur » (Marc 3. 28-30). Voir aussi Matthieu 12. 31-32 et Luc 12. 10.
Il est aisé de voir que le péché commis alors par les Juifs ne consistait pas seulement dans la parole rapportée par Marc 3. 30. Cette parole était l'expression d’une attitude intérieure, car la bouche parle ce dont le cœur est plein.
Quelle était cette attitude ? Jésus-Christ, depuis le début de sa carrière, avait prêché la repentance et la foi en la Bonne Nouvelle, tandis qu’Il multipliait les miracles accomplis par la puissance du Saint-Esprit (Matthieu 12. 28), pour convaincre le peuple de la vérité de son message. Mais les Juifs ne voulaient pas croire, repoussant obstinément ce témoignage de l'Esprit et trouvant des arguments pour nier l'évidence.
Ce qu'ils refusaient, c'était de reconnaître leur péché et d'accepter Jésus-Christ comme leur Sauveur. C'est alors que Jésus leur parle du péché qui ne peut être pardonné.
Dans le cas que nous venons de citer, le péché contre le Saint-Esprit avait pris la forme d'un blasphème. Mais d'autres passages indiquent que l’être humain peut commettre dans son cœur le même péché irrémissible, sans que nécessairement ce dernier se manifeste par une parole blasphématoire.
Voyez par exemple les deux textes suivants :
1) "Malgré tant de miracles que Jésus avait fait en leur présence, les Juifs ne croyaient pas en Lui. Aussi Dieu les abandonne-t-il à leur incrédulité et à ses conséquences" (voir Jean 12. 37-40).
2) "Si quelqu'un pèche volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité ; s'il foule aux pieds le Fils de Dieu et méprise son sacrifice expiatoire, il a aussi outragé l'Esprit de la grâce qui voulait le sauver. Il ne reste donc plus pour lui que l'attente terrible du jugement" (voir Hébreux 10. 26-31).
Nous pouvons en conclure que, pécher contre le Saint-Esprit, c'est non seulement de blasphémer contre Lui, mais aussi de refuser volontairement et jusqu’au bout l’œuvre de salut qu'il veut faire dans notre cœur. (Par « jusqu'au bout », nous voulons dire : jusqu’à ce qu'il soit trop tard, soit que la mort survienne, soit que Dieu, lassé dans sa patience, se retire).
Rappelons ici à propos de Jean 16. 8-9 sur « La conviction produite par le Saint-Esprit » : le péché, grave entre tous, dont l'Esprit convaincra le monde, c'est de ne pas croire en Jésus. Ce péché ne pourra jamais être pardonné, puisqu'il consiste dans le refus du pardon et le rejet du Sauveur. Nous pouvons donc donner cette autre définition : pécher contre le Saint-Esprit, c'est s’obstiner à ne pas croire en Jésus, que le Saint-Esprit présente à l'âme humaine.
Si tout dépend de notre attitude à l'égard de Christ, pourquoi Jésus dit-Il que toute parole contre le Fils de l’homme sera pardonnée, tandis que le blasphème contre le Saint-Esprit ne le sera jamais. En voici la raison : le péché contre Dieu sous la loi était grave. Celui contre Jésus-Christ venu en chair était déjà plus grave (voir Jean 15. 22). Et cependant, le Fils, dans son humiliation, se présentait aux êtres humains extérieurement : Le repousser pouvait encore être pardonnable. Tandis que résister au Saint-Esprit qui Le glorifie et produit une conviction intérieure parfaitement nette, c'est pécher en toute connaissance de cause, c'est mettre Dieu à la porte sciemment et volontairement.
L'œuvre par laquelle le Saint-Esprit cherche à mettre en nous la présence de Jésus-Christ le Sauveur est l'aboutissement du plan de Dieu à notre égard. Si quelqu'un la refuse et persévère dans son endurcissement, Dieu ne peut rien faire de plus en sa faveur : il ne peut le sauver contre sa volonté.
Naître de nouveau pour entrer dans le Royaume de Dieu
« Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu » (Jean 3. 3) « La chair et le sang ne peuvent hériter le Royaume de Dieu, et la corruption n'hérite pas l'incorruptibilité. » (1 Corinthiens 15. 50)
L'être humain est né chair, c'est-à-dire dans le péché, avec des désirs contraires à la volonté du Seigneur. Dès le plus jeune âge, ces mauvais désirs du cœur se manifestent naturellement, sans avoir besoin d'apprentissage : vol, méchanceté, envie, orgueil, etc... Comment un tel être humain pourrait prétendre s'adresser au Dieu Créateur trois fois Saint ? Comment peut-il penser être reçu dans la sainte et glorieuse présence de Dieu ?
Conscient de cela, l'être humain essaie de compenser ce mal inné en lui par quelques bonnes œuvres. Mais combien de bonnes actions faut-il pour compenser complètement toutes nos transgressions ? Jamais aucun être humain ne pourra jamais se sauver par soi-même. La seule solution est de repartir à zéro avec un nouvel esprit, un nouveau cœur qui a désormais des désirs agréables au Seigneur. Il faut une nouvelle naissance, afin d'être capable de marcher selon l'Esprit. C'est pourquoi Jésus dit : « si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » (Jean 3. 3)
L'être humain qui désire entrer dans le Royaume de Dieu doit accepter Jésus-Christ comme seul Seigneur et Sauveur de sa vie. Il doit prendre la ferme décision de se repentir de ses péchés et de les abandonner. Il doit croire au parfait sacrifice de Jésus sur la croix et accepter Jésus-Christ comme son seul Maître. Le Saint-Esprit vient faire sa demeure en cette personne et lui fait naître de nouveau. Le Saint-Esprit le scelle. Ce sceau du Saint-Esprit est, pour tous ceux qui sont nés de nouveau, un gage assuré de leur entrée au Paradis, de leur héritage et de leur appartenance pour toujours à Dieu.
La conviction produite par le Saint-Esprit
Nous abordons ici l’œuvre du Saint-Esprit de Dieu en l’être humain pécheur, après la Pentecôte. Que doit-Il accomplir avant tout autre chose dans un cœur encore inconverti ?
1) Le Saint-Esprit convainc de péché :
« Quand Il sera venu, Il convaincra le monde en ce qui concerne le péché parce qu'ils ne croient pas en moi » (Jean 16. 8-9).
Il est évident que l’être humain doit reconnaître son état de péché et de perdition avant de pouvoir accepter Jésus-Christ, le Sauveur, qui l'en délivre. "C'est celui qui se sait malade qui va chez le médecin" (Marc 2. 17).
Le Saint- Esprit convainc de péché le monde, c’est-à-dire tous les êtres humains. Il n'en est aucun auquel Il ne fasse sentir sa culpabilité, soit par la Parole de Dieu, soit simplement par la conscience (voir Romains 2. 14-15).
Remarquez que le mot « péché », dans Jean 16. 8-9, est au singulier et non au pluriel. Le Saint-Esprit révèle à l’être humain qu'il est perdu, non parce qu’il a commis certaines fautes ou même certains crimes. En effet, Dieu, dans sa Parole, promet à qui veut croire, le pardon de tous les péchés : « Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige » (Esaïe 1. 18).
L'être humain est condamné devant Dieu, non parce qu'il est pécheur, mais parce qu'étant pécheur, il n’a pas voulu croire au Sauveur Jésus et accepter son pardon. « Celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jean 3. 18).
L'incrédulité en face de Jésus-Christ est donc le péché le plus grave qu’un être humain puisse commettre. Ce péché ne peut être pardonné, puisqu'il consiste précisément dans le refus volontaire et obstiné du pardon que Dieu offre en Jésus. Dieu n'obligera jamais à croire les êtres humains qui refusent de croire en Jésus, car Il les a créés libres.
Le Saint- Esprit convainc ensuite de justice, parce que, dit Jésus : « Je vais au Père et que vous ne me verrez plus » (voir Jean 16. 8-10).
Le Saint-Esprit ne montre pas seulement à l’être humain sa perdition. Il lui révèle en même temps Jésus-Christ, dont la Justice et la Divinité sont démontrées par sa Résurrection et son Ascension au Ciel auprès de Dieu son Père.
Dieu produit ainsi dans son cœur sincère et repentant la conviction que Jésus est bien le seul Sauveur qui est Saint et Juste, Il déclare justes tous ceux dont la foi repose entièrement sur Lui (voir Romains 5. 19).
Ici encore, selon Jean 16. 8, c'est le monde, donc tous les êtres humains, que l'Esprit convainc de justice. Tous ceux qui sont en contact avec l’Évangile doivent reconnaître que Jésus-Christ est la vérité et qu'Il est bien le Sauveur du monde. C’est ce qui fait leur responsabilité devant Dieu, s'ils refusent malgré cela le salut.
Le Saint-Esprit convainc enfin de jugement, « parce que le prince de ce monde est jugé » (Jean 16. 8, 11). Si un homme résiste à la double conviction que le Saint-Esprit veut mettre en lui, il sera convaincu de jugement. Comment savons-nous que les incrédules seront jugés ? Parce que leur père, le diable, l'est déjà en principe. "Par la croix, Jésus-Christ l’a anéanti" (voir Hébreux 2. 14).
Le Saint-Esprit finit par convaincre ceux qui lui résistent que le même châtiment les atteindra en Enfer, lorsqu'ils seront jetés dans le feu éternel, préparé pour le diable et pour ses anges (Matthieu 25. 41).
La conviction concernant le jugement sera telle que « toute bouche sera fermée » sans récrimination possible (voir Romains 3. 19), et que les incrédules mêmes fléchiront les genoux avec tremblement devant Jésus, Celui qu'ils auront rejeté, avant d'être jetés dans l'Enfer éternel. Hélas, pour eux, ce sera trop tard.
Le discours de l'apôtre Pierre, le jour de la Pentecôte, illustre la manière dont le Saint-Esprit cherche à convaincre les êtres humains :
1) De péché : En montrant aux Juifs qu'ils ont rejeté et crucifié Jésus (voir Actes 2. 23).
2) De justice : En leur prouvant que Jésus est bien le Messie, le Fils de Dieu, annoncé par les Saintes Écritures, et qu'Il est ressuscité et glorifié (voir Actes 2. 22, 24, 36).
3) De jugement : en leur parlant du jour du Seigneur, du grand jour du Jugement qui approche avec ses signes prodigieux, et en les exhortant à se sauver de cette génération perverse avant qu’il soit trop tard (Voir Actes 2. 19-20, 40).
Les sept paroles de Jésus sur la croix (2)
4. “Eli, Eli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” (Matthieu 27. 46).
Nous ne pouvons aborder cette quatrième parole de Jésus crucifié qu’avec un profond respect. C’est une parole d’importance capitale, d’une immense densité, et qui reste insondable pour nous. Depuis midi, il fait nuit sur Jérusalem. Des ténèbres surnaturelles ont recouvert le pays. Plus de moqueries, plus d’injures, les hommes sont mis de côté. Dieu soustrait son Fils aux regards humains. Ce qui se passe à ce moment-là sur la croix ne peut être vu, ni compris par une créature.
Pendant ces trois heures d’obscurité, personne ne pu jamais entrer dans la détresse de Jésus. Notre Sauveur Jésus demeura dans une solitude totale, abandonné de Dieu son Père, parce qu’Il expiait les péchés du monde. Lui Jésus, le Fils bien-aimé du Père, était à ce moment-là, privé de la présence de Dieu son Père. Pourquoi ? Parce que par Amour, Jésus s’était identifié à nous pécheurs. Il a pris sur Lui tous nos péchés et la malédiction que nous méritions à cause de nos péchés. Souvenons-nous toujours de la souffrance de Jésus sur la croix. Sans les heures d’expiation, personne n’aurait pu être sauvé. Le châtiment de nos fautes serait toujours devant nos yeux.
Mais dans ces heures d’abandon, la Sainteté de Dieu brilla d’un éclat insoutenable : Dieu condamna son propre Fils Jésus. Mais Dieu le fit par Amour, pour nous sauver, nous qui ne l’aimions pas et qui étions ses ennemis. Amour infini de Dieu le Père, de Jésus-Christ son Fils unique et du Saint-Esprit ! Éternel sujet d’adoration pour nous, véritables croyants en Jésus !
5. “J’ai soif” (Jean 19. 28).
Par sa cinquième parole sur la croix, après les trois heures d’abandon, Jésus demande à boire. Ses blessures, son combat moral, font qu’Il souffre d’une soif ardente. Mais, avant tout, ce n’est pas pour cela qu’Il dit : ” J’ai soif “. Sur la croix, comme durant toute sa vie, Jésus a toujours fait la volonté de Dieu. Mais malgré sa souffrance intense, Il s’écrie : “J’ai soif ” parce que l’Écriture sainte annonçait par avance : “Dans ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre” (Psaume 69. 21).
Mais, il nous est permis de penser que cette parole de Jésus revêt aussi une autre portée spirituelle. Jésus éprouve la soif infinie qu'il y a d'être séparé de Dieu qui est la source de la vie.
Ensuite, son œuvre accomplie, Jésus regarda en avant. La soif que Jésus éprouve évoque le désir intense de la joie de la présence de Dieu (Psaume 63. 1). Sa soif est un signe de l’imminence du Royaume où Il goûtera bientôt la pleine communion de son Père et des siens. Jésus a dit : “J’ai soif” afin de devenir pour tous ceux qui se confient en Lui, la source d’eau vive. Il prépare l’eau vive du salut qui va être donnée au monde (Jean 4. 14).
6. “Tout est accompli” (Jean 19. 30).
Les trois heures de ténèbres sont terminées. Dans un dernier geste d’obéissance, Jésus vient de boire le vinaigre ; Il s’écrie alors : ”Tout est accompli“. Sa mission sur la terre s’achevait. À sa Venue, Jésus avait pu dire : “Je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté” (Hébreux 10. 7). Maintenant, Il a achevé là tout ce que le Père Lui avait donné à faire.
Jésus a parfaitement glorifié Dieu. Chaque croyant peut dire alors : “Le Fils de Dieu s’est livré lui-même pour moi” (Galates 2. 20). Tout découle de la croix : le salut de chaque croyant, la formation de l’Église, l’accès au Père, l’établissement des nouveaux cieux et d’une nouvelle terre dans lesquels la Justice habite (2 Pierre 3. 13). Tout repose sur la mort de Jésus-Christ.
Cette sixième parole est comme la signature que le Christ appose sur le texte relatant ce qu’Il a accompli. Un seul mot dans l’original : “Tetelestaï”. On a retrouvé des papyrus où apparaissaient des factures avec le mot “Tetelestaï”, inscrit en travers pour indiquer que la facture était entièrement payée.
L’œuvre de Jésus à la croix est parfaite et achevée. ”Il n’y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher“ (Ecclésiaste 3. 14). Notre confiance quant à notre Salut éternel ne peut se reposer ni sur nos actions, ni sur nos mérites, ni sur quoi que ce soit qui vienne de nous-mêmes, mais simplement sur le sacrifice de Jésus-Christ, parfait, complet, accepté par Dieu. Alors que toutes les religions des êtres humains disent : “Faites”, Jésus proclame à la face du monde entier que : “Tout est accompli” !
7. “Père, je remets mon esprit entre tes mains” (Luc 23. 46).
Cette dernière parole de Jésus sur la croix évoque toute l’intimité de l’Amour et de la communion entre Jésus-Christ et Dieu son Père. Comme avant les trois heures de ténèbres, Jésus dit à nouveau : “Père”. L’expiation est accomplie, la question de nos péchés est réglée.
En parfaite paix, en pleine conscience, Jésus va alors donner sa vie. Ayant baissé la tête, Il remet son esprit au Père. C’est l’acte final de son sacrifice volontaire. Il a détaché Lui-même son esprit de son corps et l’a remis à Dieu son Père.
Plusieurs fois, le Nouveau Testament nous rapporte que Jésus s’est livré lui-même (Galates 2. 20 ; Éphésiens 5. 2, 25 ; Tite 2. 14). Toutes ces expressions font briller la Grandeur et l’Amour de Jésus, Celui qui donnait sa vie sur la croix. Personne n’avait le pouvoir de la Lui prendre (Jean 10. 18), mais Jésus l’a offerte afin que nous puissions recevoir une vie nouvelle, spirituelle, en nous confiant en Lui.
Jésus va au-devant de la mort, paisiblement, en vainqueur, sachant que Dieu ressuscitera son corps (Actes 2. 27). Jésus a détruit, par sa mort, la puissance du diable qui nous effrayait (Hébreux 2. 14). La septième parole annonce le repos de la Nouvelle Création. Le péché et le mal sont vaincus à la croix, et la création est libérée et restaurée. Tout comme le septième jour a été le jour du repos et de la satisfaction, la septième parole introduit le Seigneur dans le lieu du repos : les mains du Père. À la suite de Jésus, nous pouvons, devant la mort, nous confier paisiblement en notre Dieu et Père Céleste. AMEN !
Les sept paroles de Jésus sur la croix (1)
Les Évangiles nous rapportent sept paroles que Jésus a prononcées lorsqu’Il était cloué sur la croix. Sept paroles, sept courtes phrases qu’il nous faut méditer pour connaître qui était Jésus et quel est le sens de sa mort sur la croix.
Les sept paroles prononcées par Jésus sur la croix forment une progression et peuvent s’interpréter comme révélant la volonté et le dessein de Dieu pour la rédemption du genre humain.
1. “Père, pardonne-leur, car il ne savent ce qu’ils font” (Luc 23. 34) :
Sa première parole est une prière : “Père, pardonne-leur, car il ne savent ce qu’ils font”. Celui qui prononce cette prière vient d’être crucifié. Alors même que les clous transpercent ses mains et ses pieds, Jésus intervient en faveur des autres. Et qui est Celui qui prie ainsi ? C’est Jésus-Christ le Fils de Dieu qui va mourir pour nous. Par cette prière, Jésus agit selon son message concernant l’amour des ennemis. Nous réalisons alors que le christianisme est beaucoup plus qu’une morale : c’est une vie qui aime et qui se donne.
Mais il y a plus. Jésus seul peut prononcer cette prière sublime, parce que le pardon en question concerne le péché le plus horrible, celui d’avoir crucifié le Fils de Dieu. Par sa prière, Jésus a obtenu que le Jugement pour ce péché-là soit suspendu. Cinquante jours plus tard, l’apôtre Pierre a pu proclamer avec puissance la Bonne Nouvelle du Salut par Jésus-Christ. Plusieurs milliers de personnes ont accepté cette Bonne Nouvelle et ont été pardonnées.
La mise en croix de Jésus a montré toute la méchanceté humaine, mais elle a surtout démontré l’immensité de l’Amour divin : l’Amour du Père qui donne le Fils pour le Salut de tous ceux qui croient en Lui, l’Amour du Fils qui se donne volontairement pour des coupables.
2. “Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis” (Luc 23. 43) :
La deuxième parole de Jésus sur la croix est une promesse de Salut faite par le Juge suprême à un accusé. Non pas un pardon temporaire, mais la paix éternelle ; non la vie continuée sur la terre, mais le Royaume de Dieu et la résurrection pour une vie nouvelle dans le Ciel.
Au début, les deux brigands crucifiés avec Jésus l'insultent. Mais par la suite, l’un d’entre eux change d’attitude. Il reconnaît sa culpabilité et témoigne de l’innocence de Jésus : ” Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation ? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal”. A ce moment crucial, il est le seul à discerner la perfection de Jésus et il Lui dit : “Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne”. La réponse est immédiate, la promesse certaine : Jésus lui dit : “Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis” Voir Luc 23. 40-43.
Pas de jugement à attendre. Le brigand condamné par les hommes est absous et pardonné par Dieu. Il l’est parce que Jésus allait expier ses fautes devant Dieu. Il reçoit l’assurance d’un salut personnel dans la présence du Sauveur Jésus Lui-même. Merveilleux avenir que partageront tous ceux qui auront mis leur confiance en ce si merveilleux Sauveur Jésus-Christ !
Jésus est le Sauveur des vies gâchées. Ne désespérons pas à cause du mal que nous avons commis. Jésus est puissant pour sauver aujourd’hui encore. Il a connu l’humiliation la plus grande, l’abaissement le plus profond, la mort honteuse de la croix, afin de nous faire connaître l’Amour de son Père. Pour l’éternité !
3. “Femme voilà ton fils… voilà ta mère” (Jean 19. 26, 27) :
Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui" (Jean 19. 26-27).
Dans sa première parole sur la croix, Jésus demande le pardon pour ceux qui l’ont crucifié. Dans la deuxième, Jésus transforme, par sa grâce, un meurtrier en l’un de ses compagnons dans le Ciel. Dans la troisième, Jésus confie tendrement sa mère à son disciple Jean.
Comment ne pas être touché par l’affection et les soins que Jésus, malgré ses souffrances croissantes sur la croix, a montrés à sa mère ? Quelle délicatesse au milieu de la haine environnante ! Mais aussi, quelle dignité, car Jésus reste le Seigneur de sa mère comme de son disciple. Ce n’est pas un mourant qui dépend de la bonté des siens, mais un fils aimant qui prend en compte les besoins futurs de sa mère.
Jésus a prononcé cette parole avant d’entrer dans les trois heures de ténèbres de l’abandon de Dieu. Même les liens les plus légitimes sur la terre, ceux d’un fils envers sa mère, devaient être rompus. Il fallait que Jésus-Christ entre seul dans le lieu où Dieu allait juger le péché du monde.
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Comment Adam a-t-il pu pécher si sa volonté était parfaite ?
Adam avait la capacité de ne pas pécher et la capacité de pécher. Par son obéissance à Dieu son Créateur, il devait obtenir l’incapacité de pécher ; mais par sa désobéissance, il devint incapable de ne pas pécher. Voir Ecclésiaste 7. 29.
Lors d’un de ses plaidoyers, Job pose une excellente question : « Comment d'un être souillé sortira-t-il un homme pur ? Il n’en peut sortir aucun » (Job 14. 4). Inversons maintenant cette question pour le bien de notre présente réflexion : "Comment d’un être pur sortira-t-il un homme souillé ? Il en est pourtant sorti un !" La constitution d’Adam, lors de sa création par Dieu, était-elle déficiente pour qu’il puisse être séduit par le péché ? La possibilité de pécher serait-elle demeurée pour toujours avec les hommes si le premier homme n’avait pas lui-même péché ?
Dans son état d’innocence, l’être humain avait la liberté et le pouvoir de vouloir et de faire ce qui est bon et agréable à Dieu. Mais puisque Dieu a créé l'être humain avec le choix de Lui obéir ou de Le désobéir, l'être humain était cependant muable et pouvait donc en déchoir.
Oui; l’être humain a été créé dans son état d’innocence, mais la chute de l'être humain s’en est suivi par sa désobéissance à Dieu. Avant de pouvoir répondre à la question : comment Adam a-t-il pu pécher ?, Et aux questions sous-jacentes, il nous faut premièrement définir ce qu’est la liberté. La conception populaire de la liberté est généralement réduite à un simple choix entre des options. Pour plusieurs, être libre, c’est pouvoir choisir de faire le bien ou de faire le mal. Cette définition est incomplète puisque la liberté ne se réduit pas uniquement à choisir ce que l’on veut. Deuxièmement, cette définition est erronée, puisque Dieu est libre et Il fait ce qu’Il veut (voir Psaumes 115. 3 ; Daniel 4. 35), pourtant, Dieu ne peut pas faire le mal, ni être tenté par le mal (Habacuc 1. 13 ; 2 Timothée 2. 13 ; Jacques 1. 13 ; 1 Jean 1. 5).
La liberté parfaite consiste à ne pouvoir faire volontairement que le bien ; être complètement affranchi du mal, du mensonge, du péché et de la mort. C’est cette liberté qui est promise par Jésus-Christ à ceux qui croient en Lui : "Et Jésus dit aux Juifs qui avaient cru en Lui : Si vous demeurez dans ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. Ils lui répondirent : Nous sommes la postérité d’Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis-tu : Vous deviendrez libres ? En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres" (Jean 8. 31-36).
La liberté que le Seigneur Jésus-Christ promet n’est pas la simple capacité de choisir entre le bien et le mal, mais c'est l’affranchissement du mal. La liberté promise est celle que possèdent Dieu, les anges élus, et que Jésus le Fils de Dieu seul peut donner : c'est une capacité à ne choisir que le bien et un cœur qui aime Dieu parfaitement et sans partage. Voilà ce que signifie être réellement libre !
Adam avait-il une telle liberté ? S’il l’avait eue, il n’aurait pas pu déchoir. Cependant, cela ne signifie pas que le premier homme fut créé avec une déficience ou une insuffisance relative à sa volonté ou morale. Adam possédait la capacité de ne pas désobéir à Dieu, et la capacité de désobéir à Dieu, mais il ne possédait pas encore l’incapacité de pécher. Autrement dit, Adam a été créé parfait par Dieu, mais avec le choix de Lui obéir ou de ne pas Lui obéir. Adam était donc sujet à pécher, il avait la possibilité de pécher, ou de ne pas pécher en obéissant à Dieu. Lors de sa création par Dieu, Adam n’était pas encore pécheur.
La chute était possible pour Adam en raison de sa capacité d'obéir à Dieu ou de Lui désobéir, pendant la période de mise à l'épreuve. L’être humain fut créé par Dieu avec un objectif eschatologique : atteindre la vie éternelle par son obéissance. Cette vie éternelle aurait consisté, entre autres choses, en un état d’incorruptibilité (voir 1 Corinthiens 15. 54 ; 1 Jean 3. 9). Alors qu’il était dans un état d’innocence, l’être humain devait accomplir l’alliance des œuvres et, grâce à son obéissance, sa capacité à pécher aurait fait place à l’incapacité de ne pas pécher.
La condition initiale d’Adam n’était pas prévue par Dieu pour demeurer de manière permanente. Adam, avant de goûter au fruit de la connaissance du bien et du mal, était dans un état d’innocence et d’enfance spirituelle. Il devait grandir par la voie de l’obéissance à Dieu, mais il a choisi de grandir par la voie de la désobéissance à Dieu. Adam aurait pu devenir irréprochable par l'obéissance à Dieu et toute sa postérité après lui n'aurait pas péché. Mais Adam s’est corrompu et toute sa postérité avec lui devinrent pécheurs, c’est-à-dire incapable de ne pas pécher. La capacité du premier homme, de choisir d'obéir ou de désobéir à Dieu, était une condition temporaire qui devait déterminer son futur, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.
Résumons donc l’explication de la chute de l'être humain à la lumière des données que nous possédons : Dieu a décrété la chute afin de manifester par elle sa gloire (Romains 9. 22-23). Cependant, ce décret n’a pas annulé la liberté d’Adam, ni la réalité des alternatives qui se présentaient à lui à l’issue de l’alliance des œuvres en Éden ; car Dieu fit de l’être humain le maître temporel de sa volonté (Ecclésiaste 7. 29). La parfaite harmonie entre ce décret et cette liberté échappe à la raison humaine (Romains 11. 33). Cependant, au niveau concret, Adam a pu pécher malgré sa perfection, car son état d’innocence était muable : il pouvait déchoir ou être définitivement confirmé dans la justice (Genèse 2. 8-17 ; Deutéronome 30. 19). Entraîné par sa femme Ève, elle-même séduite par le serpent, Adam choisit la mort (Romains 5. 12, 17-19). L’homme a non seulement perdu sa justice originelle, mais également sa capacité de ne pas pécher, il devint dès ce moment asservi à la puissance du péché, et depuis, il demeure incapable d’obéir à Dieu (Ecclésiaste 7. 20 ; Romans 8. 7).
Saisir la Grâce de Dieu
Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. (Hébreux 4. 16)
Nous trouvons l'Amour de Dieu en plénitude en nous approchant du Trône de la Grâce. Là, siège Jésus-Christ, le Roi des rois, plein de compassion pour ceux qui s'approchent de Lui. Durant sa vie sur la terre, Jésus a Lui-même expérimenté la souffrance dans son corps et dans son âme. Il peut ainsi nous comprendre parfaitement, et nous accorder sa Grâce d'être secourus dans tous nos besoins.
Que serait notre vie aujourd'hui sans la Grâce de Dieu ? Elle concerne toutes les choses que Dieu nous donne gratuitement, sans que nous l'ayons mérité. La Grâce de Dieu nous accorde le souffle de vie, et le salut (Romains 6. 23). Par la Grâce de Dieu, nous sommes déclarés justes aux yeux de Dieu et nous pouvons entrer avec assurance dans Sa présence (Romains 3. 24). La Grâce de Dieu nous permet d'être la personne que nous sommes aujourd'hui, et de faire ce que nous serions incapables de faire par nous-mêmes (1 Corinthiens 15. 10). Elle produit en nous le désir et le pouvoir d'obéir à Dieu en éclairant notre intelligence. Nous pouvons ainsi faire face à nos circonstances et trouver la force de surmonter nos difficultés. La Grâce de Dieu est pleinement présente pour nous préserver, lorsque nous sommes dans la fournaise de l'épreuve, et elle sait rafraichir notre âme desséchée.
Réalisons simplement que la Grâce de Dieu est à notre disposition pour nous accorder le secours dont nous avons besoin dans notre vie sur la terre. Recevons-la avec un cœur plein de foi. Elle pourra ainsi couler comme un flot puissant, capable de porter la barque de notre vie, même dans la tempête. Elle est suffisante pour aplanir chaque montagne et combler chaque fossé sur le chemin de notre destinée.
UNE PRIÈRE : Merci Seigneur Jésus pour ta Grâce qui nous est offerte. Nous voulons la saisir par la foi. Elle est puissante pour nous secourir dans nos besoins quels qu'ils soient, et nous permettre de vivre une vie chrétienne victorieuse. AMEN !
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