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L'Évangile est une puissance de Dieu pour le Salut de quiconque croit (Romains 1. 16)

Comment Adam a-t-il pu pécher si sa volonté était parfaite ?

21 Octobre 2024 Publié dans #Divers

Adam avait la capacité de ne pas pécher et la capacité de pécher. Par son obéissance à Dieu son Créateur, il devait obtenir l’incapacité de pécher ; mais par sa désobéissance, il devint incapable de ne pas pécher. Voir Ecclésiaste 7. 29.

Lors d’un de ses plaidoyers, Job pose une excellente question : « Comment d'un être souillé sortira-t-il un homme pur ? Il n’en peut sortir aucun » (Job 14. 4). Inversons maintenant cette question pour le bien de notre présente réflexion : "Comment d’un être pur sortira-t-il un homme souillé ? Il en est pourtant sorti un !" La constitution d’Adam, lors de sa création par Dieu, était-elle déficiente pour qu’il puisse être séduit par le péché ? La possibilité de pécher serait-elle demeurée pour toujours avec les hommes si le premier homme n’avait pas lui-même péché ?

Dans son état d’innocence, l’être humain avait la liberté et le pouvoir de vouloir et de faire ce qui est bon et agréable à Dieu. Mais puisque Dieu a créé l'être humain avec le choix de Lui obéir ou de Le désobéir, l'être humain était cependant muable et pouvait donc en déchoir.

Oui; l’être humain a été créé dans son état d’innocence, mais la chute de l'être humain s’en est suivi par sa désobéissance à Dieu. Avant de pouvoir répondre à la question : comment Adam a-t-il pu pécher ?, Et aux questions sous-jacentes, il nous faut premièrement définir ce qu’est la liberté. La conception populaire de la liberté est généralement réduite à un simple choix entre des options. Pour plusieurs, être libre, c’est pouvoir choisir de faire le bien ou de faire le mal. Cette définition est incomplète puisque la liberté ne se réduit pas uniquement à choisir ce que l’on veut. Deuxièmement, cette définition est erronée, puisque Dieu est libre et Il fait ce qu’Il veut (voir Psaumes 115. 3 ; Daniel 4. 35), pourtant, Dieu ne peut pas faire le mal, ni être tenté par le mal (Habacuc 1. 13 ; 2 Timothée 2. 13 ; Jacques 1. 13 ; 1 Jean 1. 5).

La liberté parfaite consiste à ne pouvoir faire volontairement que le bien ; être complètement affranchi du mal, du mensonge, du péché et de la mort. C’est cette liberté qui est promise par Jésus-Christ à ceux qui croient en Lui : "Et Jésus dit aux Juifs qui avaient cru en Lui : Si vous demeurez dans ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. Ils lui répondirent : Nous sommes la postérité d’Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis-tu : Vous deviendrez libres ? En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres" (Jean 8. 31-36).

La liberté que le Seigneur Jésus-Christ promet n’est pas la simple capacité de choisir entre le bien et le mal, mais c'est l’affranchissement du mal. La liberté promise est celle que possèdent Dieu, les anges élus, et que Jésus le Fils de Dieu seul peut donner : c'est une capacité à ne choisir que le bien et un cœur qui aime Dieu parfaitement et sans partage. Voilà ce que signifie être réellement libre !

Adam avait-il une telle liberté ? S’il l’avait eue, il n’aurait pas pu déchoir. Cependant, cela ne signifie pas que le premier homme fut créé avec une déficience ou une insuffisance relative à sa volonté ou morale. Adam possédait la capacité de ne pas désobéir à Dieu, et la capacité de désobéir à Dieu, mais il ne possédait pas encore l’incapacité de pécher. Autrement dit, Adam a été créé parfait par Dieu, mais avec le choix de Lui obéir ou de ne pas Lui obéir. Adam était donc sujet à pécher, il avait la possibilité de pécher, ou de ne pas pécher en obéissant à Dieu. Lors de sa création par Dieu, Adam n’était pas encore pécheur.

La chute était possible pour Adam en raison de sa capacité d'obéir à Dieu ou de Lui désobéir, pendant la période de mise à l'épreuve. L’être humain fut créé par Dieu avec un objectif eschatologique : atteindre la vie éternelle par son obéissance. Cette vie éternelle aurait consisté, entre autres choses, en un état d’incorruptibilité (voir 1 Corinthiens 15. 54 ; 1 Jean 3. 9). Alors qu’il était dans un état d’innocence, l’être humain devait accomplir l’alliance des œuvres et, grâce à son obéissance, sa capacité à pécher aurait fait place à l’incapacité de ne pas pécher.

La condition initiale d’Adam n’était pas prévue par Dieu pour demeurer de manière permanente. Adam, avant de goûter au fruit de la connaissance du bien et du mal, était dans un état d’innocence et d’enfance spirituelle. Il devait grandir par la voie de l’obéissance à Dieu, mais il a choisi de grandir par la voie de la désobéissance à Dieu. Adam aurait pu devenir irréprochable  par l'obéissance à Dieu et toute sa postérité après lui n'aurait pas péché. Mais Adam s’est corrompu et toute sa postérité avec lui devinrent pécheurs, c’est-à-dire incapable de ne pas pécher. La capacité du premier homme, de choisir d'obéir ou de désobéir à Dieu, était une condition temporaire qui devait déterminer son futur, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.

Résumons donc l’explication de la chute de l'être humain à la lumière des données que nous possédons : Dieu a décrété la chute afin de manifester par elle sa gloire (Romains 9. 22-23). Cependant, ce décret n’a pas annulé la liberté d’Adam, ni la réalité des alternatives qui se présentaient à lui à l’issue de l’alliance des œuvres en Éden ; car Dieu fit de l’être humain le maître temporel de sa volonté (Ecclésiaste 7. 29). La parfaite harmonie entre ce décret et cette liberté échappe à la raison humaine (Romains 11. 33). Cependant, au niveau concret, Adam a pu pécher malgré sa perfection, car son état d’innocence était muable : il pouvait déchoir ou être définitivement confirmé dans la justice (Genèse 2. 8-17 ; Deutéronome 30. 19). Entraîné par sa femme Ève, elle-même séduite par le serpent, Adam choisit la mort (Romains 5. 12, 17-19). L’homme a non seulement perdu sa justice originelle, mais également sa capacité de ne pas pécher, il devint dès ce moment asservi à la puissance du péché, et depuis, il demeure incapable d’obéir à Dieu (Ecclésiaste 7. 20 ; Romans 8. 7).

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