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Devenir un chrétien mature
Grandir spirituellement
Si un bébé qui naît sur cette terre est 100 % un être humain, il a néanmoins besoin de grandir et de se développer pour devenir adulte. C’est-à-dire atteindre la maturité, ce qui consiste à être capable de se prendre en charge et aussi de prendre soin d’autres que lui-même.
Dans le domaine naturel, il existe 3 grands stades de croissance : le bébé, l’enfant et l’adulte avec leurs caractéristiques spécifiques de développement, que ce soit sur le plan physique et intellectuel, tout comme sur le plan du caractère et de la personnalité. Pour le spirituel, c’est la même chose.
Nous naissons de nouveau à l’état de bébés spirituels et avons besoin de grandir et nous développer à la stature parfaite de Christ afin de pouvoir accomplir notre destinée. Car, si un enfant n’est pas capable d’entrer dans la vie professionnelle, c’est la même chose pour un chrétien qui n’a pas atteint un degré suffisant de maturité, d’où certains problèmes que nous voyons dans les églises et parmi les serviteurs de Dieu. Avoir un appel sur notre vie est une chose, y entrer et le réussir en est une autre.
Comment reconnaître le manque de maturité spirituelle ?
Ce n’est ni le nombre d’années dans le Seigneur ni le nombre de versets bibliques que l'on connait, ni même le fait que le Seigneur nous utilise, qui fait de chacun de nous un chrétien mature. L’exemple des chrétiens de Corinthe nous le démontre parfaitement.
« Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter ; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l’homme ? » (1 Corinthiens 3. 1-3).
Paul reprochait aux Corinthiens leur manque de maturité qui se manifestait par des jalousies, des disputes et tout un tas d’excès et de travers, décrits dans la première épître aux Corinthiens. Pourtant, ils abondaient dans les dons spirituels. Paul les appelle « enfants en Christ » qui dans le grec original est : « nēpiois » qui veut dire « nourrissons ».
Atteindre la maturité : une nécessité incontournable !
La maturité spirituelle est essentielle. Nous devons la désirer ardemment, car elle nous permettra de réussir avec aisance notre vie dans tous ses détails.
Un chrétien mature ne se laisse pas impressionner par les fausses doctrines. Il est capable de faire la part des choses et de reconnaître ce qui vient véritablement de Dieu. Il sait confronter ce qu’il voit et entend à la Parole de Dieu et ne retient que ce qui est bon. « Afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction » (Éphésiens 4. 14).
Le chrétien mature sait se protéger des excès qui pourraient le mettre en danger. Il se garde lui-même du péché, des mauvaises pensées et de toutes les œuvres de la chair, comme la jalousie, la rancune, l’esprit de compétition, etc. Car il sait que ces choses contribuent à la destruction.
Il comprend qu’il doit continuer de grandir et d’aider les autres dans ce sens. C’est pour cela qu’il évite soigneusement les situations chaotiques et qu’il remet toutes choses dans les mains du Seigneur. « Mais que, professant la vérité dans l’amour, nous croissions à tous égards en Celui qui est le chef, Christ » (Éphésiens 4. 15).
Le chrétien mature comprend l’importance de travailler à l’unité et à la croissance de l’Église, car il sait qu’il est membre du Corps de Christ. Il a la vision du Corps, de sa place et de son rôle, plutôt qu’un esprit indépendant qui recherche ses intérêts et sa gloire. « C’est de Lui, et grâce à tous les liens de Son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité » (Éphésiens 4. 16).
Comment grandir et atteindre la maturité ?
Quand Jésus a dit « l’homme ne vivra pas de pain seulement », Il nous montrait par-là que si notre corps a besoin de pain pour être fonctionnel, notre être spirituel a également besoin d’être nourri. « Rejetant donc toute malice et toute ruse, la dissimulation, l’envie, et toute médisance, désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut » (1 Pierre 2. 1-2).
Si la Parole de Dieu produit la foi dans nos cœurs, elle contribue aussi à notre croissance spirituelle. Pour que cette croissance se fasse correctement, il est indispensable que nous Lui donnions un terrain propice. S’il existe des retards de croissance dans le monde naturel, chez certains enfants, alors qu’ils sont nourris convenablement, dans le domaine spirituel, c’est la même chose.
Pour éviter ce genre de retards de croissance spirituelle, Pierre nous révèle ce qui fait obstacle à une bonne assimilation du « lait spirituel » et nous invite plus qu’à nous en abstenir. Il nous dit de « rejeter ». Rejette la malice, la ruse, la dissimulation, la fraude, l’envie et la médisance, choses que le monde pratique à grande échelle et qui causent sa ruine.
Quand Pierre parle de « croître pour le salut », il parle de croissance spirituelle, car nous avons été sauvés une fois pour toutes, nous ne pouvons être un peu plus sauvés chaque jour. Nous avons besoin de croître dans la compréhension de notre salut qui est révélé par la Parole de Dieu. Le mot « salut » comprend l’aspect de délivrance, protection, sécurité, guérison et santé spirituelle.
C’est dans cette révélation que nous avons besoin de grandir pour que nous puissions effectivement faire face à toutes les situations que nous allons croiser. Autrement dit: que la Parole de Dieu soit bien plus qu’une théorie faite de versets bibliques appris par cœur, mais qu’elle soit cette épée à double tranchant que nous allons manier avec habileté.
Oui, la croissance spirituelle qui aboutit à la maturité devrait faire partie de nos objectifs prioritaires, sachant que c’est la volonté de Dieu pour notre vie et qu’Il a mis à notre disposition tous les moyens nécessaires qui nous permettront d’atteindre ce but. « Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement mais pour la malice, soyez enfants, et, à l’égard du jugement, soyez des hommes faits. » (1 Corinthiens 14. 20).
Jésus-Christ est le Messie promis dans l’Ancien Testament
Pour les chrétiens du monde entier, Jésus-Christ est le Messie promis dans les Écritures, dans l'Ancien Testament ou première alliance, que le Messie est justement appelé à accomplir. Il a donc fait passer ce premier Testament, qui concernait avant tout sa venue annoncée à maintes reprises, au Nouveau Testament qu’il inaugure avec sa naissance et surtout par son œuvre expiatoire accomplie sur la Croix, suivie de sa résurrection et de son Ascension. Ses disciples, qui en ont été les témoins oculaires, ont été mandatés par Jésus pour annoncer la Bonne Nouvelle de son Royaume à toutes les nations, tous les peuples de la terre, transmettant ce message de vie et d’espérance aux générations suivantes.
Mais qu’en est-il des textes de l’Ancien Testament concernant sa Venue ? Une interprétation abusive de certains passages écrits des siècles avant l’apparition de Jésus sur terre est-elle responsable de la croyance en son rôle messianique ? Beaucoup l’affirment et ne voient nullement dans ces passages des prophéties concernant le Christ. Pour en juger, il faut d’abord connaître ces textes, les avoir lus et médités, les comprendre dans leur contexte original et en saisir la portée prophétique dans toute son ampleur. Voici donc l’un d’entre eux, tiré du neuvième chapitre du livre du prophète Ésaïe, rédigé à la fin du huitième siècle avant Jésus-Christ. Les titres de “Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix” sont attribués au Messie promis, venu comme un enfant pour établir un royaume d’une tout autre nature que ceux des rois connus jusqu’ici : avec Lui les vêtements de guerre seront détruits, son Royaume sera caractérisé par la paix et l’exercice de la justice : "Le peuple qui marche dans les ténèbres voit une grande lumière ; sur ceux qui habitent le pays de l’ombre de la mort une lumière resplendit. Tu rends la nation nombreuse, tu lui dispenses la joie. Elle se réjouit devant toi de la joie des moissons, comme on pousse des cris d’allégresse au partage du butin. Car le joug qui pesait sur elle, le bâton qui frappait son dos, la massue de celui qui l’opprime, tu les brises comme à la journée de Madian. Car toute chaussure qu’on porte dans la mêlée, et tout manteau roulé dans le sang seront livrés aux flammes, pour être dévorés par le feu. Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Renforcer la souveraineté et donner une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice dès maintenant et à toujours ; voilà ce que fera le zèle de l’Éternel des armées" (Ésaïe 9. 2-7).
Un peu plus loin, au chapitre onze du même livre, le Messie qui doit sortir de la lignée du roi David, est décrit par le prophète comme pleinement habité de l’Esprit de Yahweh, l’Éternel. S’il soutiendra les pauvres et les humbles, il fera aussi mourir le méchant, exerçant une justice parfaite : "Puis un rameau sortira du trône d’Isaï [c’est-à-dire le père du roi David] et le rejeton de ses racines fructifiera. L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de vaillance, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. Il respirera dans la crainte de l’Éternel ; il ne jugera pas sur l’apparence, il n’arbitrera pas sur un ouï-dire, Mais il jugera les pauvres avec justice, avec droiture il sera l’arbitre des malheureux de la terre ; il frappera la terre du sceptre de sa parole, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la ceinture de ses hanches" (Ésaïe 11. 1-5).
La prophétie continue et déroule ensuite devant nos yeux la dispensation de paix et d’harmonie qui prévaudra lorsque le règne du Messie aura été établi à toujours : "Le loup séjournera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau et le bétail qu’on engraisse seront ensemble, et un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits une même couche ; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, et l’enfant sevré mettra sa main dans le trou de l’aspic. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance de l’Éternel remplira la terre, comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Alors, en ce jour la racine d’Isaï qui se dressera comme une bannière pour les peuples sera recherchée par les nations, et son emplacement sera glorieux" (Ésaïe 11. 6-12).
On peut dire que cette dernière section de la prophétie d’Ésaïe se projette encore plus loin au futur que la Venue initiale du Messie sur terre : elle nous fait entrevoir ce que seront les fruits éternels de l’œuvre du Messie, ce qui à terme peut être espéré et attendu de sa Venue. A ces paroles répondent celles de l’avant dernier chapitre du livre de l’Apocalypse, à la fin du Nouveau Testament. Elles commencent par reprendre un autre passage du livre d’Ésaïe, qu’on trouve au chapitre 65 et où l’Éternel dit ceci : "Car je créé de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rappellera plus les événements du début, ils ne remonteront plus à la pensée" (Ésaïe 65. 17).
Le livre de l’Apocalypse, qui a comme épicentre la Personne de Jésus-Christ, identifié comme l’Agneau sacrifié revenant en gloire, fait donc écho aux prophéties du livre d’Ésaïe en se projetant lui aussi vers ce temps messianique d’accomplissement final du dessein divin : "Je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, prête comme une épouse qui s’est parée comme pour son époux. J’entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, ils seront son peuple, et Dieu lui même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu" (Apocalypse 21. 1-4).
Paradoxes divins
Jésus-Christ aime tous les êtres humains d'un Amour parfait et infini au point qu'Il quitta le Ciel où Il était adoré et servi par une multitude d'anges, où Il jouissait d'un bonheur continuel avec Dieu son Père dans une sphère où règnent la Sainteté et l'Amour ; pour venir volontairement sur cette terre si différente qui est l'habitation des êtres humains, marquée par leurs luttes, leurs contradictions, leurs élans de fraternité suivis d'oppositions violentes causés par le péché.
- Jésus-Christ s'est fait pauvre (2 Corinthiens 8 : 9), Lui, à qui tout appartient et par qui tout a été créé, si bien que celui qui croit en Jésus ne peut s'enorgueillir de richesses terrestres. En venant dans ce monde, Jésus est né dans la ville de Bethléem, si petite parmi toutes les villes du pays d'Israël qu'on l'appelait un village.
- Jésus-Christ n'a pas voulu être fait roi par les êtres humains, montrant ainsi la voie de l'humilité à nous que l'orgueil avait séparés de Lui, et qui ne voyions plus la Gloire de Dieu dans la Création comme au jardin d'Éden.
- Jésus-Christ a eu faim et soif (Marc 11 : 12, Jean 19 : 28), Lui qui est spirituellement le pain pour ceux qui sont affamés et la source d'eau vive pour ceux qui sont assoiffés de la Vérité.
- Jésus-Christ a été fatigué (Jean 4 : 6), Lui qui nous ouvre le chemin du repos éternel.
- Jésus s'est tenu sans rien dire devant ceux qui l'injuriaient (Luc 23 : 9), Lui qui a fait parler un muet (Luc 11 : 14).
- Jésus a été enchaîné (Matthieu 27 : 2), Lui qui est venu nous délivrer des chaînes du mal, du péché et des passions qui nous asservissent.
- Jésus a été crucifié sur une croix (Matthieu 27 : 35), Lui qui a rendu la vie à des morts (Jean 11 : 43, Luc 7 : 14-15). Mais, Jésus est ressuscité pour ne plus jamais mourir, oui, pour vivre éternellement. C'est pourquoi, nous qui croyons et mettons notre confiance en Lui, nous savons que, si nous devons passer par la mort (de notre corps humain), nous ressusciterons chacun avec notre corps glorifié et serons éternellement vivants avec Jésus au Paradis, dans Sa Gloire.
Oui, maintenant Jésus vit et règne dans le Ciel, auprès de Dieu son Père, mais il vit aussi dans le cœur des vrais croyants en Lui auxquels il donne son Esprit Saint, qui répand l'Amour de Dieu. Jésus leur permet ainsi d'accomplir la volonté de Dieu, non seulement par la force qu'il donne, mais aussi dans la joie.
Un chrétien ne peut pas continuer à pécher volontairement
Le péché rémanent, bien qu’inévitable, n’est pas accepté mais combattu par le chrétien. (voir Romains 6. 2).
Notre doctrine de la sanctification doit impérativement préciser le degré de sainteté auquel un croyant peut raisonnablement s’attendre ici-bas. Est-il possible pour le chrétien sanctifié par le Saint-Esprit d’arrêter complètement de pécher ? Certains enseignants de la Bible affirment le perfectionnisme chrétien où l’enfant de Dieu ne pècherait plus du tout. Cet enseignement s’appuie généralement sur une lecture littérale de 1 Jean 3. 6-10 et en particulier du verset 9 qui dit : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu ».
Pourtant, le même apôtre déclare aux mêmes lecteurs quelques versets plus tôt : "Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous" (1 Jean 1. 8-10).
Le péché et la confession des péchés font donc partie de la vie chrétienne normale ; mais cela ne rend pas le péché normal pour autant. En rejetant le perfectionnisme chrétien, il faut être prudent de ne pas finir par rejeter la sanctification comme si tout effort humain était vain.
Cette sanctification est opérante dans l’être humain chrétien tout entier, bien qu’elle demeure imparfaite durant cette vie. Dans tous les aspects de cette vie demeurent des restes de corruption, qui donnent lieu à une guerre continuelle et implacable : la chair, en ses passions, s’oppose à l’Esprit, et l’Esprit à la chair.
La sanctification s’opère à tous les niveaux de notre être : l’intellect, l’affection, la volonté et le corps (1 Thessaloniciens 5. 23). Cependant, « dans tous les aspects de cette vie demeurent des restes de corruption ». Il en résulte une tension entre la sanctification et le péché rémanent ou entre la chair et l’Esprit (Galates 5. 17). Dans cette situation l’état normal du chrétien n’est pas la passivité, mais la combattivité. Le chrétien ne se dit pas « Je peux pécher puisque le péché rémanent me garde esclave ».
L’apôtre Paul exprime l’état d’esprit qui doit habiter le croyant en Jésus à l’égard du péché rémanent : "Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? (Romains 6. 1-2).
La sanctification ne vient pas d’une simple discipline personnelle causée par la volonté de l’être humain, mais d’une transformation spirituelle profonde par l’union avec Christ. Celui qui est mort au péché, bien qu’incapable d’être sans péché, ne peut plus vivre volontairement sous le péché. Voilà ce que signifie « il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu » : il ne peut plus vivre dans le péché ni le tolérer dans sa vie. Il le combat activement et le confesse continuellement. La norme du croyant en Jésus n’est pas la rémanence du péché, mais sa mortification, car « ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs » (Galates 5. 24).
Ainsi le portrait biblique du sanctifié ne ressemble pas à quelqu’un qui se croit parfait sans voir ses transgressions. Il n’est pas non plus celui d’un défaitiste qui justifie son péché sous prétexte qu’il ne peut être vaincu. L’Écriture nous dépeint un portrait vibrant et réaliste du pécheur sanctifié dans le témoignage de Paul en Romains 7. 14-25 : "Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ?… Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !… Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché".
L’être humain régénéré voit la perfection de la Loi et aspire à s’y conformer. En même temps il se sait en deçà des exigences divines, il voit son péché et le confesse. Son ancienne nature est toujours présente, mais elle ne définit plus son identité. Sa volonté est renouvelée, mais elle ne possède pas encore la capacité de ne pas pécher. Le croyant pleure sur son péché, mais il ne désespère pas puisqu’il se sait sauvé en espérance (Romains 8. 24) ; il crie donc à Celui en qui il espère et qui le délivrera de la puissance du péché et de la mort.
Le chrétien commet toujours des péchés, mais il est toujours repentant. Il tombe encore, mais il marche de progrès en progrès (1 Thessaloniciens 4. 1). Et bien qu’il déploie tant d’effort, ses progrès sont l’œuvre de la grâce divine qui le pardonne et le transforme. « Nous tous dont le visage découvert reflète la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur » (2 Corinthiens 3. 18).
Le Ministère de Jésus-Christ le Messie
Ésaïe 61 rapporte une déclaration prophétique du Messie lui-même où il résume, à la première personne du singulier, l’essence de son ministère : "L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance ; pour publier une année de grâce de l’Éternel, et un jour de vengeance de notre Dieu ; pour consoler tous les affligés ; pour accorder aux affligés de Sion, pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu, afin qu’on les appelle des térébinthes de la justice, une plantation de l’Éternel, pour servir à sa gloire" (Ésaïe 61. 1-3).
On sait que cette prophétie porte sur le ministère de Christ parce que le texte regorge d’indices messianiques (par ex. l’onction) et parce que le Nouveau Testament le confirme. Au début de son ministère public, le Seigneur Jésus lit ce texte dans la synagogue de Nazareth, la ville où il a grandi : "L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur" (Luc 4. 16-21). Il souligne la portée prophétique d’Ésaïe 61 en l’utilisant pour revendiquer son identité messianique. Trois aspects du ministère du Messie se dégagent de ce texte.
- Il révèle l’autorité (ou la puissance) du Christ.
Cette puissance découle de l’onction divine. L’Éternel a oint Christ et l’a ainsi consacré pour être le Médiateur. Cette onction est la garantie qu’il accomplira aussi avec efficacité les fonctions correspondantes de prophète, de sacrificateur et de roi. En tant qu’élu de Dieu (Ésaïe 42. 1), Dieu l’a mis à part pour accomplir son plan éternel de salut et de rédemption. La puissance du Messie repose sur la puissance divine. Les prophètes ont souvent prédit que l’Éternel lui donnerait l’Esprit sans mesure (cf. Ésaïe 11. 2). C’est une des caractéristiques de son ministère et la preuve irréfutable qu’il est le Christ (Jean 3. 34). La puissance du Saint-Esprit repose sur Lui et garantit le succès de tous les aspects de son ministère. Aucun obstacle ne peut l’empêcher de mener sa mission à bien (cf. Zacharie 4. 6).
- Il exprime le message du Christ.
Il a les paroles de la vie. Son message peut se résumer en quatre mots : - évangélisation («porter de bonnes nouvelles»), - consolation («guérir ceux qui ont le cœur brisé»), - libération («proclamer aux captifs la liberté»), - avertissement (proclamer l’année de grâce et le jour de vengeance).
- La mission du Christ.
Les versets 2 et 3 d’Ésaïe 61 révèlent le triple objectif de cette mission vis-à-vis de l’Éternel et de ceux qui pleurent sur Sion. Elle consiste d’abord à justifier les pécheurs. Cela se voit au verset 3, où ceux qui pleurent sont appelés « térébinthes de la justice, une plantation de l’Éternel ». Christ emploie la même image lorsqu’il dit à propos des pharisiens : « Toute plante que n’a pas plantée mon Père céleste sera déracinée » (Matthieu 15. 13). Mais ceux que l’Éternel plante dans le sol fertile de la Justice de Christ sont en sécurité ; rien ne les déracinera.
Ensuite, sa mission consiste à transformer des vies. La vie de ceux qui pleurent sur Sion ne sera plus la même. Il donne « un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu ». La grâce ne laisse jamais le pécheur dans l’état où elle le trouve. Enfin, sa mission consiste à glorifier Dieu. Tout ce qu’il fait vise à « servir à sa gloire » (Matthieu 15. 3). Le salut bénéficie aux pécheurs, mais son objectif ultime est de servir à la louange de la gloire de la grâce de Dieu (cf. Éphésiens 1). Le Seigneur Jésus affirme avoir accompli cet aspect de sa mission lorsqu’il dit au Père : « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 17. 4). Il n’est donc pas surprenant que lorsqu’à Nazareth, Jésus applique tout cela à lui-même, « tous lui rendaient témoignage ; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22).
Relations privilégiées avec Dieu
Dieu a créé les êtres humains à son image (Genèse 1 : 26-27) pour avoir avec eux des relations privilégiées comme un père avec ses enfants. Mais très vite l'être humain a gâché cette relation en désobéissant à Dieu. Un gouffre profond s'est creusé entre Dieu et sa créature : plus de possibilité pour celle-ci d'aller vers Dieu. Il a fallu à l'être humain d'entendre cette terrible déclaration : "Vos iniquités ont fait séparation entre vous et votre Dieu" (Esaïe 59 : 2). L'être humain restera-t'il alors pour toujours loin de Dieu ?
De lui-même, l'être humain ne peut en aucune manière trouver à nouveau de vraies relations avec Dieu. Mais notre Dieu Créateur aime ses créatures. Il leur donne le moyen de s'approcher de Lui : "Vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ", dit l'apôtre Paul (Ephésiens 2 : 13). Jésus Christ, par son oeuvre parfaite à la croix et son sang versé, est le seul Chemin qui conduit vers Dieu, vers la Vie Éternelle.
Dieu veut notre bonheur. Venons à Lui par le chemin qu'il nous indique ; nous goûterons une paix profonde et la joie de le connaître comme notre Dieu Sauveur et comme notre Père. La relation avec Lui sera toute nouvelle et tellement heureuse.
Loin de ta présence, l'être humain est-il banni ?
Non, ta Grâce immense a tout aplani.
Ô Dieu sans limite, qu'on ne peut toucher,
Ton coeur nous invite à nous approcher.
Dieu annonça plusieurs fois la Venue du Sauveur
"Lorsque Abram fut âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, l’Éternel apparut à Abram, et lui dit : Je suis le Dieu tout-puissant. Marche devant ma face, et sois intègre. J'établirai mon alliance entre moi et toi, et je te multiplierai à l'infini. Abram tomba sur sa face; et Dieu lui parla, en disant : Voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d'une multitude de nations. On ne t'appellera plus Abram; mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d'une multitude de nations. Je te rendrai fécond à l'infini, je ferai de toi des nations; et des rois sortiront de toi. J'établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations : ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta postérité après toi" (Genèse 17. 1-7).
"Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont l'origine remonte aux temps anciens, aux jours de l'éternité" (Michée 5. 2).
Avez-vous déjà songé à la façon dont naissent les fleurs ? Savez-vous qu’elles se développent à partir d’une minuscule graine dans laquelle Dieu a placé une petite force de vie ? Lorsque cette force jaillit, la graine et la fleur s’épanouissent. D’abord, le germe vert s’ouvre un chemin à travers la terre. Il pousse et, au bout d’un certain temps, Dieu fait de ce germe une petite plante. Lorsque la plante grandit suffisamment, elle produit un bouton qui, lorsqu’il s’ouvre, donne naissance à la fleur !
Nous pouvons illustrer la naissance du Sauveur en la comparant à cette histoire de la fleur. Dieu a commencé par faire une promesse : celle d’envoyer sur terre un Sauveur pour les êtres humains. On peut dire qu’en annonçant la promesse à Adam et à Ève, Dieu plantait la graine. Après la chute du premier couple, Dieu leur a fait savoir que la descendance de la femme — un enfant né d’une femme — allait écraser la tête du serpent, c’est-à-dire qu’il allait vaincre Satan et toute sa puissance. Genèse 3. 15 parle précisément du début de cette merveilleuse promesse : "Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon".
Plus tard, comme lorsque le grain poussa, la promesse s’est développée en plante. Dieu a annoncé à son peuple plus de choses encore au sujet du Sauveur. Il a commencé par informer Abraham. Abraham était un fidèle de Dieu et Dieu lui a parlé clairement au sujet du Sauveur à venir. Il lui a dit très spécialement que tous les croyants auraient part à la bénédiction et au salut apportés par le Sauveur. (Voir Genèse 12. 1-3).
La promesse s’est développée encore davantage au temps du prophète Ésaïe. C’est ainsi que Dieu, par l’intermédiaire de ce prophète, a dit de manière très claire : « Voici une jeune fille vierge concevra et elle enfantera un fils, et vous l’appellerez Emmanuel. » (Ésaïe 7. 14). En hébreu, Emmanuel veut dire « Dieu avec nous ». La promesse du début devenait ainsi encore plus claire. Le Sauveur qui allait venir serait un petit enfant, mais en même temps il serait Dieu Tout-Puissant !
Une autre fois, de nouveau par l’intermédiaire du prophète Ésaïe, Dieu a fait comprendre que le Sauveur allait devoir beaucoup souffrir. Il allait même devoir mourir (Ésaïe 53).
Cette souffrance et cette mort seraient dues à la méchanceté et au péché des êtres humains. Michée est un autre prophète de Dieu qui a parlé de la promesse. Il a révélé que le Sauveur allait naître dans un village appelé Bethléem. Chaque fois que Dieu annonçait une nouvelle au sujet de sa promesse et du Sauveur, les êtres humains apprenaient quelque chose de nouveau.
Au fur et à mesure que le temps passait, d’autres détails sont venus s’ajouter à ces nouvelles révélations. La promesse devenait toujours plus claire. En lisant l’histoire dans les Évangiles, vous verrez de quelle manière merveilleuse toutes les promesses de Dieu au sujet du Sauveur se sont réalisées dans sa vie. Toutes les promesses de Dieu faites
dans l’Ancien Testament ont été réalisées en Jésus-Christ — et il ne faut pas s’attendre à ce qu’elles se réalisent en dehors de Lui.
Cet accomplissement a eu lieu lorsqu’un ange du Seigneur est apparu à Marie, une jeune fille vierge juive, pour lui annoncer qu’elle avait été choisie pour devenir la mère du Sauveur promis. La promesse, qui avait éclos comme un germe, devenait à présent une plante et une réalité.
Pourquoi Dieu a-t-il fait cette promesse ? Simplement, pour que les gens qui ont vécu avant Jésus-Christ puissent croire à cette promesse et attendre ce Sauveur, et pour avoir ainsi part au salut. En ce qui nous concerne, la promesse étant vraiment accomplie, et nous croyons avec certitude que Jésus est véritablement le Sauveur promis de Dieu, son Fils, notre Seigneur.
Le Dieu Créateur et sa créature
"Dieu commanda à l'homme, disant : Tu mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas ; car, au jour où tu en mangeras, tu mourras certainement" (Genèse 2. 16-17).
Lorsque Dieu a créé l'être humain, il l'a créé à son image. L'intention divine était de pouvoir entretenir une relation personnelle, vivante et confiante avec sa créature. Il n'a pas créé un être n'ayant que son instinct naturel, un être programmé pour répondre toujours exactement à la volonté de son Créateur. L'être humain aurait été alors un robot accomplissant systématiquement les fonctions pour lesquelles il aurait été formé. Tel n'est pas l'être humain. Étant fait à l'image de son Créateur, l'être humain est doué d'une capacité de décision qui le rend responsable de ses actes. Afin de démontrer cette responsabilité, Dieu a fixé à Adam un domaine précis et a abondamment pourvu des ressources nécessaires à son bien-être. La seule limite établie était la défense de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Hélas, le test a mis en évidence, déjà chez nos premiers parents, la méfiance, l'orgueil, l'insoumission qui ont entraîné la rupture de leurs relations avec leur Créateur – rupture qui aboutit à la perdition éternelle. Mais Dieu voulait y apporter le remède de sa Grâce. C'est pourquoi Dieu avait élaboré le plan du Salut par le sacrifice volontaire de Jésus Christ qui viendrait sur la terre pour y partager notre humanité et expier tous nos péchés . Sa Sainteté, sa vie parfaite, lui donna le droit de se constituer la victime sainte, seule capable de satisfaire la Justice et la Sainteté de Dieu, tout en donnant libre cours à son Amour.
Devant le Trône du Dieu Très Haut
Devant le trône du Dieu Très Haut
Jésus, mon Défenseur saura plaider,
Jésus, mon Avocat est plein d'amour,
Il intercède pour moi toujours.
Mon nom est gravé sur ses mains,
Mon nom est inscrit sur son coeur,
Puisqu’il défend ma cause au ciel
Nul ne pourra me condamner.
Et quand Satan me fait douter,
Vient me tenter et m’accuser,
Je lève les yeux vers Jésus
Qui a donné pour moi sa vie.
Mon Sauveur Jésus était innocent,
Sa mort me rend la liberté,
Oui, Dieu le Juste est satisfait
Et il pardonne mon péché.
Voyez l’Agneau de Dieu ressuscité.
Il est le Roi plein de bonté.
Non, il ne changera jamais,
Lui ma justice, mon bien, ma paix.
En Lui j’ai la vie éternelle,
Par son sang il m’a racheté,
Pour toujours ma vie est cachée
En Jésus, mon Sauveur, mon Dieu.
La part de Dieu et celle de l’être humain dans la sanctification
La sanctification est l’œuvre de Dieu, cependant celui-ci l’opère de manière à rendre l’homme actif dans ce processus de transformation (Philippiens 2. 12-13).
Comprendre le rôle de Dieu et celui de l’être humain dans la sanctification est essentiel pour avoir une doctrine biblique et une pratique saine de cette œuvre de transformation.
Certains en s’opposant avec raison à la fausse doctrine du synergisme ont imposé le l’œuvre de Dieu seulement à la totalité de la sanctification ; rendant l’être humain entièrement passif dans ce processus. D’autres, en voulant combattre cette passivité, ont mis démesurément l’accent sur la responsabilité de l’être humain dans sa croissance spirituelle oubliant pratiquement la grâce divine.
La solution à ce problème ne consiste pas à séparer le travail de la sanctification en deux moitiés entre Dieu et l’être humain, mais plutôt à comprendre de quelle façon l’un et l’autre coopèrent dans cette œuvre.
Ceux qui sont unis au Christ, qui sont efficacement appelés et régénérés, ayant un cœur nouveau et un esprit nouveau, créés en eux en vertu de la mort et de la résurrection du Christ, sont, en plus, réellement et personnellement sanctifiés, en vertu de la même puissance, par sa Parole et son Esprit qui habitent en eux. Le règne du péché est détruit, et leurs nombreuses passions sont progressivement affaiblies et mortifiées, alors qu’eux-mêmes sont de plus en plus vivifiés et affermis dans toutes grâces salutaires, en vue de la pratique de la vraie sainteté, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.
Pour bien départager la part de Dieu et de l’être humain et éviter la confusion, il est nécessaire de distinguer entre la sanctification définitive et la sanctification progressive.
On conçoit généralement la sanctification comme le processus par lequel le croyant en Jésus est progressivement changé dans ses affections, sa pensée, sa volonté et ses actions pour ressembler de plus en plus à Christ (2 Corinthiens 7. 1 ; Galates 4. 19 ; 1 Thessaloniciens 4. 3-7). Cependant, le Nouveau Testament ne présente pas la sanctification exclusivement sous l’angle du processus, mais également comme une réalité définitive (1 Corinthiens 2. 1, 6. 11 ; Éphésiens 5. 25-26 ; Hébreux 2. 11, 10. 10, 14). La sanctification définitive fait donc référence à la mise à part des croyants par Dieu qui initie Lui-même et Lui seul en eux la transformation à l’image de Christ par l’appel efficace et la régénération. Ce changement est définitif, il n’arrive qu’une seule fois, il ne peut jamais être inversé et il sera complété par Dieu (Philippiens 1. 6).
Si la sanctification définitive est exclusivement l’œuvre de Dieu alors que l’être humain est passif à cette étape du salut, on ne peut pas dire que la sanctification progressive est, à son tour, exclusivement l’œuvre de l’être humain. Elle est en fait l’œuvre de Dieu, cependant l’être humain n’est plus passif, mais il devient actif à cette étape du salut. Les changements progressifs dans l’être humain ne sont possibles que parce que Dieu a opéré en lui un changement définitif par la nouvelle naissance. Ainsi la sanctification progressive s’opère entièrement sur la base de la sanctification définitive.
Une fois ces précisions apportées, il devient plus simple d’identifier la part de Dieu et celle de l’être humain dans le processus de sanctification. L’être humain ne se change pas lui-même puisque c’est Dieu qui sanctifie (1 Thessaloniciens 5. 23). Dieu façonne les sanctifiés par sa Parole et son Esprit (Jean 17. 17 ; Éphésiens 3. 16-19). La première chose que l’être humain doit faire est simplement de reconnaître le changement que Dieu a fait en lui pour ensuite agir en conformité avec ce changement.
Voici comment l’Écriture enseigne cette vérité : "Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises" (Romains 6. 11-12).
Dans ce passage, l’apôtre Paul ne dit pas « mourrez au péché », mais plutôt « sachez que vous êtes morts au péché ». Ce n’est pas l’être humain qui a fait ce changement, mais Dieu ; l’être humain est simplement appelé à le reconnaître et, conséquemment, à vivre comme un homme qui n’est plus sous la domination du péché. La sanctification progressive commence par une conscientisation à la nouvelle nature, puis l’être humain, croyant en Jésus, reçoit la direction par la Parole de Dieu et la puissance d’obéir par l’Esprit de Dieu. Et parce qu’il possède une intelligence renouvelée et une volonté régénérée, il peut alors participer à sa sanctification : "Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, mettez en œuvre votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent ; car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir" (Philippiens 2. 12-13).
Ce passage montre bien la relation entre l’être humain croyant en Jésus et Dieu dans la sanctification. Ils n’agissent pas en parallèle en contribuant respectivement à cette œuvre, mais même la part de l’être humain croyant en Jésus vient de Dieu ; il ne fait que mettre en œuvre ce qu’il a reçu.
L’apôtre Pierre conçoit la sanctification dans les mêmes termes. Il rappelle tout d’abord que Dieu en est l’auteur : « Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (2 Pierre 1. 3). Ensuite il énumère les choses que le chrétien doit pratiquer afin de croître dans sa sanctification en portant des fruits : "A cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la patience, à la patience la piété, à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ" (2 Pierre 1. 5-8).
Le vrai chrétien n’attend pas passivement d’être sanctifié, mais ayant été définitivement sanctifié, il s’applique à devenir vertueux. Pour se faire, il étudie la Parole de Dieu, il travaille activement dans la prière afin de développer les fruits du Saint-Esprit, il cherche de tout son cœur à grandir en amour pour Dieu et pour son prochain. Au travers de la transformation que ces efforts apporteront, le chrétien n’est pas changé par sa propre force, mais par la puissance de Dieu qui agit par les moyens de grâce qui lui sont donnés.
D’un côté, la sanctification est une mortification : « Le règne du péché est détruit, et leurs nombreuses passions sont progressivement affaiblies et mortifiées ». De l’autre, elle est une vivification : « eux-mêmes sont de plus en plus vivifiés et affermis dans toutes grâces salutaires, en vue de la pratique de la vraie sainteté ». Si la sanctification n’est pas la base de notre justification, elle n’est pas moins nécessaire au salut puisque sans elle nul ne verra le Seigneur (Hébreux 12. 14).
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