Ce que nous enseigne l'histoire du bon samaritain (2)
En méditant cette parabole de Luc 10. 25-37, nous pouvons remarquer quatre faits :
1. La condition misérable de l’être humain déchu.
2. L’impuissance de la loi et des ordonnances à répondre à ses besoins.
3. La profondeur et la perfection de l’Amour de Jésus le Sauveur.
4. La sécurité et les espérances du pécheur guéri et racheté.
1. La condition misérable de l’être humain déchu :
Elle nous est décrite de la manière la plus frappante dans cet homme blessé : « Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre les mains des voleurs, qui aussi l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent le laissant à demi mort » (Luc 10. 30). Il nous est rappelé ici que l’être humain est une créature déchue. Dieu l’avait créé sans défaut et avait dit de Lui, comme de tout ce qu’Il avait créé : « et voici, cela était très bon » (Genèse 1. 31a). La notion même de culpabilité était étrangère à l'être humain, et il ignorait tout du terrible aiguillon de la mort. Il était revêtu d’innocence, et indemne de toute souillure d’esprit. Mais son grand ennemi s’approcha de lui, et l’homme désobéit au commandement de Dieu. C’est cela, le péché, et c’est ainsi que l’homme fut dépouillé de son vêtement immaculé. Conscient de sa méchanceté, il ressentit la morsure cruelle de la crainte et de la culpabilité, et il sut que la mort avait des droits sur lui, sans qu’il eût aucune perspective de délivrance. Comme le dit l’Écriture : « … comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, …ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché » (Romains 5. 12). L’homme est donc une créature déchue, sans force. Il s’est égaré loin de Dieu (Ésaïe 53. 6), et le péché règne sur lui jusqu’à la mort. Tous les êtres humains sont semblables à cet égard : tous sont des pécheurs sans ressources, nus, blessés, et sans force. Il est très important de bien le comprendre, car, cela coupe court à tout désir de croire en la force de la créature, et nous fait réaliser que nous ne jouissons plus des bénédictions du Jardin d’Éden : nous restons abattus au bord de la route, sans force, anéantis par les blessures mortelles que nous avons reçues. Le fait d’être déchus de naissance nous apprend l’absolue nécessité d’une « nouvelle naissance », et c’est aussi la preuve de la justesse du verdict divin : « La tête entière est malade, Et tout le cœur est souffrant. De la plante du pied jusqu'à la tête, rien n'est en bon état : Ce ne sont que blessures, contusions et plaies vives » (Ésaïe 1. 5-6).
Quelle humiliation pour ce docteur de la loi, plein d’orgueil et d’autosatisfaction, de se reconnaître lui-même dans ce pauvre voyageur abattu au bord du chemin, nu, à bout de force et de ressources, sans aucun moyen d’atténuer ses souffrances, sans ami pour l’aider physiquement et moralement, avant que Jésus, Celui qui sauve le pécheur, ne s’approche de lui ! Ah ! L’être humain peut bien se vanter de ses nobles facultés et de ses dons innombrables, comme s’il n’était pas déchu ! Mais qu’est-il aux yeux de Dieu, à la pure lumière de la vérité céleste ? Que pèse-t-il à la balance du sanctuaire ? Qu’y-a-t-il de plus propre à l’humilier que cette description concise qu’en donne le Seigneur en quelques mots : « dépouillé », « couvert de blessures », « à demi mort » ? Tel est le verdict divin, dont je suis sûr que la conscience de tout être humain enseigné par l’Esprit reconnaît l’exacte et parfaite vérité.
2. L’incapacité de la loi ou des ordonnances à répondre aux besoins de l’être humain :
La rédemption par la grâce fut, de toute éternité, le propos du cœur de Dieu. L’Agneau était pré-ordonné dès avant la fondation du monde, et lorsque Dieu prononça la promesse de la Rédemption, Il le fit sans aucune référence à la loi. Ce ne fut que, quatre cents ans après l’appel d’Abraham, que la loi fut donnée, dans le but de rendre le péché manifeste : « Or la loi est intervenue afin que la faut abondât » (Romains 5. 20). C’est pourquoi, nous lisons : « Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre » (Luc 10. 31). Ce gardien de la loi n’avait aucun remède pour ceux qui étaient tombés et gisaient sans force ; il ne pouvait que constater qu’un homme était là, « couvert de blessures », et « à demi mort ». Cet homme avait besoin de vie, de paix, de guérison, de salut, toutes choses que ce sacrificateur était incapable de lui procurer, d’où le fait qu’il « passa outre de l’autre côté ». Le Lévite fut tout aussi incapable de répondre à ses besoins, n’ayant aucun baume qui puisse apaiser une conscience accablée par ses péchés. Ses sacrifices ne faisaient que remettre les péchés en mémoire, sans pouvoir les expier, « car, il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés » (Hébreux 10. 4). Il ne fit donc que regarder ce pauvre pécheur mourant, et « passa outre de l’autre côté ». Il vint alors un second témoin constatant lui aussi que l’homme était « dépouillé », « couvert de blessures ».
L'être humain est sous sentence de mort à moins que ses péchés ne fussent expiés. Nous devons comprendre ce qu’est l’état réel de l’être humain devant Dieu, et combien tout témoigne du fait qu’il est un pécheur déchu, sans force, et que rites et cérémonies sont incapables de répondre à ses besoins. Comme ce serait triste si le récit divin s’arrêtait là ! Mais, Dieu soit béni ! Ce n’est pas le cas. Car notre état misérable fut pour Dieu l’occasion de déployer les richesses de sa Grâce infinie, en sauvant parfaitement ceux qui ne pouvaient se sauver eux-mêmes : Il nous aima « lorsque nous étions encore pécheurs » (Romains 5. 8).
3. La profondeur et la perfection de l’Amour de Jésus le Sauveur :
Cela nous amène maintenant à considérer la profondeur de l’Amour de Jésus-Christ, le Sauveur du monde, parfaite réponse aux besoins de l’être humain. Cet Amour nous est merveilleusement présenté dans les propres manières et les propres termes du Seigneur, en contraste absolu avec la froideur et la dureté du sacrificateur et du lévite : « Mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et le voyant, fut ému de compassion, et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin » (Luc 10. 33-34a). Voilà ce dont avait besoin ce voyageur à demi-mort, ce qui convenait à ce pauvre homme à bout de force, ni plus ni moins ! Quelle grâce ineffable ! Qu’il est Grand, qu’il est Profond, l’Amour gratuit de Christ pour de pauvres pécheurs perdus ! Le Seigneur Jésus n’est-Il pas descendu jusqu’à nous, là où nous en étions, gisant dans nos péchés, dans nos fautes et notre misère ? Il a eu compassion de nous et nous a apporté la Guérison et le Salut. Il a vu la gravité de nos blessures, notre misère, l’état désespéré dans lequel nous étions. Le cœur de Jésus débordait de tant d’Amour et de Compassion que, lorsqu’il s’avéra que seules les terribles souffrances et la mort de la croix pouvaient nous délivrer du courroux divin, Il donna librement Sa vie pour nous, alors même que nous étions morts dans nos péchés. Notre cher Sauveur Jésus se fit volontairement péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en Lui (2 Corinthiens 5. 21). Et maintenant, ressuscité d’entre les morts, Il vit à la Droite de Dieu, pour être Prince et Sauveur et nous donner la rémission des péchés (Actes 5. 31). Son sang a coulé pour des pécheurs perdus et coupables. Ce sang donne la paix à la conscience blessée, et peut guérir le cœur brisé. Il nous revêt d’une robe plus belle que l’homme d’avant la chute n’en a jamais porté : « la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient » (Romains 3. 22). Voilà ce que Jésus donne. Le témoignage que rend le Dieu de vérité à la valeur de la mort de Christ, c’est l’huile et le vin qu’Il verse dans l’âme troublée. Lorsque le Saint Esprit rend témoignage à un cœur brisé du fait que la loi a été accomplie, que sa malédiction a été portée par Jésus, que les péchés ont été expiés, et que la mort sous le Jugement de Dieu a été endurée par Son Fils Jésus pour le pécheur (de telle sorte qu’il y a désormais pleine liberté pour ceux qui croient, d’entrer dans le lieu Très-Saint par le sang de Jésus). C’est comme l’huile et le vin de notre parabole, remplissant de joie et de paix l’âme en train de sombrer. Quelle bonté, quel amour infini, répondant parfaitement à nos besoins ! Mais qui peut dire leur vertu, sinon ceux qui étaient autrefois blessés, et qui ont été guéris par l’amour de Jésus le Sauveur ?
4. La sécurité et l’espérance du pécheur guéri et racheté :
Christ sauve parfaitement (Hébreux 7. 25). Il ne se contente pas d’entreprendre un travail dans une âme, mais, Il l'accomplit parfaitement. Non seulement Jésus purifie l’âme, mais, Jésus l’amène à Dieu. Et, par Son Esprit, Il nous unit à Lui-même. Dieu nous a pris de dessus le fumier, alors que nous n’étions que des mendiants, pour nous élever au rang de princes. Il nous a vivifiés, alors que nous étions morts dans nos péchés, pour nous faire asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ. Ainsi, nous sommes à Lui pour toujours.
De même, nous lisons qu’après avoir pansé le blessé et versé de l’huile et du vin sur ses plaies, « et l’ayant mis sur sa propre bête, le on samaritain le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui. Et le lendemain, s’en allant, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, et lui dit : Prends soin de lui ; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai » (Luc 10. 33-35). La sécurité pour cet homme, c’est que le Samaritain, après l’avoir soigné, le releva du bord de la route pour l’asseoir à ses côtés, « sur sa propre bête » ; puis il entreprit de s’occuper de lui en pourvoyant à ses besoins pendant tout le temps de son absence, et en lui laissant cette merveilleuse espérance de son prochain retour. Nous pourrions élargir notre sujet en montrant quelle est la responsabilité de l’Église (symbolisée par l’hôtellerie) de prendre soin des agneaux du troupeau du Seigneur Jésus. Le soin que le Samaritain prend de cet homme restauré ressort non seulement de cette constatation qu’il eut soin de lui, mais aussi du fait qu’il le confia aux soins d’autres personnes auxquelles il avait donné de l’argent pour ce service, disant : « Prends soin de lui ». Le fait de savoir que cet ami, qui l’avait si généreusement sauvé de la mort, s’était arrangé pour qu’il soit pourvu à tous ses besoins présents et futurs, dut être une pensée très réconfortante, bien propre à le délivrer de toute crainte et de toute méfiance, de même que l’espoir de son retour ne pouvait manquer d’être un sujet de grand intérêt.
« Lorsque le Berger retrouva sa brebis perdue, et qu’Il l’eut chargée sur ses épaules, la sécurité de la brebis, c’était d’être portée sur le bras vigoureux du bon Berger » (voir Luc 15. 3-7). La sécurité pour Noé, lorsqu’il fut entré dans l’arche, c’était que « l’Éternel ferma l’arche sur lui » (Genèse 7. 16b). La sécurité des fils d’Israël, lorsque l’ange de la destruction passa en jugement, c’était le sang de l’agneau aspergé sur le linteau et les poteaux de leur porte. De même, aujourd’hui, la sécurité pour le croyant, c’est d’être en Christ, justifié par Son sang, et d’être maintenu devant Dieu par l’Amour parfait et la Toute Puissance du Grand Souverain Sacrificateur. Quelle immense bénédiction, pour tout vrai croyant dans le Seigneur Jésus, de savoir que « par une seule offrande, Jésus a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Hébreux 10. 14), et que le Christ Jésus leur a été fait « sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption » (1 Corinthiens 1. 30). En Christ, le croyant a la vie, la justice, la plénitude, et rien ne le séparera jamais de Son Amour. Christ prendra soin de lui continuellement, l’aidera dans ses difficultés, le consolera dans ses peines, le restaurera lorsqu’il se sera égaré, et le conduira dans des chemins droits. Christ, qui mourut pour lui, intercède continuellement pour lui, et reviendra pour lui. Christ demeure en lui, comme lui-même demeure en Christ. L’amour, la sagesse, l’œuvre, la valeur et la puissance de Christ, tout est pour lui.
Voilà ce qui fait la sécurité du croyant. Et l’espérance glorieuse de son âme est que Jésus va revenir et le recevoir Lui-même. Le croyant sait que ce "Jésus qui est monté au Ciel reviendra de la même manière que ses disciples l’ont vu y monter" (Actes 1. 11). Le croyant attend Jésus le Sauveur et aime son apparition. Alors, il sait que Christ « verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait » (Ésaïe 53. 11), et lui-même peut dire : « Moi, je verrai ta face en justice ; quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image » (Psaumes 17. 15).
Il fut un temps où les chers enfants de Dieu vivaient tellement de la puissance de la vérité divine qu’ils se tournèrent « des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils » (1 Thessaloniciens 1. 9-10). Puissions-nous, nous qui avons goûté combien le Seigneur est bon, aimer tellement le Seigneur Jésus Christ, nous réjouir tellement dans son œuvre accomplie, et être si profondément touchés par sa Grâce ineffable, que nos cœurs débordent continuellement de joie dans l’espoir de sa Glorieuse Venue !
Mais, chers lecteurs et lectrices, peut-être êtes-vous étrangers à la grâce de Dieu ? Peut-être êtes-vous plus qu’à demi-mort, au point de n’être même plus conscient que vous êtes nu, blessé et en danger grave ? S’il en est ainsi, permettez-moi de vous demander de réfléchir à la manière dont vous supporterez la certitude et les terreurs du Jugement Dernier, lorsque vous serez jugé d’après vos œuvres ! La mort approche, lentement, mais sûrement, et aura tôt fait de vous précipiter dans l’abîme où la Grâce n’est plus. Vous y expierez vous-mêmes tous vos péchés, loin de la face de Dieu.
Chers amis lecteurs et lectrices, sachez que vous avez péché, vous êtes nu, blessé, mourant, bien que vous n’y pensiez guère ! Réfléchissez bien à ces choses. Dieu déclare que tous les êtres humains sont coupables devant Lui, mais, Jésus le Bon Samaritain, n’est-Il pas capable de vous guérir ? N’est-Il pas mort pour le plus grand des pécheurs ? Ne fait-Il pas ses délices de pardonner l’iniquité ? Ne vient-Il pas aujourd’hui au-devant de vous, avec le baume de Son Évangile béni ? Son sang précieux ne purifie-t-il pas de tout péché ? Repousse-t-il un seul pécheur, si vil soit-il, qui vient à Lui ? Alors, pourquoi ne pas croire que Jésus peut vous sauver, panser vos plaies, remplir votre âme de joie et de paix, et vous faire jouir dès maintenant de Son Amour parfait et immuable, avec l’heureuse perspective d’être bientôt avec Lui dans la Gloire pour toujours ?
Que Dieu vous bénisse ! Amen.
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