Les aspects de notre Salut en Jésus-Christ (2)
4. Nous sommes justifiés en Jésus-Christ (suite)
Essayons de comprendre ces expressions sur la Justification :
La propitiation n’a pas pour but d’apaiser un dieu vengeur, mais de permettre à Dieu d’être juste en justifiant le pécheur. « À celui qui fait des œuvres, le "salaire" est imputé, non comme une grâce, mais comme une chose due ; mais, à celui qui ne fait point d'œuvres, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa "foi" lui est "imputée" à justice » (Romains 4. 4-5).
Dans une nuit étoilée, Abraham, face à l’invitation divine « si tu peux les compter ! », sort de sa tente pour compter les étoiles. Et Dieu lui dit : « Ainsi sera ta semence » (Genèse 15. 5- 6). Abraham n’avait pas d’enfant et, humainement, plus d’espoir d’en avoir. Mais, « il crut l’Éternel ; et Il lui compta cela à justice ». Autrement dit, comme dans Romains 4. 19-22, c’est la foi qui est comptée à justice. La foi accepte que Dieu est juste en justifiant le coupable ; elle n’a pas été comptée seulement à Abraham, « mais aussi pour nous, à qui il sera compté, à nous qui croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Romains 4. 23-25).
Cela peut nous paraître mystérieux. Mais la Parole de Dieu est parfaitement claire. À cause de l’œuvre de Christ à la croix, Dieu est Juste en justifiant celui qui croit en Jésus. Le croyant qui accepte par la foi une telle déclaration, même s’il n’en saisit pas toute la portée, est déclaré juste : « Sa foi lui est comptée à justice ».
« Christ… nous a été fait… justice » (1 Corinthiens 1. 30). « Nous sommes justifiés gratuitement : par sa grâce, par la Rédemption qui est dans le Christ Jésus, par son sang, au moyen de la foi » (voir Romains 3. 24 ; Tite 3. 7 ; Romains 5. 9).
On peut se représenter un tribunal où l’accusé doit répondre d’un dossier volumineux. Mais le Juge, Dieu Lui-même, le déclare juste parce que le coupable se réclame de l’œuvre de Jésus-Christ ; il sort du tribunal, non seulement pardonné, mais déclaré juste, justifié. Et rien n’est mis à sa charge.
Pourquoi alors, Jacques 2. 17 dit-il : « la foi, si elle n’a pas d’œuvres, est morte par elle-même » ? Jacques considère les choses du point de vue de l’être humain, tandis que dans l’épître aux Romains, c’est le côté de Dieu : Dieu est Juste en justifiant. « Quelqu’un dira… : Montre-moi ta foi sans œuvres ». De fait, « par mes œuvres, je te "montrerai" ma foi » (Jacques 2. 18). Ce sont les œuvres du croyant en Jésus (voir Éphésiens 2. 10) qui montreront aux êtres humains la réalité de sa foi et de sa Nouvelle Naissance. Devant Dieu qui lit dans le cœur, la foi est comptée à justice. Devant les êtres humains, la foi se démontre par les œuvres d’une personne né de nouveau. C’est le "fruit" de l’Esprit (voir Galates 5. 22-23).
Oui, « Le juste vivra de foi » (Romains 1. 17 ; Galates 3. 11 ; Hébreux 10. 38).
5. Nous sommes réconciliés en Jésus Christ :
« Étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » (Romains 5. 10). Christ nous a « réconciliés dans le corps de sa chair », « par sa mort » (Colossiens 1. 22).
Dieu n’était pas notre ennemi ; Dieu est Amour : Il a donné son Fils pour nous. C’est le pécheur qui est ennemi de Dieu, loin de Lui, plein de griefs contre Lui, à moins qu’il l’ignore, ou Le prétende « mort », ce qui est vraiment un blasphème.
Lorsque deux hommes se réconcilient, ils rétablissent la relation antérieure. Mais lorsque Dieu opère la réconciliation avec un pécheur, il l’introduit dans une nouvelle relation fondée sur la mort de Christ. Ce n’est pas notre appréciation de l’œuvre de Christ qui opère la réconciliation, c’est Dieu qui l’apprécie. La foi accepte ce que Dieu fait par son Fils Jésus, en nous ramenant avec Lui, à l’unité, à la paix.
Il ne s’agit pas d’un changement de l’être humain naturel, mais d’une position nouvelle, produite par la réconciliation ; elle nous permet de nous approcher de Dieu, de jouir de son Amour, de Le connaître comme Père, d’être remplis de sa Grâce, d’être d’accord avec Lui. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées, voici toutes choses sont faites nouvelles ; et toutes sont du Dieu qui nous a réconciliés avec lui-même par Christ » (2 Corinthiens 5. 17-18).
Un privilège découle d’une telle relation avec Dieu : « Il nous a donné le service de la réconciliation… mettant en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous supplions pour Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! » (2 Corinthiens 5. 19-20).
L’apôtre conclut, en soulignant tout ce que Dieu a opéré pour que la réconciliation soit possible : « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui » (1 Corinthiens 5. 21). Tel est le message de la réconciliation ; la foi accepte que Christ, non seulement a "porté les péchés", mais, Il a été "fait péché" pour nous, afin que Dieu soit juste, à cause de l’œuvre de Christ, en justifiant et en réconciliant.
L’inimitié (le fait d’être ennemi) de l’être humain contre Dieu est foncière ; mais elle existe parfois d’homme à homme, de frère à frère, d’époux à épouse, d’une race à l’autre, de pauvre à riche, et dans combien d’autres domaines encore. Dans un esprit de grâce et d’humilité, la réconciliation peut s’opérer avec ses frères, dans le couple et dans les relations sociales.
6. Nous sommes sanctifiés en Jésus-Christ :
Mis à part pour Dieu, en Christ
6a. La sanctification de position, aux yeux de Dieu :
Celui qui a saisi par la foi l’œuvre de Jésus-Christ est sanctifié pour Dieu, mis à part pour Lui. « Tous les bien-aimés de Dieu » sont "saints", et sont "appelés", tels qu'ils sont, par l’appel de Dieu » (voir Romains 1. 7). Désormais, Dieu les voit en Christ. Par la volonté de Dieu, « nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes… car, par une seule offrande, Il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Hébreux 10. 10, et 14). D’une part, il y a la volonté de Dieu ; d’autre part, il y a l’offrande du corps de Jésus Christ. La foi seule peut saisir cela. Ceux qui « se tournent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir de Satan à Dieu… reçoivent la rémission des péchés et une part avec ceux qui sont sanctifiés, par la foi en Christ » (Actes 26. 18).
6b. La sanctification pratique
Le croyant n’a pas à devenir saint ; il l’est déjà. Mais il est appelé à le démontrer. L’exhortation d’Éphésiens 5. 3 est fondée sur le fait de se comporter « comme il convient à des saints ». Cette sanctification pratique est progressive. Elle s’opère par la Parole de Dieu reçue chaque jour, aimée et mise en pratique. C’est la prière ultime du Seigneur Jésus pour les siens : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité » (Jean 17. 17). Éphésiens 5. 26 précise que Jésus-Christ sanctifie l’Assemblée « en la purifiant par le lavage d’eau par la parole ». C’est l’œuvre de Dieu en "nous" ; tandis que le Salut, sous ses divers aspects, est l’œuvre de Dieu pour nous.
Parce que nous manquons souvent à cette sanctification pratique, la discipline du Père s’exerce envers nous « pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté » (Hébreux 12. 10). Une telle discipline pour le présent « ne semble pas être un sujet de joie, mais de tristesse ; mais plus tard, elle rend le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle » (Hébreux 12. 11).
Il y a aussi une discipline personnelle : « Purifions-nous "nous-mêmes" de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Corinthiens 7. 1). L’ambiance extérieure ne manque pas d’influencer et la chair et l’esprit. Romains 13. 14 ajoute : « Revêtez le Seigneur Jésus Christ, et ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises ».
1 Corinthiens 9. 24-27 nous exhorte à courir de telle manière que nous remportions le prix. Cela demande, aussi pour le combat, de « vivre de régime en toutes choses ». « Poursuivez la sainteté », dit Hébreux 12. 14, exhortation à laquelle on peut bien ajouter celle de Barnabas à Antioche : « … rester attachés au Seigneur de tout votre cœur » (Actes 11. 23).
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