Quelle est la relation entre la providence et le péché ?
Dieu contrôle le péché sans que la responsabilité morale soit annulée ; Il le fait concourir au plus grand bien, c’est-à-dire la manifestation de sa gloire (voir Genèse 50. 20).
Quelle est la relation entre la providence et le péché ? Nous allons répondre à cette question sous trois angles différents :
1. L’angle général de la relation entre la providence de Dieu et le péché des créatures.
2. Entre la providence de Dieu et les enfants de Dieu
3. Entre la providence de Dieu et les réprouvés.
Regardons dans cet ordre les trois angles.
La Toute‑Puissance de Dieu, sa Sagesse insondable et sa Bonté infinie se manifestent dans sa Providence, de sorte que son conseil déterminé s’étend même jusqu’à la première chute et à toutes les autres actions coupables des anges et des êtres humains. Et cela, non en les permettant seulement, mais, Dieu les tient en bride selon sa très grande Sagesse et Puissance, les ordonne et les gouverne de multiples façons, à ses fins, qui sont très saintes. Cependant, Dieu le fait de manière à ce que le caractère pécheur des actes vienne seulement des créatures, et non de Dieu, qui est très Saint et très Juste, et ne peut ni être l’auteur du péché, ni l’approuver.
Bien sûr, en affirmant l’universalité de la Providence divine, les péchés étaient de fait. Retenons trois choses. Premièrement, la Providence de Dieu s’exerce sur le péché de l’être humain, non pas sur certains péchés, mais, sur tous les péchés de la « première chute » jusqu’à « toutes les autres actions coupables des anges et des hommes ». Deuxièmement, le mal n’arrive pas par une simple permission de Dieu. Ces péchés, Dieu « les permet et les gouverne de multiples façons ». C’est beaucoup plus qu’une permission passive ou une volonté tacite, le bras de Dieu y est entièrement Souverain, mais « à ses fins, qui sont très saintes ». Troisièmement, seules les créatures sont pécheresses, Dieu demeure Saint, Juste et opposé au péché.
Notre logique voudrait que le Dieu Saint, Bon et Tout-Puissant ait empêché le mal d’exister. Mais la logique du seul Dieu Saint, Bon et Tout-Puissant a voulu que le mal existe sans qu’Il en soit l’auteur, et dans le but de manifester sa Gloire. Ainsi, « la Toute‑Puissance de Dieu, sa Sagesse insondable et sa Bonté infinie se manifestent dans sa Providence » non seulement par le bien, mais aussi par le péché. Notre compréhension de la Providence divine doit nous amener à reconnaître, non pas que le mal est bon, mais, bien que ce soit une bonne chose que le mal existe, car Dieu l’a voulu ainsi et l’utilise pour le bien.
Le péché de l'être humain est maudit. Cependant, ce que les êtres humains ont médité en mal, Dieu l’a médité en bien : le péché originel (voir Romains 5. 16), le péché des frères de Joseph (voir Genèse 50. 20) ; la mort de Jésus (voir Actes 2. 23). Le péché n’a rien de bon en lui-même, mais la Puissance, la Bonté et la Sagesse de Dieu sont telles que le péché, tout en étant absolument mal, devient une bonne chose dans le plan de Dieu. Dieu n’est-Il pas digne de toutes les louanges, Lui qui fait de telles merveilles ?
Voici comment Dieu utilise le péché dans la vie de ses enfants : Dans sa très grande Sagesse, sa Justice et sa Grâce, Dieu expose souvent, pour un temps, ses propres enfants à de multiples tentations et aux corruptions de leurs propres cœurs, afin de les châtier pour leurs péchés antérieurs, ou pour leur révéler la force cachée de la corruption et de la tromperie de leur cœur, afin qu’ils en soient humiliés. Le but de Dieu est de les amener à une dépendance plus étroite et constante de Lui et de Son appui. Il les rend plus vigilants face à toutes occasions futures de péché, et pour d’autres objectifs justes et saints. Ainsi, tout ce qui arrive à ses élus leur arrive selon son dessein, pour sa Gloire et leur bien.
Il est important de faire la distinction entre la Colère de Dieu contre le péché, et le châtiment paternel de Dieu. Les Saintes Écritures enseigne qu’il n’y a « aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8. 1) ; tout en enseignant que : « le Seigneur châtie celui qu’Il aime, et Il frappe de la verge tous ceux qu’Il reconnaît pour ses fils » (Hébreux 12. 6). Il y a une différence éternelle entre ces deux réalités. Donc, Dieu utilise la corruption rémanente de ses fils et de ses filles pour faire grandir leur sainteté, leur humilité et leur dépendance envers Lui, leur Père Céleste. Si Ses enfants ne peuvent jamais dire : « Péchons afin que la grâce abonde ! » (Romains 6. 1) ; en revanche, ils s’écrient : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ! » (Romains 8. 28). La providence agit cependant différemment avec le péché de ceux qui n’aiment pas Dieu, et bien qu’elle le fasse concourir à la Gloire du Seigneur, elle le fait concourir à la ruine du pécheur non-repentant.
Quant à ces personnes méchantes et impies que Dieu, le juste Juge, aveugle et endurcit pour leur péché antérieur, non seulement Dieu leur refuse sa Grâce par laquelle elles auraient pu avoir l’intelligence éclairée et le cœur travaillé, mais parfois, Il leur reprend les dons qu’elles avaient et les livre à des réalités que leur corruption transforme en occasions de péché. De plus, Dieu les abandonne à leurs propres convoitises, aux tentations du monde et au pouvoir de Satan, en vertu de quoi, elles s’endurcissent elles‑mêmes, par les mêmes moyens dont Dieu se sert pour en assouplir d’autres.
Dieu utilise l’endurcissement de Ses enfants pour les rendre plus humbles par l’effet de sa Grâce. Mais, pour ceux qui n’ont pas reçu la Grâce de Dieu, leur cœur est endurci par l’effet du péché qui attire sur eux la condamnation. Et bien sûr, cela n’échappe pas à la main providentielle de Dieu selon ce que les Saintes Écritures enseignent d’un bout à l’autre. Voir ces passages bibliques : Exode 8. 15, et 32 ; Deutéronome 2. 30, et 29. 4 ; Psaumes 81. 11-13 ; Ésaïe 6. 9-10 ; Matthieu 13. 11-13 ; Romains 1. 24, 26, et 28 ; 2 Thessaloniciens 2. 10-12. Certains diront : « Dieu n’est-Il pas injuste de blâmer des pécheurs ? » Les Saintes Écritures répondent : « O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d’argile dira-t-il à celui qui l’a formé: Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? » (Romains 9. 20).
Les réprouvés pourraient être vus comme des victimes de la providence de Dieu, si Dieu était tenté par le mal et tentait lui-même les hommes, mais ce n’est pas le cas (voir Jacques 1. 13). N’oublions pas que la main souveraine, en opérant la réprobation, « le fait de manière à ce que le caractère pécheur des actes vienne seulement des créatures et non de Dieu ». Souvenons-nous que la providence divine qui endurcit les êtres humains pour les condamner s’opère « sans faire violence à la volonté de sa créature, et sans que la liberté, la contingence ou les causes secondes soient exclues ». Tremblons devant un tel Dieu ! Implorons sa Miséricorde afin qu’Il ne nous livre pas à notre péché. Même nous qui sommes ses enfants, supplions-Le de nous préserver de notre mauvais cœur.
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