Nous étions spirituellement morts
“Autrefois, vous étiez spirituellement morts… “ (Éphésiens 2. 1).
L’apôtre Paul peut avoir parfois des expressions surprenantes. Ainsi écrit-il aux chrétiens d’Éphèse : “Autrefois, vous étiez morts !” Être mort, à priori, c’est être mort pour toujours. Un nombre de plus en plus grand de nos contemporains considère qu’après la mort, il n’y a rien que le néant. Quand on est mort, on est mort ! Telle est la philosophie la plus partagée de nos jours. Si donc autrefois nous étions morts, pouvons-nous être autre chose ensuite, après et maintenant ? Paul précise : vous étiez mort, spirituellement. Il fait ainsi une sérieuse distinction entre le matériel et le spirituel. Mais avant même de distinguer les deux aspects de la vie humaine, il donne crédit au domaine spirituel. Par ailleurs, on peut être mort dans un des aspects, et vivant dans l’autre. C’est ainsi qu’il faut comprendre ce propos énigmatique de Jésus : “Laisse les morts ensevelir les morts, et toi, suis-Moi !” (Matthieu 8. 22). Mais comment peut-on être mort spirituellement et ainsi devenir fossoyeur d’autres morts ? Paul l’explique : “Vous étiez morts à cause de vos fautes et de vos péchés”. Ce qui tue spirituellement l’être humain, c’est son attitude complaisante et accueillante à l’égard du péché. Commettre le péché, c’est décider de ne pas se mettre au diapason de Dieu en refusant Ses préceptes et Ses conseils. On ne pèche pas involontairement. Il y a un choix toujours redoutable, et une part de responsabilité : suivre les ordres de Dieu ou non ; décider ou non de Son chemin. Il y a une attitude qui peut nous éloigner de Dieu en nous maintenant sur le chemin de l’erreur. La mort spirituelle est ce que nous héritons par cette décision. Mais Paul signale que de cette mort-là, nous pouvons nous relever et nous remettre : Car “alors que nous étions morts spirituellement, Il nous a fait revivre avec le Christ” (Éphésiens 2. 5). Cette perspective est à saisir. Qu’en est-il pour vous ?
“A cause de vos fautes et à cause de vos péchés“ (Éphésiens 2. 1).
Lorsque Paul signale aux Éphésiens qu’ils étaient autrefois spirituellement morts, il précise la cause de cette mortalité : vos fautes, vos péchés ! Certaines traductions de ce verset peuvent laisser entendre que les deux termes (fautes et péchés) sont des synonymes. Or, selon le grec original, il n’en est rien. Paul parle, d’une part, des fautes que tout humain est capable de commettre, surtout face aux consignes et aux commandements divins. De la même façon que tout conducteur, même bon, transgresse plus ou moins régulièrement le code de la route, tout être humain commet des erreurs et s’égare face aux lois de Dieu. Les dix commandements ne sont pas tous faciles à respecter. Ces fautes nous éloignent de Dieu jusqu’à ne plus avoir la vie qu’Il nous offre pourtant. Mais Paul évoque aussi, d’autre part, les péchés, ou plus exactement la nature pécheresse. Entendez par là ce qui s’est introduit dans l’ADN de l’homme, non pas créé à l’image de Dieu, mais abîmé depuis le Jardin d’Éden et la transgression du premier couple. En écoutant et en donnant crédit à une autre voix qu’à celle de Dieu, Ève et Adam se sont coupés de la vie. Dieu avait dit :” Si vous mangez de ce fruit, vous mourrez !” Le diable est venu contredire Dieu en la disant à la femme : “Vous ne mourrez pas !” Mais, Satan jouait sur les mots. La mort qui suit la désobéissance n’est pas physique et subite ; c’est la fin de la vie spirituelle, celle que donnait le souffle de Dieu à l’homme d’argile, et qui faisait de lui une âme vivante. Dès lors, l’humanité tout entière porte en elle l’empreinte de cette nature devenue pécheresse, pervertie dès l’origine, polluée par le mensonge qui veut nuire à la Vérité. Si donc nous sommes morts à cause de nos fautes et de notre nature pécheresse, nous sommes autant morts par nos actions quotidiennes qui demeurent un écho de la faute originelle, que par notre hérédité adamique. Quelle mort implacable ! Maudit soit le Diable ! Mais, Gloire à Dieu qui nous a ramenés de la mort à la vie, par Jésus-Christ !
“Nous étions morts, nous aussi.” (Éphésiens 2. 3).
Les Éphésiens, devenus enfants de Dieu par le moyen de la foi en Jésus, auxquels Paul s’adresse, n’étaient pas des juifs, mais autrefois, des païens, ou plus exactement, des personnes qui adoraient d’autres dieux au lieu de Celui annoncé par l'apôtre Paul lui-même. Or, même s’ils étaient spirituellement attachés à des divinités honorées par les populations environnantes, l'apôtre Paul ne dit pas que c’est bien, ou, c'est suffisant d’avoir la foi et de croire, laissant entendre que toutes les religiosités se valent et se respectent. Aujourd’hui, une certaine forme de laïcité prétend qu’il est possible de croire toute sorte de choses ou de dieux, pourvu que l’ordre public n’en soit pas affecté. l'apôtre Paul ne cautionne pas les diverses expressions de foi au nom d’un inter-religieux acceptable et respectable. Les Éphésiens sont désignés comme étant “spirituellement morts”. Or, le même apôtre, juif pointilleux et religieux, pharisien et légaliste, signale qu’il en était de même pour lui : “Nous tous, (sous-entendu les bons juifs jusqu’ici attachés à la Torah), nous étions comme vous ; nous vivions selon les désirs de notre propre nature. À cause de notre nature, nous étions destinés à subir le jugement de Dieu” (Éphésiens 2. 3). L'apôtre Paul ne prétend pas que, issu du judaïsme pieux et jusqu’alors attentif à la Loi, il était un peu moins païen que les Éphésiens qui adorent des divinités de l’Olympe ou de Rome. Il ne dit pas que son ancienne culture, voire religion, avait quelques valeurs, et qu’il n’était pas associé, de ce fait, au sort des idolâtres. L'apôtre Paul atteste qu’Il était dans le même état de péché que l’ensemble de l’humanité avant la révélation de Dieu en Jésus-Christ. Parfois, nous avons tendance à penser qu’avant la connaissance de Jésus-Christ, nous n’étions pas si mauvais que cela, en tout cas moins mauvais que certains autres. Cette pensée est encore de l’orgueil dont nous devons nous guérir. Puisque l'apôtre Paul, l’ancien juif rigoureux, voire radical, signale avec une certaine tristesse : “Nous étions spirituellement morts, nous aussi, à cause de nos fautes” (Ephésiens 2. 5).
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