Pour obtenir le pardon total de nos péchés (1)
Sous l’Ancienne Alliance, les êtres humains sont sauvés sur la même base que sous la Nouvelle Alliance, à savoir par la mort expiatoire de Jésus-Christ pour des pécheurs. Le système complexe et lourd du judaïsme avec ses nombreux sacrifices n’est pas une course d’obstacles à franchir en vue d’être sauvé, mais une illustration de l’œuvre rédemptrice que Jésus accomplirait sur la croix.
Dans l’Ancien Testament, on obtenait la vie éternelle comme aujourd’hui, par la foi en Dieu. Quand les Israélites reconnaissaient leur incapacité à garder la sainte loi de Dieu, ils allaient au Temple faire une offrande pour leur péché, ou ils participaient par la foi aux sacrifices quotidiens et à celui du « Jour du Grand Pardon », et ils criaient à Dieu dans leur cœur pour obtenir sa miséricorde et recevoir son pardon (Psaumes 32. 1-2 ; Ésaïe 55. 6-7 ; Michée 7. 18-19 ; Luc 18. 13-14).
Tous ceux qui sont sauvés ont été élus de toute éternité (Apocalypse 13. 8), et doivent leur Salut au Christ et à sa mort sur la croix. Dans l’Ancien Testament, les croyants étaient au bénéfice de ce parfait sacrifice de Jésus par anticipation ; alors que depuis la Venue de Jésus, les croyants regardent avec foi à son sacrifice qui a déjà eu lieu.
Depuis le début de l’humanité, le juste selon Dieu, est, et a toujours été celui qui a une relation vivante et personnelle avec Dieu par la foi (Habakuk 2. 4 ; Romains 1. 17), si bien qu’aucun sacrifice, aucune confession, aucun rite, ni aucune observance de la Loi, à n’importe quelle époque, ne peut mériter le statut de juste devant Dieu, ni permettre d’éviter son juste Jugement contre les pécheurs (Romains 4. 1-24 ; Hébreux 9. 11-15).
Seule la mort expiatoire du Christ, du Messie, pouvait satisfaire la Justice de Dieu, et sauver les pécheurs de sa Colère (2 Corinthiens 5. 21 ; 1 Pierre 1. 18-19). Et parce que la vie parfaite de Jésus-Christ est imputée aux croyants, ils jouissent de la faveur de Dieu. Pourtant, même le disciple de Jésus le plus consacré commet encore des fautes qu’il doit reconnaître et avouer, afin d’être pardonné et d'être rétabli dans sa communion avec le Seigneur Dieu.
Le pardon a deux aspects : l’aspect judiciaire qui a été réglé une fois pour toutes sur la croix, et l’aspect pratique qui a trait à la vie quotidienne du croyant. Jésus illustre ces deux aspects du pardon quand il lave la poussière des pieds de ses apôtres. Dans son évangile, Jean rapporte qu’à cette occasion, Pierre qui est tout à fait conscient de ses péchés, dit à Jésus : "Ne me lave pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête" (Jean 13. 9). Mais Jésus refusa et lui répondit : "Celui qui s’est baigné est entièrement pur, il lui suffit de se laver les pieds. Or vous, vous êtes purs…" (Jean 13. 9-10).
Par ces paroles, Jésus fait une distinction entre le bain et le dépoussiérage. Le bain qui lave tout est l’aspect judiciaire, où sur la base du sacrifice du Christ, Dieu déclare juste à tout jamais le pécheur repentant (Actes 13. 39 ; Romains 3. 22, 24 ; Romains 4. 6-8 ; Romains 5. 1 ; Galates 2. 16). Le lavage des pieds par contre, représente le pardon quotidien, ou encore la sanctification, c’est-à-dire le processus qui consiste à devenir de plus en plus juste et conforme à Jésus.
Bien que les croyants soient justifiés une fois pour toutes, ils ne sont pas affranchis, ni de la puissance, ni de la présence du péché dans leur vie. Dans son épître aux Romains et aux Galates, l’apôtre Paul exprime cette réalité dans sa propre vie quand il écrit : "Je ne comprends pas ce que je fais : je ne fais pas ce que je veux, et c’est ce que je déteste que je fais. Et si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la Loi est bonne. En réalité, ce n’est plus moi qui le fais, mais, c’est le péché qui habite en moi. Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ce que je suis par nature. Vouloir le bien est à ma portée, mais non l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas, je le commets. Si donc je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais mais c’est le péché qui habite en moi" (Romains 7. 15-20 ; version Semaur).
"Car la chair a des désirs contraires à l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à la chair ; ils sont opposés l’un à l’autre, afin que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez" (Galates 5. 17).
Cependant, quand le croyant en Jésus commet une faute, il doit la reconnaître, non pas face à un juge, mais devant Dieu leur Père céleste ; c’est ce qui correspond au lavage des pieds que le Seigneur a opéré.
La repentance, qui est la reconnaissance de ses fautes et la volonté de changer, accompagnent toujours la foi qui sauve (voir Actes 2. 38 ; Actes 3. 19 ; Actes 11. 18 ; 2 Corinthiens 7. 10 ; 2 Timothée 2. 25). Mais, la repentance est aussi un élément essentiel de la marche dans la lumière d’un enfant de Dieu (2 Corinthiens 7. 1). Le véritable croyant est déjà pardonné, mais il accepte aussi que le Saint-Esprit lui révèle le péché hideux qui est encore dans sa vie, puis il l’avoue et s’en détourne. C’est en agissant ainsi qu’il reste en communion avec Dieu son Père.
"Si nous marchons dans la lumière, tout comme Dieu Lui-même est dans la lumière, alors, nous sommes mutuellement en communion. Et, parce que Jésus, son Fils, a versé son sang, nous sommes purifiés de tout péché" (1 Jean 1. 7).
La Lumière est la réalité fondamentale que partagent Dieu et le croyant qui marche avec Lui. Quand un pécheur est déclaré juste par Dieu, son statut pénal ou judiciaire est inversé, car, il n’est plus condamné (Jean 3. 18). Dès lors, s’il accepte de se soumettre au Saint-Esprit qui lui a été donné, il marche dans la lumière et modifie ses comportements pour devenir juste dans ses actions dans tous les domaines de sa vie.
Dans le Nouveau Testament et en particulier dans les épîtres de l'apôtre Paul, le verbe « marcher » est utilisé pour décrire la sanctification du croyant, c’est-à-dire sa vie avec Dieu. Comme Jean conjugue ce verbe au présent de l’indicatif, il exprime une action continue. On pourrait donc traduire : « Si nous continuons à marcher dans la lumière […] nous sommes mutuellement en communion ». Le « si » montre que cette action n’est pas automatique ; seuls les fidèles qui choisissent de marcher dans la lumière sont en communion avec Dieu.
Quand le croyant en Jésus est ouvert à la lumière de la vérité divine qui le scrute et balaie tous les recoins de son âme, ses fautes sont sous la puissance purificatrice du sang que Jésus a versé. On pourrait dire qu’il a continuellement les pieds lavés, débarrassés de toute souillure. Seulement, si on lave bien ses pieds avec de l’eau, seul le sang de Jésus peut purifier l’âme.
Dans le Nouveau Testament, le mot « sang » est souvent utilisé pour signifier le sacrifice de Jésus sur la croix (Actes 20. 28 ; Romains 3. 25 ; et 5. 9 ; Éphésiens 1. 7 ; Hébreux 9. 12 ; et 10. 19), par lequel Il nous a délivrés de nos péchés par son sang (Apocalypse 1. 5 ; Colossiens 1. 20 ; Apocalypse 5. 9).
Cependantp, ce n’est pas parce qu’un croyant marche dans la lumière, en communion avec Dieu, qu’il n’a plus de problème avec le péché. Toute sa vie, il aura à le combattre du fait qu’il traîne toujours avec lui comme un boulet cette nature pécheresse qu’il a héritée d’Adam, son ancêtre.
"Si nous prétendons que nous n’avons pas le péché en nous, nous vivons dans l’illusion, et la vérité n’habite pas en nous" (1 Jean 1. 8).
L’expression « avoir le péché » est rare et n’est utilisée que par l'apôtre Jean (Jean 9. 41 ; Jean 15. 22 et 24 ; Jean 19. 11). Elle a un sens plus fort que commettre des péchés qui ne sont que les manifestations du principe du mal qui habite en chaque être humain.
Précédemment, l'apôtre Jean a fait allusion à un groupe de menteurs qui prétendent être en communion avec Dieu alors qu’ils marchent dans les ténèbres, c’est-à-dire, vivent dans le péché de façon habituelle.
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