Souffrir pour Jésus en ayant déjà la victoire finale
Selon la Bible du Semeur, l'apôtre Paul a écrit l’épître aux Romains dans le but de régler des problèmes relationnels entre les croyants juifs et non-juifs de Rome.
Les chapitres 1 à 4 exposent la doctrine de la justification par la foi afin de prouver que tous, juifs et non-juifs, sont pécheurs, et ont besoin du salut en Jésus-Christ. Les chapitres 5 à 8 décrivent les responsabilités de celui qui a été justifié par la grâce seule, au moyen de la foi en Jésus, ainsi que les privilèges, à savoir la paix avec Dieu (chapitre 4), la vie éternelle (chapitre 5), la mort pour le péché (chapitre 6), la mort à la loi (chapitre 7), et la vie par le Saint-Esprit (chapitre 8).
Au chapitre 5, alors qu’il décrit les conséquences de notre justification, l'apôtre Paul souligne que la vie d’un enfant de Dieu n’est pas exempte de souffrances. Mais, il peut se réjouir et espérer au sein même de la tribulation, car celle-ci le prépare à la Gloire éternelle.
Le chemin de la Gloire passe par la souffrance (Romains 5. 1-4) :
Si pour le monde, la souffrance est cause de tristesse et de désespoir, pour le chrétien, il en est autrement ; car elle devient un sujet de fierté. Cela ne signifie pas que la souffrance est vue comme quelque chose d’agréable ou de désirable ; et ne le dispense pas des larmes et des lamentations. Néanmoins, le chrétien peut se réjouir et se glorifier en dépit de ses afflictions, car il a la certitude qu’elles le préparent à la Gloire. Il y discerne un moyen que Dieu son Père Céleste utilise pour réaliser son dessein. Car, si Jésus Lui-même a dû souffrir pour entrer dans la Gloire, il ne peut en être autrement pour ses disciples.
L'apôtre Paul parle de trois étapes qui permettent de passer de la détresse à l’espérance de la Gloire :
– En premier lieu, la détresse produit la persévérance, dans la mesure où, c’est seulement dans la souffrance que nous apprenons à persévérer. Si la détresse est une réalité négative à l’origine de souffrances pour le croyant, le fait de l’accepter par la foi comme faisant partie intégrante du plan de Dieu aidera le croyant en Jésus à ne pas s’y soustraire, à ne pas se révolter, mais à y voir un moyen par lequel Dieu son Père céleste l’éduque. Ainsi, la persévérance même qui nous est nécessaire dans la souffrance est produite par la patience.
– Puis, la persévérance conduit à la victoire dans l’épreuve. Le terme grec utilisé désigne la qualité de ce qui a été testé et qui est sorti victorieux de l’épreuve. Par conséquent, les afflictions supportées avec persévérance manifestent la qualité de la foi du croyant, c’est-à-dire une foi réelle et solide qui a été purifiée comme l’or ou l’argent sortant du creuset.
– Enfin, la victoire dans l’épreuve nourrit l’espérance, c’est-à-dire la certitude de la Gloire à venir. Ainsi, la foi éprouvée, résultat de la persévérance dans l’épreuve, ranime l’espérance dans le cœur d'un enfant de Dieu. En effet, le fait que le chrétien tienne ferme dans l’épreuve prouve que Dieu est à l’œuvre dans sa vie. Il peut avoir l’assurance que le Seigneur Jésus le soutiendra jusqu’à la fin. De ce fait, loin d’être une cause d’abattement et de désespoir, l’épreuve favorise au contraire notre espérance d’avoir part à la Gloire de Dieu. C’est la raison pour laquelle, nous pouvons être fiers dans l’affliction.
L’assurance de notre victoire est fondée sur l’Amour de Dieu (Voir Romains 5. 6-11) :
L’apôtre Paul affirme que notre espérance ne risque pas d’être déçue en ce sens qu’elle s’accomplira de manière sûre. Elle ne peut pas nous tromper, car elle a comme fondement l’Amour de Dieu pour nous. Paul parle ici de l’Amour que Dieu éprouve pour nous, et qui a été démontré par la mort de Christ à la croix, et non de notre amour pour Dieu. En effet, c’est le thème de l’Amour dont Dieu nous aime que l’apôtre développe par la suite. Cet Amour n’est ni subjectif, ni mystique, mais il se manifeste de manière objective par un fait historique, la croix. La réalité de cet Amour a été démontrée en ce que Jésus-Christ est mort, non pour des hommes justes ou pour des hommes de bien, mais pour des pécheurs, pour des ennemis de Dieu, « des êtres sans attrait, sans valeur, sans mérites ».
C’est le Saint-Esprit qui répand l’Amour de Dieu dans notre cœur afin que nous puissions en être conscients. Dans la pensée hébraïque, le cœur est non seulement le siège des émotions, mais aussi de la pensée et de l’intelligence. Il ne s’agit donc pas d’une illusion subjective. Ce que l'apôtre Paul veut dire, c’est que, sous l’action du Saint-Esprit, nous croyons le fait historique et y voyons une preuve de l’Amour de Dieu pour nous. Ainsi, comme l’affirme Sylvain Romerowski, le Saint-Esprit fait vibrer notre cœur en réponse à l’Amour de Dieu.
Nous puisons dans cet Amour la certitude que Dieu nous conduira à la Gloire malgré les tribulations qui nous frappent. De la certitude de cet Amour découle la certitude de notre espérance. Elle nous donne une conviction ferme et inébranlable de notre Salut. La raison pour laquelle notre espérance ne peut ni nous décevoir, ni nous tromper, c’est qu’elle a un fondement solide. Car « si Dieu a accompli pour ses ennemis ce qui lui en coûtait le plus en offrant son Fils Jésus en sacrifice sur la croix, il accomplira sans nul doute ce qui Lui en coûte pour les sauver de sa Colère au jour du Jugement ; maintenant que, en Jésus-Christ, ceux qui étaient autrefois des ennemis de Dieu et qui se sont repentis de leur péché en croyant en Jésus-Christ, sont devenus ses amis ».
Nous en concluons que la vraie motivation de notre persévérance au sein de la détresse, c’est l’assurance de l’Amour de Dieu à notre égard, un Amour inébranlable qui ne nous abandonnera jamais. « L'Amour de Dieu est la source de toute certitude et de toute espérance chez le véritable croyant en Jésus-Christ ». AMEN !
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