(2) Comment peut-on accomplir de bonnes œuvres par le Saint-Esprit ?
Par le Saint-Esprit de Dieu, le chrétien né de nouveau est une nouvelle créature qui a reçu une capacité nouvelle pour obéir à Dieu, et pratiquer des œuvres qui lui sont agréables. (Voir Philippiens 2. 12-13).
Nous tenterons de définir la capacité du chrétien pour faire des œuvres bonnes, la nature de cette capacité ainsi que sa limite. Après avoir défini, dans l'article précédent, ce que sont les bonnes œuvres et ce qu’elles font, nous poursuivons avec la capacité des croyants d’accomplir de telles œuvres. Comment un être humain qui pèche encore peut-il accomplir de bonnes œuvres ?
La capacité pour les non-croyants de faire des œuvres bonnes ne vient pas d’eux-mêmes, mais entièrement de l’Esprit Saint de Christ qui a mis dans leur conscience la notion du bien. Pour qu'un être humain soit capable d'accomplir de bonnes œuvres pour Dieu, il lui faut, en plus des grâces qu’il a déjà reçues, une influence effective du Saint-Esprit, opérant en lui le vouloir et le faire selon son bon plaisir.
Ce n’est pas à la simple volonté humaine qu’il faut attribuer la capacité de faire des œuvres bonnes. La volonté de l'être humain est asservie au péché, et que depuis la chute, « l’être humain a totalement perdu toute capacité de vouloir un quelconque bien spirituel en vue du salut » (Romains 5. 6 ; 8. 7). La nature humaine déchue ne peut aucunement produire des œuvres bonnes.
Cependant, il y a un danger de se réfugier derrière la doctrine de la dépravation totale de l'être humain pour prétexter l’inutilité de tout effort humain, et que nos œuvres ne plaisent point à Dieu. C’est contre un tel raisonnement que nous rappelons que si la nature humaine déchue ne peut pas pratiquer de bonnes œuvres, il en va autrement de la nature humaine régénérée. L’Écriture affirme à la fois notre incapacité propre et notre nouvelle capacité spirituelle qui ne se trouve qu'en Jésus-Christ : Jésus dit : "Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez pas non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire" (Jean 15. 4-5).
Dans le reste du passage, il est question de porter beaucoup de fruits afin que le Père soit glorifié, autrement dit de pratiquer des œuvres bonnes d’obéissance à Dieu. Jésus nous indique que cela est impossible sans Lui, tout comme il est impossible au sarment de produire des raisins s’il est coupé de la vigne. Nous pourrions aussi dire, inversement, qu’il est impossible d’être uni au Christ sans porter du fruit.
Ainsi, les bonnes œuvres viennent de l’union et de la communion avec Jésus-Christ. Elles sont produites par le Saint-Esprit dans le processus de sanctification qui a pour but de nous rendre semblables au Fils de Dieu (Romains 8. 29). L’apôtre Paul affirme bien que par nous-mêmes nous ne pouvons rien, mais il n’en reste pas là, puisque Dieu nous a donné une capacité nouvelle qui nous permet de le servir (2 Corinthiens 3. 5). Ailleurs, il déclare qu’il « travaille, en combattant avec sa force qui agit puissamment en moi » (Colossiens 1. 29).
Ce concept de « la force de Dieu en nous » est souvent mal compris par les chrétiens qui, craignant d’agir par leurs propres forces, n’entreprennent pas une bonne œuvre à moins d’être certains de l’accomplir par la force de Dieu. Le chrétien serait parfois mu par Dieu, parfois mu par lui-même, et ainsi l’art de la vie chrétienne consisterait à apprendre à ne plus agir par nos propres forces, mais à dépendre entièrement de la force divine. Des chrétiens refusent parfois de pratiquer une bonne œuvre parce que Dieu ne les a pas poussés à le faire, et s’y engager reviendrait à faire une œuvre par nos propres forces, c’est-à-dire une œuvre de la chair.
Nous ne devons néanmoins pas devenir négligents, comme si nous ne sommes pas sous l’obligation de s’acquitter d’aucun devoir sans une impulsion spéciale de l’Esprit Saint ; nous devons au contraire s’appliquer à mettre en œuvre la grâce de Dieu qui est en nous.
L’impulsion du Saint-Esprit de Dieu pour nous rendre capables de toute bonne œuvre est une capacité permanente pour tous ceux qui ont été régénérés. Le vouloir et le faire selon le bon plaisir de Dieu (Philippiens 2. 13), est la disposition fondamentale et définitive de tout enfant de Dieu. Ce n’est pas à dire qu’un chrétien n’a plus aucune difficulté pour obéir, ou qu’il n’a jamais besoin d’un secours ponctuel du Seigneur Jésus pour agir en lui (Hébreux 13. 21). Cependant, le commandement biblique d’obéir à Dieu et de pratiquer ce qui lui est agréable ne dépend pas d’une impulsion spéciale, mais de la régénération initiale.
Le chrétien n’est pas simplement quelqu’un qui s’efforce d’être une « bonne personne ». Il n’est pas non plus un homme ordinaire comme les autres, sauf quand, momentanément, le Saint-Esprit agit en lui. Le chrétien est une nouvelle créature (2 Corinthiens 5. 17), il est esclave de la justice (Romains 6. 18), il prend plaisir à la loi de Dieu dans son for intérieur (Romains 7. 22), ayant connu l’Amour de Dieu, il aime (1 Jean 4. 7), il est parfaitement accompli pour toute bonne œuvre (2 Timothée 3. 17). Ainsi décrit, le chrétien semble atteindre les standards de perfection exigés par Dieu (Matthieu 5. 48), à croire qu’avec un petit effort supplémentaire, il pourrait même les dépasser. C’est bien ce qu’on cru de nombreux chrétiens dans l’histoire. C’est pourquoi la confession s’empresse ensuite de rappeler la limite de notre capacité :
Ceux qui, par leur obéissance, s’élèvent le plus haut possible en cette vie, sont très loin d’être capables de faire des œuvres supplémentaires et d’accomplir plus que Dieu n’exige, puisqu’il s’en faut de beaucoup pour qu’ils fassent ce à quoi ils sont tenus par devoir.
L’obéissance évangélique, c’est-à-dire l’obéissance qui découle de l’Évangile, demeure imparfaite. S’il est vrai que l’on puisse atteindre la maturité chrétienne (1 Corinthiens 14. 20, Colossiens 4. 12), il est absurde de croire que l’on puisse produire des œuvres supplémentaires qui iraient au-delà de notre devoir (voir Luc 17. 10). Cette doctrine romaine de faire au delà de ce que nous devons faire, souffre à la fois d’une vision rétrécie de la Justice de Dieu et d’une surévaluation des capacités de l’être humain. De plus, si l’on peut faire plus, ou mieux que ce que Dieu a révélé et exigé, cela implique qu’il y aurait un standard plus élevé que l’Écriture sainte.
Seules les Saintes Écritures nous révèle tout ce que nous devons connaitre au sujet de la volonté de Dieu, et elle seule nous montre comment nous pouvons l’accomplir. La Parole de Dieu nous apprend que nos œuvres les meilleures sont insuffisantes, et ne nous permettront jamais de nous passer de la Grâce de Dieu. C’est par l’abondance de cette grâce que non seulement nous avons été pardonnés de nos mauvaises œuvres, mais aussi que nous produisons à présent de bonnes œuvres.
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