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L'Évangile est une puissance de Dieu pour le Salut de quiconque croit (Romains 1. 16)

Que reste-t-il du libre arbitre de l’être humain après la chute ?

7 Novembre 2024 Publié dans #Divers

Après la chute, l’être humain est devenu incapable de ne pas pécher, et il est incapable de revenir à Dieu de par lui-même. Jésus dit : "Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire" (voir Jean 6. 44).

Nous arrivons au cœur du litige concernant le libre arbitre : l’être humain déchu a-t-il toujours un libre arbitre ? La réponse est très certainement oui : l’être humain, même après la chute, agit toujours en exerçant lui-même sa volonté. Il n’est pas contrôlé par une force cosmique, ou un autre pouvoir que sa propre volonté déchue. Cependant, l’être humain a perdu une immense partie de sa liberté originelle en péchant. Avant la chute, Adam était capable de ne pas pécher ; et capable de pécher. Après la chute, Adam est devenu incapable de ne pas pécher. La volonté de l’être humain n’est plus dans son état originel, elle a perdu sa capacité d’obéissance à Dieu ; elle est dorénavant dépravée et sans force (Voir Romains 5. 6). Chaque fois que l’être humain pèche, il le fait volontairement ; cependant il est incapable de ne pas pécher, car l'être humain pécheur est esclave du péché. Cet esclavage se situe au cœur de sa volonté déchue et fait en sorte que l’être humain naturel ne veut pas et ne peut pas de lui-même revenir à Dieu.

Par sa chute dans un état de péché, l’être humain a totalement perdu toute capacité de vouloir un quelconque bien spirituel en vue du salut ; de sorte que l’être humain naturel est complètement opposé à ce bien. Et, puisqu’il est mort dans le péché, il est incapable par ses propres forces de se convertir, ou de s’y préparer.

"Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies... Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous" (Romains 5. 6, 8).

Le Seigneur Jésus déclare que tout pécheur est esclave du péché, et est incapable de venir à Dieu à moins d’être affranchi par Jésus le Fils de Dieu (voir Jean 6. 64-65, Jean 8. 34-37). L’apôtre Paul affirme qu’il est impossible pour l’être humain dans sa condition pécheresse de se soumettre à Dieu, de l’aimer et même de croire l’Évangile (Romains 8. 6-7 ; 1 Corinthiens 1. 18 et 2. 14 ; Éphésiens 2. 1 et 4. 18). Il est donc impossible que le salut de l’être humain soit causé par son libre arbitre. Nulle part, les Saintes Écritures n’attribuent à la volonté de l’être humain sa conversion à Dieu. La Parole de Dieu déclare même expressément le contraire : "À tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu" (Jean 1. 12-13).

Luther décrit l’arbitre du pécheur comme une capacité qui est asservie, et non plus libre ; il ne l’appelle plus un libre arbitre, mais un serf arbitre. Il faut cependant garder en tête que même sous cet état de servitude au péché, la volonté (l’arbitre) de l’être humain est sous son pouvoir. Le péché n’est pas une puissance qui exerce une contrainte, qui contraindrait l’être humain à faire ce qu’il ne voudrait pas, de telle sorte que la volonté humaine serait une victime du péché. L’être humain est entièrement volontaire en péchant ; autrement dit, son incapacité à ne pas pécher ne signifie pas qu’il pèche sans le vouloir, ou contre sa volonté.

Ceux qui défendent le salut et la conversion par le libre arbitre font généralement valoir qu’une exigence divine implique nécessairement une capacité humaine. Si Dieu appelle tous les êtres humains à la repentance (voir Actes 17. 30), ceux-ci doivent avoir la capacité de reconnaître leur péché, de l’haïr, et de revenir à Dieu dans la foi, autrement, Dieu serait cruel de condamner l’être humain pour quelque chose qu’il est incapable de faire. La réponse à cet argument est double : d’une part, Dieu a créé l’être humain avec la capacité de ne pas pécher ; la perte de cette capacité n’oblige aucunement Dieu à rajuster ses exigences (Romains 3. 3-8). Deuxièmement, l’incapacité de l’être humain est une incapacité coupable, puisqu’elle vient de sa volonté : non seulement, l'être humain pécheur ne peut pas revenir à Dieu, mais il ne veut pas (Romains 3. 11 ; Éphésiens 2. 3).

L’explication est bien simple : Dieu donne ce qu’il ordonne. La repentance et la foi sont non seulement des commandements de Dieu (voir Marc 1. 14-15), mais elles sont un don de sa grâce (Éphésiens 2. 8 ; 2 Timothée 2. 25). Ce don est accordé à tous ceux qui sont destinés à la vie éternelle (Actes 13. 48), et que Dieu appelle efficacement par le moyen de la prédication de l’Évangile (Romains 10. 14-17 ; 1 Corinthiens 1. 21). Ce don n’est accordé qu’aux brebis choisies par le Seigneur Jésus (Jean 10. 26-29), et ne se fait pas contre la volonté des appelés, mais au travers de celle-ci (Philippiens 2. 13).

’il n’y a aucune action morale qui soit exempte du péché (voir Ésaïe 64. 5 ; Jérémie 13. 23, et 17. 9). De plus, il faut distinguer entre le bien selon un standard de justice civile et le bien selon le standard de la Loi morale de Dieu. L’homme dépravé atteint le premier (voir Matthieu 7. 11 ; Romains 13. 3), mais aucun pécheur ne peut atteindre le second (voir Matthieu 19. 16-26 ; Romains 3. 10-12).

Citons un dernier aspect du l’arbitre de l’être humain : la liberté des enfants de Dieu. La régénération restaura-t-elle la liberté de l'être humain comme avant la chute ? Qu'en sera t-il de la liberté de l’être humain dans l’état de grâce et de la liberté de l’être humain dans l’état de gloire ?

- Quand Dieu convertit un pécheur et l’introduit dans l’état de grâce, il le libère de son naturel esclavage du péché (Colossiens 1. 13 ; Jean 8. 34, 36) et, par sa seule grâce, Il le rend apte à vouloir et à faire, librement, ce qui est spirituellement bon (Philippiens 2. 13 ; Romains 6. 18, 22). Néanmoins, à cause de ce qui reste en lui de corruption (à cause de la chair), le pécheur converti ne veut, ni parfaitement, ni seulement, le bien, mais il veut aussi ce qui est mal (Galates 5. 17 ; Romains 7. versets 15, 18-19, 21, 23).
- La volonté de l’être humain ne sera rendue parfaite et immuablement libre de faire le bien seul que dans l’état de gloire au Ciel
(Éphésiens 4. 13 ; Hébreux 12. 23 ; 1 Jean 3. 2 ; Jude 24).

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