Distinguer la vraie sanctification des simples efforts charnels de l’homme
Les Saintes Écritures déclarent bien que : « les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi » (Romains 2. 14). La Loi morale de Dieu est la Loi naturelle inscrite dans la conscience de tous les êtres humains (Romains 2. 15). La chute n’a pas effacé ce témoignage, ni tout désir de s’y conformer. Le problème avec le païen vertueux est qu’il ne voit pas l’ampleur de la gravité de son péché. Il croit que tout va bien pour lui puisqu’il s’efforce de faire le bien, mais il se trompe lui-même en croyant que sa bonne conduite couvre son idolâtrie, ses mauvaises pensées, ses paroles et ses actions. Ses bonnes œuvres ne peuvent être agréées de Dieu, puisque si bonnes soient-elles, elles sont toutes entachées de la corruption d’un cœur qui ne connaît pas Dieu (Esaïe 64. 6).
Le pécheur régénéré (né de nouveau), quant à lui, est premièrement conscient de sa misère spirituelle et, ne s’appuyant pas sur sa vertu, mais confessant son péché, il hérite du Royaume de Dieu (Matthieu 5. 3). La grande différence entre un chrétien sanctifié et un païen vertueux n’est pas d’abord les œuvres pratiquées, mais la disposition du cœur face à Dieu et face sa Loi. Le chrétien ne poursuit pas la vertu comme une fin en soi, mais son objectif suprême dans ses actions est la Gloire de Dieu (1 Corinthiens 10. 31). Ce qu’il veut par-dessus tout ce n’est pas une bonne vie ou une bonne santé, mais c’est plaire à son Seigneur Jésus (2 Timothée 2. 4b).
La sanctification chrétienne ne procède donc pas simplement de la volonté et de la discipline de l'être humain, mais elle vient de la connaissance de Dieu, et de l’Amour pour Jésus, notre Sauveur et notre Roi, que le Saint-Esprit déverse dans le cœur de chaque enfant de Dieu (Romains 5. 5 ; Colossiens 1. 10). Des personnes sont transformées « au moyen de la connaissance de Dieu, Celui qui nous a appelés », et ils ont reçu de sa divine puissance « tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (2 Pierre 1. 3). Voilà ce que signifie être « participants de la nature divine » (2 Pierre 1. 4). La vertu chrétienne vient donc d’une connaissance et d’une communion avec Dieu : « Puisque celui qui vous a appelés est Saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit : Vous serez saints, car je suis saint » (1 Pierre 1. 15-16).
« Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de Celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise. A cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ » (2 Pierre 1. 3-8).
Il est aussi important de souligner que la sanctification ne se fait pas sans effort de notre part. S’il est vrai qu’elle ne procède pas de notre volonté, il est faux de dire qu’elle n’implique pas notre volonté. Il ne faut donc pas concevoir la sanctification comme une transformation passive qui se fait magiquement en nous par le Saint-Esprit. Après avoir indiqué la nature et l’origine de la sanctification par la connaissance de Dieu, l’apôtre Pierre ajoute : « faites tous vos efforts… ». La sanctification définitive (2 Pierre 1. 3-4) doit donc être complétée par la sanctification progressive (2 Pierre 1. 5-8) et celle-ci implique l’exercice de notre volonté régénérée.
À vues humaines, il peut ne pas toujours y avoir une si grande différence entre une mère païenne et une mère chrétienne qui cherche à bien élever ses enfants et qui s’efforce de prendre soin de son foyer. Extérieurement nous ne percevons pas toujours la différence entre l’ouvrier païen et l’ouvrier chrétien qui font honnêtement leur travail en exerçant du mieux qu’ils peuvent leur capacité et leur volonté. Il y a pourtant une grande différence entre leur objectif, entre la nature de leur volonté et entre la valeur de ce qu’ils font aux yeux de Dieu. L’Écriture déclare dans Tite 1. 15 : « Tout est pur pour ceux qui sont purs ; mais rien n’est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules ; leur intelligence et leur conscience sont souillées ».
À moins de connaître Christ et d’être connu de Dieu en Christ, le païen vertueux n’est vertueux qu’à ses propres yeux et à ceux du monde ; sa force n’est que celle de la chair qui ne peut ni plaire à Dieu, ni se conformer à sa volonté (Romains 8. 7-8). Le chrétien sanctifié, au contraire, plaît à Dieu par sa foi, et Il est revêtu de la Justice de Christ. Sa force est celle du Saint-Esprit qui amène tout son être à se conformer à Dieu pour Lui être agréable (Romains 8. 1-6, 12. 1-2).
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