(1) La Grâce de Dieu et sa manifestation
1 - Qu’est-ce que la grâce ?
La grâce est la manifestation imméritée de l’Amour de Dieu envers des hommes pécheurs. Nous ne pouvons en sonder la nature et l’étendue, ni, par conséquent, la décrire d’une manière complète. Mais il est possible de rechercher ce que la Parole de Dieu en dit ; nous en retirerons toujours un grand profit. Dans l’Ancien Testament déjà, la grâce brille continuellement, surtout en relation avec le peuple d’Israël, mais c’est dans le Nouveau Testament qu’elle est pleinement révélée en Christ.
Le mot grec charis, traduit par « grâce », signifie aussi « faveur » (Luc 2. 52 ; Actes 2. 47), « libéralité » (1 Corinthiens 16. 3), « gré » (Luc 6. 32-34) ou « être obligé » (Luc 17. 9) et « digne de louange » (1 Pierre 2. 19, 20).
Apparemment, la grâce est en contraste avec la justice ; pour nous humains, en tout cas, elles sont inconciliables. Ou la justice est exercée et la grâce n’a pas de place, ou la grâce rend la justice sans effet.
Mais la justice de Dieu exige la condamnation des êtres humains à cause de nos péchés, mais dans son Amour et sa grâce, Dieu a envoyé son propre Fils « pour être la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4. 10).
À la croix de Golgotha, ses exigences saintes et justes ont été pleinement satisfaites par le Seigneur Jésus, et là, en même temps, sa grâce admirable a brillé, dans l’accomplissement de la prophétie du Psaume 85. 10 : « La bonté (ou : la grâce) et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées ».
Si donc une harmonie parfaite se dégage de la manière d’agir de Dieu en grâce et en justice, il reste pourtant une chose qui est totalement inconciliable avec sa grâce : l’accomplissement de la loi et la pensée de pouvoir subsister devant Dieu par des « bonnes œuvres ».
La loi exige ; la grâce donne. La loi dit : Fais cela, et ce sera ta justice et tu vivras (Lévitique 18. 5 ; Deutéronome 6. 25). Il devait donc y avoir une récompense de la part de Dieu pour celui qui observait la loi.
Mais il s’est révélé qu’aucun Israélite n’a été capable de la garder. De même tous les autres efforts humains sont vains. Les « bonnes œuvres » ne permettent pas davantage à l’homme de subsister devant Dieu.
Une telle découverte est humiliante pour l’homme « religieux ». Mais considérons ce que la parole de Dieu dit à ce sujet : « Or à celui qui fait des œuvres, le salaire n’est pas compté à titre de grâce, mais à titre de chose due ». — « Or, si c’est par la grâce, ce n’est plus sur le principe des œuvres, puisque autrement la grâce n’est plus la grâce ». — « Vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce » (Romains 4. 4 ; 11. 6 ; 6. 14).
2 - Pourquoi la grâce ?
En tant que créature de Dieu, tout êtres humains est responsable de vivre selon la volonté de son Créateur. Tous ont manqué à cet égard. Nous le constatons chez le premier couple déjà et d’une manière encore plus claire parmi les fils d’Israël, le peuple terrestre de Dieu. Ils avaient les uns et les autres reçu de sa part une place spécialement privilégiée. De plus, l’Ancien comme le Nouveau Testament montrent que, depuis la chute, aucun homme ne peut subsister tel qu’il est devant Dieu, même en y consacrant toutes ses capacités et ses forces. « Il n’y en a aucun qui exerce la bonté, il n’y en a pas même un seul » (Psaumes 14. 1 ; Romains 3. 12).
En raison de ses actes, l’être humain est coupable devant Dieu, et, en raison de sa nature pécheresse, il est perdu. Le jugement éternel, tel est le juste châtiment de Dieu sur le péché.
Mais Dieu n’est pas seulement lumière, il est aussi amour (1 Jean 1. 5 ; 4. 8, 16). Dans son Amour, Il s’est penché sur ses créatures perdues et a envoyé son Fils bien-aimé sur la terre, afin de les sauver. Telle est la grâce.
Nous pouvons donc distinguer deux motifs à la manifestation de la grâce de Dieu : - Par la grâce, la nature de Dieu est parfaitement révélée. - Pour des pécheurs perdus, la grâce est la seule possibilité d’entrer en relation avec le Dieu saint.
3 - La manifestation de la grâce
À deux reprises dans le Nouveau Testament, il est parlé de la grâce de Dieu, apparaissant ou se manifestant dans le Fils. En 2 Timothée 1. 9, 10, nous lisons : « … qui nous a sauvés et nous a appelés d’un saint appel, non selon nos œuvres, mais selon son propre dessein, et sa propre grâce qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles, mais qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus Christ », et en Tite 2. 11 : « Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes ». Les deux passages se rapportent au Seigneur Jésus.
Dans l’incarnation du Fils éternel, la grâce de Dieu prend une forme visible, en s’abaissant, d’une manière incompréhensible pour nous, jusqu’à des créatures perdues. Maintenant, la nature et la plénitude de cette grâce sont perceptibles.
La grâce de Dieu est éternelle. Il est le Dieu de toute grâce (1 Pierre 5. 10) ; il savait, dès avant la création, que ses créatures se rebelleraient contre lui et deviendraient des pécheurs, mais il avait également dans son cœur, dès avant les temps des siècles, sa grâce envers nous (2 Timothée 1. 9) ; de même aussi, il avait préconnu son Fils bien-aimé comme l’Agneau et nous avait élus en lui avant la fondation du monde.
La grâce de Dieu est universelle. Dans la personne du Fils de Dieu, elle est apparue, apportant le salut pour tous les hommes (Tite 2. 11), donc non seulement pour le peuple juif, mais pour toute l’humanité.
Une grande partie de l’Ancien Testament traite de l’amour de Dieu pour le peuple d’Israël, qu’il s’était choisi pour lui d’entre toutes les nations et qui a manqué malgré tous ses privilèges.
Lors de sa venue sur la terre, le Seigneur Jésus était certes premièrement le Messie promis qu’attendait son peuple terrestre, mais en outre, il venait pour tous les hommes. La valeur globale, universelle de l’évangile de la grâce — « au Juif premièrement, et au Grec » — est constamment mise en évidence par Paul surtout (Romains 1. 16 ; voir Éphésiens 2. 11-17).
Pierre aussi dit une fois : « Nous [c’est-à-dire les Juifs] croyons être sauvés par la grâce du Seigneur Jésus, de la même manière qu’eux [les nations] aussi » (Actes 15. 11).
La grâce de Dieu est sans pareille. Dans sa grâce, le Fils éternellement riche de Dieu a vécu dans la pauvreté pour nous, afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis (2 Corinthiens 8. 9). Pouvons-nous imaginer l’existence éternelle, la toute-puissance, l’omniscience, l’omniprésence et la gloire de la Trinité ? C’est absolument impossible. Le roi David constatait déjà avec adoration : « À toi, Éternel, est la grandeur, et la force, et la gloire, et la splendeur, et la majesté ; car tout, dans les cieux et sur la terre, est à toi. À toi, Éternel, est le royaume et l’élévation, comme Chef sur toutes choses ;… et tu domines sur toutes choses » (1 Chroniques 29. 11, 12).
Quelles étaient les richesses de gloire et d’amour dont jouissait le Fils dans le sein du Père dans la maison éternelle du Père ! Des choses qu’aucun œil n’a vues, qu’aucune oreille n’a entendues et qui ne sont montées au cœur d’aucun homme. Il a quitté ces richesses divines insondables pour descendre dans la pauvreté la plus extrême, il a pris dans l’humiliation la place de ses créatures et a été obéissant jusqu’à la mort de la croix ! Peut-on imaginer une distance plus grande que celle qui existe entre la gloire de la maison du Père et la place de mépris et de rejet à la croix de Golgotha ?
La grâce de Dieu est parfaite. Considérant rétrospectivement la vie du Seigneur Jésus sur la terre, l’évangéliste Jean écrit : « Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous… pleine de grâce et de vérité » (Jean 1. 14). Le Fils est venu non seulement « avec » ou « dans » la grâce et la vérité, mais « plein de grâce et de vérité ».
La grâce est le rayonnement de l’amour de Dieu envers les hommes perdus, et la vérité, un caractère de la lumière de Dieu. La loi donnée par Moïse contenait elle aussi la vérité, puisqu’elle venait de Dieu. Mais elle ne faisait que montrer aux hommes leur incapacité à satisfaire aux saintes exigences divines. Toutefois, lorsque le Fils devint homme, la grâce de Dieu fut aussi manifestée, et non plus seulement sa vérité : « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1. 17). Nous voyons ici à la fois la perfection de la manifestation et l’indissolubilité des caractères divins essentiels : amour et lumière.
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