La conversion du second brigand
"Les brigands aussi qui avaient été crucifiés avec lui (avec Jésus) l’insultaient de la même manière" (Matthieu 27. 44).
"L’un des malfaiteurs qui étaient crucifiés l’injuriait en disant : N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. Mais l’autre lui répondit et le reprit : Tu ne crains pas Dieu, toi ? Car tu es sous le même jugement" (Luc 23. 39, 40).
"Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés, vous, tous les bouts de la terre ; car moi, je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre" (Ésaïe 45. 22).
"Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé" (Romains 10. 13).
Deux brigands ont été crucifiés en même temps que Jésus, c'est une expression du mépris que les chefs romains, comme les Juifs, manifestaient envers Jésus.
La condition de ces deux malfaiteurs, révélée par Matthieu, est des plus misérables. Ceux que les gens du monde fouleraient aux pieds placent Jésus plus bas qu’eux, et l’injurient, même au moment solennel où ils vont mourir. Voilà le cœur humain tel que la croix de Christ le met à nu. La Lumière divine qui brille à la croix de Jésus-Christ fait éclater deux choses : la haine de l’être humain contre Dieu qui a pour résultat le refus de cette Lumière divine ; et l’Amour de Dieu pour le pécheur qui est la part de quiconque reçoit la Lumière divine par la foi.
Le brigand incrédule ne désire qu’être délivré de ses souffrances et de sa situation de crucifié, ce qui l’amène à dire à Jésus : “Sauve-toi toi-même, et nous aussi”, mêlant ainsi l’injure envers Jésus le Christ. Ce brigand attendait que Jésus le fasse descendre de la croix et le délivre de sa misère de condamné. Il ne manifeste aucune repentance : le seul désir de ce brigand est d’être délivré de la crucifixion pour reprendre sa vie d’homme pécheur. Ainsi combien de personnes crient à Dieu pour être délivrées de leur situation dangereuse ; puis, après avoir connu la délivrance, elles oublient leur Libérateur et retournent à leur vie de péché.
Mais l’autre brigand cesse de penser à ses souffrances. Il est préoccupé de ses péchés, et, saisi par la Grâce de Jésus, il discerne sa Gloire et désire le bonheur d’être avec Lui pour l’éternité. Alors, Il reprend vivement son compagnon qui outrage Dieu, et il se tourne vers Jésus-Christ par la foi en affirmant : "Pour nous, nous y sommes justement (sous le jugement), car nous recevons ce que méritent les actes que nous avons commis?; mais celui-ci n’a rien fait qui ne doive pas se faire. Et il disait à Jésus : Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton Royaume. Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis" (Luc 23. 41-43).
Que s’est-il passé pour ce second brigand ? Un rayon de la Gloire divine a brillé sur cet homme, a transpercé sa conscience, et a illuminé tout son être moral. C’est la foi au Seigneur Jésus qui “vient de ce qu’on entend. Et ce qu’on entend vient de la Parole de Dieu” (Romains 10. 17). Ce brigand prit conscience de qui est le Christ crucifié et cela a été "le marteau qui a brisé le roc de sa conscience endurcie" (voir Jérémie 23. 29).
Sa conscience a été réveillée et purifiée. Il est désormais dans la lumière. Il craint Dieu et non l’homme. Il a le sentiment profond d’être coupable comme son compagnon, mais il donne gloire à Dieu, à Jésus-Christ qu’il glorifie et qu’il reconnaît fermement comme ayant pris sa place sous le Jugement. Sa confession montre son sens aigu de la Justice. Il n’accuse pas les circonstances comme on aime souvent le faire. La honte et le châtiment lui sont arrivés justement. Sa conscience et son cœur sont touchés. Il condamne les actes que son compagnon et lui-même ont commis.
Il témoigne au sujet de Jésus-Christ, le divin crucifié, et Lui rend justice en disant : “Celui-ci n’a rien fait qui ne doive pas se faire”. Comment le sait-il ? Il est éclairé par ce rayon de Gloire divine de Jésus, qui pénètre son cœur. Ah, si nous laissions nos cœurs et nos consciences dans cette lumière divine ! Jésus est le Fils de Dieu, sans péché. Il est le Remplaçant du brigand ; il est son Seigneur venu mourir sur la croix pour lui. Quel Amour que son Amour ! Il prit courage et s’adressa à Jésus. Que va-t-il demander ? Qu’Il descende de la croix ? Non ! La vie de ce monde n’a aucun attrait pour lui. Il ne pense qu’à son Seigneur Jésus, qui doit nécessairement revenir en Gloire. Et ayant confiance en son Amour, il Lui demande de se souvenir de lui ; il désire rester près de Jésus : c’est l’ardeur du “premier amour” (voir Apocalypse 2. 4).
La réponse de Jésus est merveilleuse : “Aujourd’hui tu seras avec moi”. Tu seras : quelle certitude ! Avec moi : quelle compagnie ! Aujourd’hui : quelle promptitude ! Amen !
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