L’offrande du corps de Jésus Christ
1. L’incarnation : « Tu m’as formé un corps »
« Tu m’as formé un corps » a dit Jésus-Christ, « en entrant dans le monde ». C'est Celui qui y venait pour s’offrir Lui-même en sacrifice pour le péché et qui, par cette « seule offrande », nous a « rendus parfaits à perpétuité », ce que la loi, malgré ses sacrifices sans cesse renouvelés, n’avait et n’aurait jamais pu faire (voir Hébreux 10. 5, et 14). « Tu m’as formé un corps », telle est l’expression dont se sert l’Esprit de Dieu dans la citation qui est faite ici du Psaume 40, tandis que le Psaume nous donne une expression différente : « Tu m’as ouvert les oreilles » (verset 7). L’Esprit prophétique, dont le Psalmiste était l’instrument, a plus particulièrement en vue le fait que Christ venait dans ce monde pour y être le parfait Serviteur de l’Éternel ; pour cela, son incarnation était nécessaire et c’est ce que nous présente Hébreux 10. 5 : « Tu m’as formé un corps ».
2. L’offrande du corps de Jésus Christ : un parfait sacrifice
Un peu plus loin, dans ce même chapitre 10 de l’épître aux Hébreux, l’apôtre nous parle de « l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » (verset 10). Christ a livré tout à la fois son corps et son âme, Il s’est offert dans son Être tout entier. Il a livré son corps : en instituant la Cène, Il dit à ses disciples lorsque, ayant rendu grâces, Il leur présente le pain qu’Il a rompu : « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous.. » (Luc 22. 19). Et Jésus a livré son âme, ainsi que l’écrit le prophète : « S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, Il verra une semence… » (Ésaïe 53. 10). Pourquoi Hébreux 10. 10 nous parle-t-il, non de l’offrande de Jésus Christ, mais, plus spécialement, de « l’offrande du corps de Jésus Christ » ?
Sans doute parce que, en contraste avec les sacrifices des taureaux et des boucs dont il est question dans ce chapitre et dans les chapitres précédents, l’apôtre fait ressortir l’excellence et la perfection du sacrifice de la sainte Victime : son corps a été offert, son sang répandu.
3. Un corps saint et pur
Mais, il y a davantage. Au verset 5, nous voyons Jésus-Christ « entrant dans le monde » et s’adressant ainsi à Dieu son Père : « Tu m’as formé un corps ». Au verset 10, à propos du sacrifice parfait qu'Il a accompli au terme de son chemin ici-bas, l'apôtre dit : « l’offrande du corps de Jésus Christ ». C'est ce corps que Jésus a dû revêtir pour accomplir l’œuvre de notre rédemption, pour mourir sur la croix après avoir vécu ici-bas. Car, si sa mort était nécessaire, sa vie l’était aussi : Jésus devait être manifesté comme Celui qui pouvait s’offrir comme Victime sainte, l’agneau « sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1. 18-21). Ce corps, semblable au nôtre, sans péché, était Saint et Pur. L’ange avait déclaré à Marie, alors qu’il lui annonçait la Venue de Jésus ici-bas : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi le "saint enfant" qui naîtra de toi sera appelée Fils de Dieu » (Luc 1. 35). Né de femme, Jésus n’a pas été engendré de l’homme, mais de l’Esprit Saint, donc de Dieu. C’est sans doute pour maintenir cette Gloire de sa Personne que nous n’avons pas, dans ce passage de Luc 1, l’expression « le saint être ». Jésus a participé au « sang et à la chair » ; Il le fallait pour qu’Il pût, tout à la fois, accomplir l’œuvre de notre rédemption ; et être ensuite le Souverain Sacrificateur qui nous convenait, tel est l’enseignement de Hébreux 2. 14-15 : « Puisque les enfants ont eu part au sang et à la chair, Jésus aussi, semblablement, y a participé, afin que, par la mort, Il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable : et qu’Il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude ». Hébreux 4. 15 dit aussi : « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché ». Cependant, l’essence de la nature humaine de Jésus est différente de la nôtre, différente aussi de celle d’Adam dans son état d’innocence : Jésus a été « fait à la ressemblance des hommes ». Dieu L'a envoyé « en ressemblance de chair de péché » et il nous est dit encore : « C’est pourquoi, il dut, en toutes choses, être rendu semblable à ses frères, afin qu’il fût un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur dans les choses qui concernent Dieu, pour faire propitiation pour les péchés du peuple » (Philippiens 2. 7-8 ; Romains 8. 3 ; Hébreux 2. 17). Jésus est le Saint de Dieu, et Il n’a jamais cessé de l’être tout au long de son parcours ici-bas. En quelque sorte, entrant dans le monde, Jésus a reçu de Dieu un corps saint et pur (Hébreux 10. 5). Au terme de son ministère ici-bas, Jésus offrit à Dieu son corps sans tache, Il l'offrit Saint et Pur,, oui, aussi parfaitement Saint et Pur qu'Il l’avait reçu de Dieu (Hébreux 10. 10). « Par l’Esprit éternel », Jésus « s’est offert Lui-même à Dieu sans tache » (Hébreux 9. 14). Quel témoignage est ainsi rendu à la perfection de Jésus-Christ, la Victime parfaite qui s’offre en sacrifice pour nous !
4. L’offrande parfaite d’un Homme parfait
Jésus a cheminé dans un monde ennemi et souillé par le péché. Il y est entré pur et sans tache, et Il pût donc, au terme de ministère ici-bas, se présenter à Dieu, pur et sans tache, et faire l’offrande du corps qu’Il a reçu. Cette « offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes » sur la croix nous dit l’excellence infinie, la Perfection, et la Gloire de Jésus, qui, Dieu béni éternellement, a été ici-bas, le seul Homme parfait, le seul qui pouvait s’offrir en sacrifice pour le péché. Et rien ne fait ressortir aussi glorieusement la perfection de l’Homme Christ Jésus qui est Dieu, que le fait qu’Il ait pu être cette Victime sainte, cette « seule offrande », qui nous a « rendus parfaits à perpétuité ».
Jésus, le Saint et le Juste, a dû être « fait péché pour nous » (2 Corinthiens 5. 21). Oui, sur la croix, durant les trois heures sombres. Et Jésus n’a pu l’être que parce qu’Il était le Saint et le Juste. Victime sainte, Jésus a subi alors l'horrible Jugement que nous avions mérité, et qui devait être notre part pour l’éternité sans qu’il nous soit jamais possible de l’épuiser. Lui, Saint Agneau de Dieu, a épuisé ce jugement une fois pour toutes. « Jésus a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice » (Hébreux 9. 26). L’expiation accomplie, son sang répandu, son corps a été placé dans le sépulcre, « un sépulcre neuf, dans lequel personne n’avait jamais été mis » (Jean 19. 41). Dieu prit soin de Celui qui acheva l’œuvre qu’Il Lui avait donnée à faire, Il a maintenu la Gloire de sa Personne, et alors se trouve accompli ce que le Psalmiste avait écrit bien longtemps à l’avance : « Tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption » (Psaume 16. 10). Puis, ressuscité dans ce corps revêtu du Saint-Esprit, Jésus se manifesta à ses disciples : d’une part, Il leur dit : « Voyez mes mains et mes pieds ; c’est moi-même : touchez-moi, et voyez ; car un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j’ai ». Et d’autre part, Il entra dans la pièce où les disciples étaient, bien que les portes en furent fermées (Luc 24. 39 ; Jean 20. 19). Quarante jours après sa Résurrection, c’est son Ascension glorieuse, et notre foi Le contemple maintenant là-haut, dans le Ciel même (Hébreux 2. 9). Oui, Jésus-Christ est éternellement Dieu et éternellement Homme. Bientôt, de nos propres yeux, nous Le verrons dans son corps glorifié (Apocalypse 5. 6). Et, nous comprendrons plus davantage, que nous ne pouvons le faire maintenant, le profond mystère de son anéantissement, de son abaissement, de son sacrifice, sans fin. Ainsi, nous L’exalterons d'éternité en éternité ! AMEN !
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