À la lumière de la croix de Jésus-Christ (1)
"Le père et la mère de Jésus (Joseph et Marie) étaient dans l’admiration des choses qu’on disait de Lui. Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère : Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées" (Luc 2. 33-35).
Il y a clairement trois éléments présents dans la dernière déclaration de Siméon dans ce passage de Luc ; trois éléments qui ont une portée considérable lorsque nous les considérons à la lumière de la révélation plus complète des Saintes Écritures et de l'histoire. Au centre de ces trois éléments se trouve la croix. Il ne fait aucun doute que c'est de la croix que Siméon parlait lorsqu'il a dit : « Une épée transpercera ton âme ».
Que Siméon ait réellement compris tout ce que cela signifiait ou non, ses paroles ont sans aucun doute évoqué ce jour, cette scène où Marie se tiendrait près de la croix, et verrait cet Enfant, qui ayant atteint l'âge adulte, être crucifié. C'est à ce moment-là que l'épée transpercerait son âme. L'élément central de la déclaration de Siméon concerne donc la croix.
Il y a ensuite quelque chose de chaque côté. D'un côté : « Une épée transpercera ton âme. » De l'autre côté : « les pensées de nombreux cœurs... révélées ». Cette déclaration prise dans son ensemble énonce clairement la grande vérité selon laquelle la croix qui s'est manifestée dans le cœur, est le moyen par lequel la croix devient efficace dans les autres cœurs.
Un cœur est transpercé, et de nombreux cœurs s'ouvrent.
Oui, c'est la croix qui, en transperçant un cœur, ouvre de nombreux autres cœurs. La croix est l'instrument divin. Tout ce que cette croix contient et représente est la norme de Dieu.
Tout ce que cette croix contient et représente est la norme de jugement de Dieu. Ces nombreux cœurs sont représentés comme ayant été soumis à l'examen, à l'interrogatoire, à la révélation, au Jugement de la croix.
À la lumière de la croix, les nombreux cœurs sont mis à nu :
Autant que nous comprenons et connaissons la signification du Calvaire, plus nous prenons conscience des profondeurs cachées du mal, du péché, de l'iniquité.
Autant ce qui est enfoui au plus profond de la nature humaine est révélé, plus nous sommes amenés à nous frapper la poitrine, conscients de notre indignité.
C'est là le but de la croix. Rien d'autre que la croix ne peut le faire. D'un côté, la croix témoigne de la profondeur et de l'horreur indicibles du péché ; et personne ne peut appréhender spirituellement la croix et considérer le péché à la légère. Le péché est révélé dans toute sa profondeur et son horreur lorsque la croix est véritablement révélée.
Cette révélation doit nécessairement conduire à l'une des deux choses suivantes. Soit à un repentir profond, un cri pour demander miséricorde ; soit à un ressentiment terrible, une réaction violente. Il est étrange qu'elle ait cet effet, mais c'est le cas.
D'autre part, la croix est la révélation de l'Amour indicible de Dieu. Lorsque vous et moi sommes si souvent préoccupés par la croix, si souvent qu'on pourrait penser qu'il n'est guère question d'autre chose, notre danger, notre péril suprême, réside dans le fait que la croix devient quelque chose de moins que le moyen par lequel les profondeurs de notre être s'ouvrent, et que nous sommes amenés à crier contre le péché et à aspirer à la Sainteté.
La seule raison valable pour laquelle la croix est continuellement mise en avant est que nous devenions plus intensément haineux du péché, plus intensément désireux de Sainteté ; et puis, d'autre part, que l'Amour de Dieu parmi nous soit la merveille indicible de cet Univers.
La première signification de ce mot "la croix" est justement que notre familiarité avec l'expression « la croix » et tout ce qui est dit à son sujet ne doit pas nous faire oublier un seul instant ces questions fondamentales concernant l'horreur du péché. L'une de nos faiblesses est peut-être notre sens inadéquat du péché, notre conviction du péché. Non pas la conviction des péchés, car aucun d'entre nous qui marchons avec le Seigneur ne peut être coupable d'un péché sans en être convaincu.
Mais le péché est quelque chose de plus grand que les péchés. Le péché est la nature même du péché. Les péchés sont l'expression de cette nature, qui se manifeste sous des formes spécifiques.
Nous pouvons haïr nos péchés parce que nous en souffrons intérieurement ou extérieurement ; mais, oh, haïr le péché ! Haïr le péché n'est qu'une autre façon de dire aimer la sainteté, avoir comme passion de notre cœur cette sainteté : « Soyez saints, car je suis saint... » (Lévitique 20. 26 ; 1 Pierre 1. 16). « Soyez... saints dans toute votre conduite » (1 Pierre 1. 15b).
La croix est l'instrument qui met en lumière le péché de l'être humain et la Sainteté de Dieu, et suscite un profond élan dans le cœur par rapport à ces deux choses. Et, d'autre part, la croix est l'instrument par lequel l'Amour de Dieu se manifeste comme nulle part ailleurs dans l'univers. Si vous et moi avons beaucoup à dire sur la croix, vous et moi devons nous rapprocher de plus en plus de l'Amour qu'elle représente.
Vous remarquerez comment Pierre relie ces deux choses. Il parle de cette sainteté dans toutes les manières de vivre. C'est un aspect de la croix. Elle est liée à la rédemption, au précieux Sang, comme celui d'un Agneau sans tache. La Croix est mise en relation avec la Sainteté, puis l'apôtre Pierre parle longuement de l'amour : « Ayant purifié vos âmes par l'obéissance à la vérité pour un amour fraternel sincère, aimez-vous les uns les autres avec ferveur » (1 Pierre 1. 22) ; « Et dans votre amour fraternel, aimez-vous les uns les autres avec ferveur » (Romains 12. 10). C'est un autre aspect de la croix : « l'Amour de Dieu… répandu dans nos cœurs… » (Romains 5. 5).
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