Demeurons en Christ et non en nous mêmes (1)
"Ce qui est bon n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair" (Romains 7. 18).
Avoir la vie en soi est la prérogative de Dieu seul, et du Fils auquel le Père l’a aussi conférée. L’honneur suprême de la créature, c’est de rechercher la vie, non en elle-même, mais en Dieu le Créateur.
Quant à nous êtres humains, vivre de soi et pour soi, c’est la folie et la culpabilité du pécheur. Alors que vivre pour Dieu en son Fils Jésus-Christ, telle est la bénédiction du croyant en Dieu. Le secret de la vie de la foi en Dieu, c'est perdre sa propre vie, la renier, la haïr, l’abandonner, voilà . « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » (Galates 2. 20) « Non pas moi, toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi » (1 Corinthiens 15. 10).
Voilà le témoignage de tout être humain qui a découvert ce que c’est qu’abandonner sa propre vie et recevoir en échange la vie bénie de Christ en lui. Le seul chemin qui conduise vraiment à demeurer en Christ est celui sur lequel notre Seigneur Jésus a marché avant nous : le chemin de la mort en soi. Il en est peu qui comprennent cela dès le début de leur vie chrétienne. Dans la joie du pardon, on se sent généralement poussé à vivre pour Christ, et on compte sur l’aide de Dieu pour être capable de le faire.
On ignore encore qu’il existe une terrible inimitié entre la chair et Dieu, et que, même dans le croyant, la chair refuse absolument de se soumettre à la loi de Dieu (Romains 8. 7). Ces chrétiens ne savent pas encore que seule la mort en soi peut amener la vie de Dieu à se manifester en eux avec puissance : la mort dans un renoncement total à tout ce qui vient de notre nature. Mais l’amère expérience de l'échec va bientôt leur enseigner combien insuffisante est la connaissance qu’ils ont eue jusque-là de la puissance salvatrice de Christ. Alors, s’éveille dans le cœur le désir profond de Le connaitre davantage.
Avec Amour, Jésus leur montre la croix. Il leur rappelle que c’est là, dans la foi en sa mort substitutive, qu’ils ont trouvé leur raison de vivre. Et c’est encore là qu’ils vont pénétrer dans une expérience plus profonde. Il leur demande s’ils désirent vraiment boire la coupe qu’il a dû boire, être crucifiés et mourir avec Lui. Jésus leur enseigne qu’en Lui, ils ont déjà été crucifiés et qu’ils sont morts à leur ancienne vie. Qu'ils le sachent ou non, à leur conversion, ils sont devenus participants de la mort de Christ. Ce qu’il leur faut maintenant, c’est consentir avec toute leur intelligence à ce qu’ils ont reçu autrefois sans comprendre. Il leur faut choisir, par un acte personnel de volonté, de mourir avec Christ.
Le fait de "mourir avec Christ" fait reculer plus d’un croyant, car il a du mal à comprendre. Il s’est tellement accoutumé à une vie de liberté mondaine qu’il souhaite à peine sa délivrance complète et ose encore moins l’espérer. Pour une telle personne, la sainteté, la parfaite conformité à Jésus, la communion incessante avec son Amour pour nous, sont des éléments qui ne peuvent guère être comptés comme faisant partie de sa confession de foi. Lorsque, pour une personne, il n’y a pas un désir intense d’être totalement libéré du péché, d’être amené à la plus étroite communion possible avec Jésus le Sauveur, l’idée d’être crucifié avec Lui ne peut trouver accès en une telle personne. Elle n’évoque que souffrance et honte.
Notre plus grand ennemi est : le "MOI". Qu’il s’agisse de soumission totale ou de simple confiance en Dieu. Tout d’abord parce qu’il refuse d’abandonner sa volonté propre, puis parce qu’il travaille véritablement à entraver l’œuvre de Dieu. Tant que la vie du "MOI", avec ses désirs et ses actions, n’a pas été remplacée par la vie de Christ, avec ses désirs et ses actions, demeurer en Christ est une chose impossible.
Mais, le vrai croyant en Jésus qui cherche réellement à demeurer pleinement en Christ, regarde cela selon la lumière divine. Un tel croyant est heureux de ce que Jésus ait supporté la croix pour lui. C’est alors que se présente la question solennelle, posée par Jésus, Celui qui est mort sur la croix : « Es-tu prêt à livrer ton "MOI" à la mort ? » En tant qu'enfant de Dieu, tu es née de Dieu, tu est mort au péché et vivant pour Dieu (Romains 6. 11). Es-tu donc prêt maintenant à offrir tes membres, à abandonner entièrement ton "MOI" pour qu’il meure sur la croix et qu'il y reste jusqu’à ce qu’il soit totalement détruit ?
C’est une question qui sonde jusqu’au plus profond du cœur. Suis-je prêt à déclarer que le vieux moi n’aura plus jamais son mot à dire, et qu’il ne lui sera plus permis d’avoir une seule pensée propre, si naturelle soit-elle ? Et qu'aucun sentiment personnel aussi agréable soit-il, pas un désir, pas une action, même parfaitement légitimes, provenant du "MOI", n’aura plus jamais son mot à dire. L’artisan de notre nouvelle nature en Christ est Dieu Lui-même et nos possibilités naturelles doivent être sanctifiées à son service.
Mais, il faut que nous prenions conscience de ceci : la seule manière dont elles puissent être sanctifiées, c’est qu’elles soient soustraites à la puissance du "MOI" et placées sous la puissance de la vie de Christ. Ne pensez pas que ce travail soit à votre portée parce que vous le désirez ardemment, et parce que vous êtes véritablement un des rachetés du Seigneur. Non, il n’y a pas d’autre moyen de consécration, sur l'autel, que la mort en soi. Offrez-vous vous-même en sacrifice sur l'autel de Dieu comme racheté par Dieu de votre ancienne situation (Voir Romains 6. 13 ; 12 verset 1). Alors les talents, les dons, les biens que vous possédez, et qui doivent être effectivement sanctifiés pour le Seigneur, ainsi que toutes les forces de votre nature, seront arrachés à la puissance du péché et du MOI, et déposés avec vous sur l’autel, afin d’être consumés par le feu qui y brûle continuellement (voir Lévitique 6. 6).
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