Quand une bonne chose devient une idole
“Tu ne te feras pas d’idole…” (Exode 20. 4).
Dieu tient à occuper la totalité de notre cœur. Une idole est simplement tout ce qui prend, peu ou trop, la place de Dieu dans notre cœur. Reconnaître la nature d’une idole aux temps des Hébreux était facile : elle avait l’apparence d’une statue ou d’un objet sculpté représentant une divinité quelconque, devant lesquels venaient se prosterner les gens de cette époque. De nos jours, les idoles sont plus difficiles à reconnaître, mais tout aussi dangereuses.
Nous comprenons que la poursuite effrénée vers le succès, l’acquisition incessante de biens matériels, le désir d’embellir son aspect physique, la volonté d’imiter un chanteur ou un acteur célèbre deviennent vite des idoles dans notre vie.
Nous sommes prêts à leur sacrifier notre famille, notre paix, notre intégrité, et ainsi nous offrons des sacrifices à nos idoles comme les anciens Hébreux le faisaient trop souvent. Pire encore lorsque nous prenons de bonnes choses et les mettons sur un piédestal, créant ainsi des idoles sans même y penser vraiment.
Or une bénédiction que Dieu nous a accordée peut finir par prendre la place de Dieu dans notre cœur : par exemple un enfant que Dieu nous a donné alors que nous ne l’attendions plus.
Mais pouvez-vous imaginer que quelque chose instauré par Dieu puisse devenir une idole qui nous fait trébucher ?
Comme un ministère établi à l’origine pour le glorifier, mais qui a pris trop de place en nous au point de nous faire oublier pourquoi nous le poursuivons !
Un étrange exemple nous est donné dans l’Ancien testament, lorsque Dieu dit à Moïse de façonner un serpent en airain pour guérir les Hébreux mordus par des serpents venimeux lors de leur périple au désert.
Symbole de la mort de Jésus sur la croix, élevé aux yeux de tous comme le serpent que Moïse avait dû placer au sommet d’un mât, ce serpent était source de vie et de guérison pour ceux qui levaient leur regard vers lui.
Dieu n’avait pas changé d’idée : tu ne feras pas d’idole est toujours valable pour nous aujourd’hui !
“Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut, de même, que le Fils de l’homme soit élevé, pour que quiconque croit ait en Lui la vie éternelle” (Jean 3. 14-15).
Pourquoi Dieu a-t-Il dit à Moïse d’agir ainsi ? Ne pouvait-Il pas guérir les Hébreux comme Jésus le fit plus tard avec les dix lépreux ?
Certes, mais Il voulait que les personnes mordues par les serpents venimeux lèvent la tête vers leur salut et acceptent que leur guérison ne dépendait pas d’eux, mais de la seule grâce divine.
Le serpent, qui représentait les péchés que Jésus allait porter à la croix pour nous, n’était qu’un symbole, pas une idole devant laquelle les Hébreux devaient se prosterner, pourtant il devint une idole pour tout Israël au cours des siècles qui suivirent.
Que s’est-il passé ? Les Hébreux oublièrent la véritable signification du serpent d’airain, comme ils avaient oublié en son temps la raison pour laquelle Moïse était resté sur la montagne de Sinaï pendant quarante jours.
Ils avaient conservé le serpent comme une relique et se mirent à lui offrir des sacrifices au lieu d’en offrir à Dieu seul. Sept siècles plus tard, le roi Ézéchias le détruisit :”C’est lui qui… mit en pièces le serpent de bronze que Moïse avait fait, car les fils d’Israël avaient brûlé de l’encens devant lui jusqu’à cette époque : on l’appelait Nehoushtân” (2 Rois 18. 4).
Parfois de bonnes choses, même instaurées par Dieu peuvent accaparer notre cœur au point de devenir des idoles. La seule solution est de les détruire une fois pour toutes. Avez-vous pris des habitudes qui sont devenues trop importantes dans votre vie pour vous permettre d’apprécier votre relation avec Dieu ? Avez-vous des bénédictions matérielles qui occupent aujourd’hui une place de choix dans votre vie ?
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