Sauvés uniquement par la parfaite Justice de Dieu
Quel était le fondement du bonheur éternel de l'apôtre Paul ? Sur quelle justice se reposait-il ? Il y répond dans le passage suivant : « Et même, je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout; je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi » (Philippiens 3. 8-9).
L'apôtre Paul estimait comme une perte, ses privilèges de naissance, son zèle pharisien, sa soumission aux rites et aux cérémonies, ainsi que son accomplissement de ses devoirs moraux. Tout ce que l'apôtre Paul avait accompli depuis sa conversion n'avait à ses yeux aucune valeur dans le domaine important de son acceptation auprès de Dieu. Bien que ces choses soient utiles et remarquables dans leur propre domaine, comparées à l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ, elles ne perdent pas seulement une grande partie ou la totalité de leur valeur, mais elles deviennent une véritable perte.
L'amour de l'apôtre Paul pour Jésus son Sauveur et sa dépendance de sa justice étaient tels qu’il estimait désormais comme une perte de tout ce qu’il estimait autrefois si précieux. Son estimation de ses accomplissements avant sa conversion était infiniment inférieur avec la Justice de Christ qu'il les comptait comme de la boue, ou comme des déchets tout juste bons à être jetés aux chiens.
Son principal désir et son suprême souci étaient de gagner Christ, de sorte à trouver la réponse à tous ses besoins, et à parvenir à un bonheur éternel.
Quand Jésus-Christ, le grand Juge, montera sur son Trône pour le Jugement final, et que toutes les nations paraissent devant lui, que seuls ceux qui sont parfaitement justes pourront se tenir devant Lui. L'apôtre Paul désire qu’en ce jour-là, il soit trouvé Jésus, le Bien-Aimé, et que le Seigneur Jésus soit sa justice. Il explique ainsi qu’il ne se repose pas sur sa propre justice qui vient de la loi, mais sur celle qui vient de la foi en Christ.
L'apôtre Paul n'est même pas prêt à se confier dans les œuvres justes qu'il a accomplies en tant que chrétien. Il ne dépend pas de son obéissance à la loi en tant que règle de conduite, même par l'influence de la grâce comme principe moteur de sa vie spirituelle. Son seul fondement est la Justice que Jésus Christ a parfaitement achevée, qui est révélée dans l'Évangile, et qui se reçoit par la foi. Il s’agit de l’obéissance que Jésus le Fils incarné de Dieu a accomplie et qui est des plus excellentes, la justice qui vient de Dieu par la foi.
Dans les versets cité en-tête, l’apôtre Paul montre en quoi un être humain pécheur peut se confier avec assurance en Dieu comme fondement acceptable pour se réjouir. Il n’y a pas de confiance envers Dieu, ni d'acceptation auprès de Lui et, en conséquence, aucune cause de joie spirituelle, sans d'abord être revêtu de Justice de Christ. Et sans cela, la condamnation et la colère seront le partage de tous ceux qui comparaitrons avec leurs péchés devant le Dieu Saint, le juste Juge.
Selon l'apôtre Paul, il existe une double justice : celle que nous appelons « nôtre justice », qui vient de la loi, de ce que nous accomplissons pour être acceptés ; et celle de « la Justice de Dieu » qui s'obtient au moyen de la foi en Jésus-Christ. Les deux sont tout à fait distinctes et, loin de s’allier pour accomplir la justification, elles s'opposent entièrement l’une à l’autre. Dans sa recherche de l'acceptation auprès du Dieu Très-Haut, celui qui adopte la Justice de Dieu doit rejeter sa propre justice humaine.
En fait, chaque être humain dans ce monde se repose en sa propre justice ou en la Justice de Dieu. L'apôtre Paul épelle très clairement laquelle de ces deux justices était la base de sa confiance et la source de sa joie. Les enseignants judaïsants placent leur confiance dans la chair en se reposant sur leurs propres œuvres. L'apôtre Paul, quant à lui, est déterminé à adopter une méthode très différente, et à chercher son acceptation auprès de Dieu d’une autre manière. Les ayant avertis de leur danger et prévenu les Philippiens contre ces erreurs destructrices, l'apôtre Paul déclare que la justice qu'il regarde comme suffisante n'est pas la sienne et ne procède pas de la loi. Elle est un don de la grâce qui se reçoit au moyen de la foi en Jésus-Christ. Il s’agit de l'obéissance que le Seigneur Jésus a accomplie en tant que garant de son peuple. Tel était ce sur quoi l"apôtre Paul se reposait, et il se glorifiait en cela seul.
Quand l’apôtre Paul réfléchit à la pureté de la loi de Dieu et à la Majesté de Jésus-Christ, le Juge éternel devant qui il doit se tenir un jour, il réalise que sa propre justice est totalement inadéquate. Il la rejette avec dédain et la couvre de mépris en la qualifiant de « perte » et de « boue » (voir Philippiens 3. 8-9) .
Telles étaient l'expérience et l'espérance de cet homme si extraordinaire, dont les dons apostoliques et les grâces chrétiennes, l'utilité de service et la conduite exemplaire en firent une bénédiction si éminente pour le monde et un honneur à la cause du grand Rédempteur. De nombreux arguments dans la Parole infaillible de Dieu prouvent cette doctrine merveilleuse et pleine de consolation. Contentons-nous de quelques-uns. Nous avons déjà démontré que l’objet de la justification est une personne impie. Son pardon et son acceptation devant Dieu ne résultent donc pas de son obéissance.
Il est également clair que, en tant que personne impie, il ne peut être justifié. Il doit se tenir juste au regard de la loi et sans reproche devant son juge avant d’être acquitté de toute accusation. Il s'ensuit que cela ne peut se produire que par l'entremise de la justice d’un autre.
Où trouver donc une telle justice ?
Ce ne sera pas dans celle de nos semblables qui ont été justifiés. Ce serait alors l’enseignement faux de la surérogation, c’est-à-dire le fait d’avoir un surplus de mérite duquel un autre homme pécheur peut bénéficier par la prière.
La justification ne se trouve pas dans la sainteté et la pureté des anges, car ils n’ont aucun lien avec nous.
Elle ne réside pas non plus dans la justice essentielle de Dieu, parce que celle-ci ne se communique pas à de simples créatures.
La justification se trouve uniquement en Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Elle consiste en sa totale conformité à la loi de Dieu en tant que Substitut volontaire pour les impies.
De quelle autre manière peut-elle s'appliquer à nous que par imputation ? D'aucune, puisque la personne justifiée est impie en elle-même, et puisque le Juge de toute la terre ne peut pas justifier sans que justice soit fait. Gloire à Dieu pour son Fils Jésus-Christ qui a accompli toute la Justice de Dieu. AMEN !
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