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L'Évangile est une puissance de Dieu pour le Salut de quiconque croit (Romains 1. 16)

La guérison physique fait-elle partie du salut ?

10 Février 2022 Publié dans #Divers

La rédemption accomplie par Jésus-Christ inclut-elle la guérison physique ? Ma réponse est oui ! : « (…) ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé (…) c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » (Ésaïe 53. 4). Il y aurait donc, dans les meurtrissures de Christ, le pouvoir de guérison; il ne reste plus qu’à s’en saisir par la foi. De plus, Matthieu applique ce passage aux guérisons opérées par Jésus : « Le soir, on amena auprès de Jésus plusieurs démoniaques. Il chassa les esprits par sa parole, et il guérit tous les malades, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète: Il a pris nos infirmités, et il s’est chargé de nos maladies » (Matthieu 8. 16-17).

Comment devons-nous comprendre le rapport entre la maladie et la rédemption ? Jésus est-Il mort pour nos maladies, peut-on affirmer qu’Il a « porté » nos maladies comme Il a « porté » nos péchés ? Pour bien situer le rapport entre la guérison et la rédemption, il est important de comprendre le rapport entre la maladie et le péché.

La maladie comme conséquence du péché

La maladie et les infirmités sont-elles des conséquences du péché ? L’Écriture voit la maladie comme un malheur qui afflige l’existence humaine et qui ne fera plus partie de la Nouvelle Création (Apocalypse 21. 4). La maladie et les souffrances physiques qui en découlent appartiennent aux nombreuses malédictions qui accablent la création depuis la chute (Romains 8. 22). La Bible établit un lien entre la maladie et le péché (Deutéronome 28. 58-61 ; 1 Corinthiens 11. 29-30). Cependant, elle affirme qu’il n’y a pas nécessairement une causalité immédiate entre une maladie ou une infirmité particulière et son propre péché (Jean 9. 1-3). D’ailleurs, n’était-ce pas une des erreurs des amis de Job de croire que ses souffrances étaient directement liées à son péché ?

La Bible enseigne que des enfants du Royaume peuvent être liés par la maladie (Luc 13. 16) et que de grands serviteurs du Seigneur peuvent être malades (Philippiens 2. 27) ou avoir des problèmes de santé chroniques (1 Timothée 5. 23). L’apôtre Paul lui-même avait une infirmité physique (Galates 4. 13) et le Seigneur, plutôt que de l’en délivrer, lui a appris à la voir comme un bienfait pour son âme (2 Corinthiens 12. 5-10). Si donc l’expérience actuelle du Salut implique la guérison physique, comment se fait-il que Paul n’ait pas été guéri bien qu’il ait pleinement connu la communion des souffrances de Christ (Philippiens 3. 10) dans lesquelles nous sommes censés trouvé la guérison physique ?

L’Écriture n’enseigne pas que Jésus a expié nos maladies. Il a expié nos péchés seulement puisqu’eux seuls avaient besoin d’être expiés. Les maladies ne sont pas une faute morale et n’ont par conséquent pas besoin d’être expiées. Comment comprendre alors que le prophète Ésaïe déclare qu’il a « porté » nos maladies ? Le verbe porter en hébreu (nâshâ) est utilisé de plusieurs façons dans l’Ancien Testament et ne signifie pas nécessairement « porter le châtiment de ». Matthieu applique ce texte au ministère terrestre de Jésus et non à son œuvre expiatoire. Pierre, de son côté, reprend la terminologie d’Ésaïe, mais limite exclusivement l’expiation au péché et comprend la guérison non pas physiquement, mais spirituellement : « Lui (Jésus) qui a porté Lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; Lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris » (1 Pierre 2. 24). Alors, y a-t-il des bénéfices physiques provenant de l’œuvre de Jésus-Christ à la croix que l’on peut espérer recevoir ?

L’espérance de la résurrection comme guérison finale

Bien plus que la guérison des maladies, c’est la délivrance de la mort qui est mise de l’avant par l’Écriture comme bénéfice central découlant de la croix : « Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, Je les délivrerai de la mort. O mort, où est ta peste ? Séjour des morts, où est ta destruction ? » (Osée 13. 14).

Il est impératif de comprendre ce que signifie être sauvé par la foi en espérance (Romains 8. 24). Tous les effets de l’œuvre de Christ furent immédiats pour Lui seul : Jésus est ressuscité avec un corps immortel et est entré dans la gloire. Par notre union avec Christ, nous aussi sommes déjà glorifiés (Romains 8. 30 ; Éphésiens 2. 6), mais dans la chronologie historique de notre salut, nous ne bénéficions pas actuellement dans notre corps, encore mortel, de tous ces effets et nous les possédons uniquement en espérance. Le gage actuel que les croyants reçoivent dans leur corps c’est le Saint-Esprit : « Car tandis que nous sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons, non pas nous dépouiller, mais nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Et celui qui nous a formés pour cela, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit » (2 Corinthiens 5. 4-5).

Les effets actuels de la rédemption ne sont pas la guérison et la glorification, mais la régénération et la sanctification que le Saint-Esprit opère en nous par la foi. Les chrétiens peuvent demander à Dieu la guérison lorsqu’ils sont malades et qu’ils souffrent (Jacques 5. 13-14) et Dieu peut les guérir (Hébreux 11. 34). Mais ils doivent aussi savoir que les guérisons actuelles sont temporaires et partielles et qu’ils ne seront délivrés de cette chair corruptible qu’à la résurrection qui est la guérison finale et totale : « Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible; il ressuscite incorruptible; il est semé méprisable, il ressuscite glorieux; il est semé infirme, il ressuscite plein de force » (1 Corinthiens 15. 42-43).

Est-ce que la rédemption accomplie par Jésus-Christ inclut la guérison de nos corps ? Oui assurément ! Par la résurrection et la glorification, nos corps deviendront immortels et pleins de force. Cependant, cette bénédiction appartient à notre espérance et non à l’expérience que nous faisons actuellement du salut comme Paul l’indique clairement en Romains 8. 23. En attendant la réalisation de cette promesse, continuons de nous soigner en prenant les moyens ordinaires que le Seigneur a prévu à cet effet pour notre bien-être physique.

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