La seule voie vers le Ciel est par la foi en Christ
« Paul et Silas répondirent : Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille » (Actes 16. 31).
La voie qui mène au Ciel, ami lecteur, est par la foi en Christ. Vous ne pouvez pas être sauvé par vos bonnes actions, mais vos mauvaises œuvres vous condamnent si vous ne placez pas votre foi en Christ. Rien de ce que vous pouvez faire ne vous sauvera. Une fois sauvé, le cœur considère comme un privilège merveilleux que de marcher dans les voies de Dieu et d’obéir à sa volonté. Pourtant, avant que Dieu nous donne la foi, tous nos efforts à garder ses commandements ne feront que nous plonger plus profond dans la boue et ne contribueront en rien à notre salut.
La seule voie vers le Ciel est par la foi en Christ. Simplement expliquée, la foi signifie croire en Christ. Nous voyons que Christ nous ordonne de croire en Lui, ou de nous confier en Lui. Nous ne ressentons en nous aucune raison qui nous permette de faire cela. Mais Il nous l’ordonne. Aussi, sans prendre en compte notre caractère ou la moindre préparation que nous puissions ressentir en nous, nous obéissons à cet ordre. Nous nous lançons sur Christ, et nous nous confions entièrement en Christ.
Voici ce qu’est la foi. Nous fermons les yeux à toutes les preuves d’un espoir présent en nous et nous nous élançons dans les bras tout-puissants du Rédempteur. Les Saintes Écritures parlent de se reposer sur Christ, de s’en remettre à Lui, ou de placer tout notre poids sur sa croix. Nous cessons de chercher à nous tenir debout par nos propres forces et nous nous confions entièrement à la stabilité du Rocher éternel. Abandonner notre âme entre les mains de Jésus est l’essence même de la foi. C’est recevoir Christ dans le vide de notre être. Par la foi, nous amenons notre vase dont nous avons compris le vide et nous le plaçons là où l’eau coule. Nous recevons alors la plénitude de Christ, grâce sur grâce. La beauté ou la propreté de notre vase ne nous désaltèrent pas, mais c'est simplement le fait que nous le plaçons là où coule l’eau de la vie.
« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2. 8-9).
Notre part dans notre salut est d’avoir la foi. Mais même cette foi ne vient pas de nous, elle est le don de Dieu. Nous n’avons pas la foi de nous-mêmes et ne l’exprimons pas par notre propre force. Premièrement, nous n’avons pas en nous-mêmes ce qui est nécessaire. De plus, même si nous l’avions, Dieu ne voudrait pas que nous l’utilisions. Sinon, le salut dépendrait en partie de nos œuvres, et nous aurions certaines raisons de nous en glorifier. Paul insiste ici sur le fait que même la foi ne vient pas de nous si Dieu ne nous la donne d’abord.
Pour les versets d'Éphésiens 2. 8-9, certains s’opposent à cette interprétation et disent que le terme foi (pistis) est féminin alors que cela (touto) est neutre. "Cela" ne pose pas de problème, pour autant qu’on comprenne que "cela" ne renvoie pas précisément à foi, mais à l’acte de croire. De plus, cette interprétation est celle qui donne le meilleur sens au texte, puisque si "cela" renvoie à c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi (donc la phrase complète), l’addition de "cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu" est superflue, puisque la grâce est par définition un don immérité de Dieu. Si le salut est par grâce, il faut qu’il soit un don immérité de Dieu. La foi est présentée comme un don dans 2 Pierre 1. 1, Philippiens 1. 29 et Actes 3. 16.
On raconte l’histoire d’un vieil homme qui arriva avec empressement mais très en retard à une réunion de réveil et trouva les ouvriers en train de démonter la tente dans laquelle la réunion avait eu lieu. Hors de lui d’avoir manqué l’évangéliste, il décida alors de demander à l’un des ouvriers ce qu’il pouvait faire pour être sauvé. L’ouvrier, qui était chrétien, lui répondit : « Vous ne pouvez rien faire. Il est trop tard. » Horrifié, l’homme demanda alors : « Comment ça ? Comment peut-il être trop tard ? » L’ouvrier lui répondit : « Tout a déjà été fait. Tout ce qu’il vous reste à faire, c’est le croire. »
Tout le monde vit par la foi. Quand nous ouvrons une boîte de conserve ou buvons un verre d’eau, nous avons foi qu’ils ne sont pas contaminés. Lorsque nous traversons un pont, nous avons foi en sa solidité. Quand nous mettons notre argent en banque, nous avons foi en sa sécurité. La vie est une suite ininterrompue d’actes de foi. Aucun être humain, aussi sceptique et auto-suffisant soit-il, ne pourrait vivre un jour sans poser des actes de foi.
Les faits d’appartenir à une Église, d’être baptisé, confirmé, de faire la charité et d’être un bon voisin ne peuvent pas procurer le salut. Non plus que prendre la communion, observer les Dix Commandements ou vivre en obéissant au Sermon sur la montagne. La seule chose que quelqu’un puisse faire qui joue un rôle quelconque dans le salut, c’est de mettre sa foi en ce que Jésus-Christ a fait pour lui.
Lorsque nous acceptons l’œuvre complète de Christ pour nous, nous agissons par la foi que nous a donnée la grâce de Dieu. C’est là l’acte suprême de foi humain, l’acte qui, bien qu’il soit fait par nous, vient premièrement de Dieu — c’est le don qu’il nous fait par sa grâce. Lorsque quelqu’un s’étouffe ou se noie et arrête de respirer, il n’y a rien qu’il puisse faire. S’il se remet jamais à respirer, ce sera parce que quelqu’un a réactivé sa respiration. Celui qui est spirituellement mort ne peut même pas prendre une décision par la foi à moins que Dieu n’introduise d’abord en lui le souffle de la vie spirituelle. Avoir la foi, c’est tout simplement exhaler le souffle que procure la grâce de Dieu. Pourtant, ce qui est paradoxal, c’est que nous devons avoir cette foi ou être jugés coupables de ne pas l’avoir (voir Jean 5. 40). Évidemment, s’il est vrai que le salut est entièrement le produit de la grâce de Dieu, il n’est point par les œuvres. L’effort humain n’y est pour rien (voir Romains 3. 23 ; Galates 2. 16). Et ainsi, personne ne [peut] se [glorifier] comme s’il avait fait quelque chose. Il n’existe aucune cause d’orgueil dans le fait d’être sauvé (voir Romains 3. 27 ; 4. 5 ; 1 Corinthiens 1. 31). Pourtant, les bonnes œuvres ont une grande importance, comme Paul s’empresse de l’affirmer.
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