Le sacrifice d'Abraham
Pour obéir à l’ordre de Dieu, Abraham accepta d’immoler son fils Isaac, lorsqu’un Ange intervint pour l’en empêcher. Surnommé le père des croyants, Abraham est une figure du Père Éternel qui a tellement aimé le monde qu’Il a envoyé Son propre Fils pour nous racheter par Sa mort sur la Croix (voir Jean 3. 16).
Le fils de la promesse, Isaac, grandissait sous les yeux du Seigneur Dieu. Il avait environ vingt-cinq ans; il était plein de grâces et de vertus. Même si Abraham le patriarche allait mourir un jour, son fils Isaac multiplierait sa race comme les étoiles du ciel. Il se berçait de ces pensées enchanteresses, lorsqu’un jour, il entend une voix qu’il reconnaît pour la voix de l’Éternel Dieu :
— « Abraham, Abraham.
— Me voici, Seigneur. Répondit Abraham
— Prends ton fils unique, ton fils bien aimé, ton Isaac, et conduis-le dans la terre de Moriah. Là, tu Me l’offriras en holocauste sur une des montagnes que Je te désignerai » (Genèse 22. 1-2).
À ce commandement qui broyait son cœur et déconcertait sa raison, Abraham resta comme frappé de stupeur. Cependant il n’eut même pas la tentation de se plaindre, ni de désobéir. Dieu avait parlé : l’homme n’avait qu’à s’incliner et à espérer contre toute espérance. Abraham se leva donc avant le jour, sella son âne pour le voyage, et coupa du bois pour l’holocauste. Puis, prenant avec lui deux jeunes serviteurs et son fils Isaac, il s’achemina vers le pays indiqué par le Seigneur Dieu.
Il marcha ainsi pendant deux jours, accablé de mortelles angoisses, n’osant ni regarder son fils ni lui parler. Le troisième jour, en levant les yeux sur la région qui s’ouvrait devant lui, il vit se dresser la montagne du sacrifice. « Restez ici avec l’âne, dit-il aux deux serviteurs : mon fils et moi nous gravirons ces hauteurs, et quand nous aurons adoré l’Éternel, nous viendrons vous rejoindre » (Genèse 22. 5).
Abraham prit alors le bois de l’holocauste et le plaça sur les épaules d’Isaac. Lui-même, tenant en main le couteau et le feu, donna le signal du départ. Abraham et son fils Isaac marchaient côte à côte, en silence, lorsque Isaac lui posa une question :
Isaac dit : — Mon père ?
Abraham répondit : — Oui, mon fils ?
Isaac ajouta : — Je vois le bois et le feu pour l’holocauste, mais où est la victime ?
(Abraham répondit : — Mon fils, Dieu y pourvoira » (Genèse 22. 7-8).
Cependant, ils continuaient à gravir la colline sans prononcer une parole. Arrivé au sommet, Abraham dressa un autel et disposa le bois qui devait consumer la victime. Puis, il révéla au fils de sa tendresse l’ordre formel du Seigneur : Prends ton fils Isaac, et conduis-le sur la montagne pour Me l’offrir en holocauste. Comme un innocent agneau, Isaac se laissa lier sans résistance, et coucher sur l’autel au-dessus du bûcher. Alors le père étendit la main, saisit le couteau, et son bras allait frapper, quand un cri de l’Éternel retentit au-dessus de sa tête :
— « Abraham, Abraham.
— Me voici, Seigneur, répondit Abraham, reconnaissant la voix d'un Ange de Dieu.
— Abaisse ton couteau et ne touche point l’enfant. Je sais maintenant que tu crains Dieu, puisque tu n’as pas hésité, pour M’obéir, à sacrifier ton fils unique » (Genèse 22. 9-12).
Un cri d’allégresse et de reconnaissance s’échappa du cœur d'Abraham et de son fils, qui se prosternèrent et adorèrent l’Éternel Dieu. En se relevant, Abraham aperçut un bélier dont les cornes s’étaient embarrassées dans un buisson. Il le mit sur l’autel, à la place qu’occupait tout à l’heure son fils, et l’offrit en sacrifice au Seigneur. En souvenir du Dieu qui voit tout et pourvoit aux situations les plus étranges, ce lieu fut appelé "En la montagne de l’Éternel, il sera pourvu. Depuis ce temps, quand vient l’heure des difficultés, le peuple juif répète ce proverbe : Dieu y pourvoira, comme sur la montagne.
Abraham ne tarda pas à recevoir la récompense de son dévouement absolu à L'Éternel. La voix de l’Éternel l’appela une seconde fois, et lui fit entendre ces solennelles paroles : « Parce que tu n’as pas reculé pour Ma gloire devant le sacrifice de ton fils unique, J’en fais le serment par Moi-même, Je te bénirai, Je multiplierai ta race comme le sable des mers, ta postérité étendra sa domination sur les cités ennemies, et toutes les nations de la terre seront bénies en Celui qui naîtra de toi. Tel sera le prix de ton obéissance » (Genèse 22. 15-18).
Celui qui parlait ainsi n’était autre que le Fils unique de Dieu, le Messie promis à l’humanité déchue. Abraham attendait le Libérateur, il savait qu’Il naîtrait de sa race, il aspirait de tous ses désirs après le jour béni de la Rédemption; par les transports de son âme, il s’élançait dans le lointain des âges pour saluer le Rédempteur. Le Fils de Dieu voulut récompenser sa foi et son amour en lui manifestant les secrets de l’avenir. Dans une vision sublime, le saint patriarche contempla le Fils unique de Dieu descendu sur la terre, incarné pour le salut des hommes. Il Le vit, nouvel Isaac, portant sur Ses épaules le bois du sacrifice, à l’endroit même où Dieu avait commandé d’immoler son fils. Le Sang coulait, la Victime expirait, le monde était sauvé. Au souvenir des angoisses qu’il avait ressenties sur la montagne, Abraham comprit l’Amour de Dieu qui sacrifie Son Fils unique, et tressaillit de joie en voyant tous les peuples de la terre, régénérés dans le Sang du divin Agneau, chanter l’hymne de la délivrance au pied de Jésus.
Ainsi se réalisa cette parole de Jésus: « Abraham a désiré voir Mon jour; il l’a vu et s’est réjoui » (Jean 8. 56).
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