La Suprématie de Jésus-Christ
Lire COLOSSIENS 1. versets 15-20
1. Jésus-Christ est l’image du Dieu invisible (verset 15a)
En Genèse 1. 26-28, l’être humain est créé à l’image de Dieu. Mais cette image a été déformée (et non perdue) lors de la chute. En Christ, l’être humain est renouvelé à l’image de Dieu (2 Corinthiens 3. 18), en conformité à Christ, qui est l’image parfaite de Dieu (2 Corinthiens 4. 4). En somme, on ressemble à Dieu en ressemblant à Christ. Christ est celui par qui Dieu se révèle. "Personne n’a vu Dieu, mais Jésus nous le fait connaitre" (Jean 1. 18 ; Hébreux 1. 3). En Jésus, l’invisible est devenu visible. De fait, pour mieux connaitre Dieu, nous voulons mieux connaitre Christ. Aussi, à ceux qui veulent connaitre Dieu, nous voulons leur présenter Christ.
2. Jésus-Christ est le premier-né de toute création (verset 15b)
Le verset 16, qui nous dit que tout a été créé par Lui, met l’emphase sur la totalité de ce qui existe : visible et invisible, ce qui est sur la terre et dans les cieux. Si tout a été créé par Jésus, Il ne peut pas Lui-même avoir été créé.
L’expression « premier-né » est parfois employée de manière métaphorique pour souligner la prééminence (supériorité absolue de ce qui est au premier rang) qui était accordé au premier-né. Ainsi, Israël est appelé le « premier-né » de Dieu (Exode 4. 22 ; voir aussi Psaumes 89. 27-30). En Hébreux 1. 6, Christ est présenté comme le « premier-né » de Dieu. Ce verset souligne donc que Christ est supérieur à toute la création sur laquelle Il règne et dont Il est l’héritier (Hébreux 1. 2).
3. Tout a été créé par Jésus-Christ (verset 16a)
Paul précise bien que Christ a tout créé, y compris les trônes et les seigneuries, les principautés et les autorités. Ces quatre noms détaillent le monde invisible et font référence à des êtres spirituels (Ephésiens 1. 21 ; 2 Pierre 2. 10 ; 1 Corinthiens 15. 24). Dans un contexte où les faux enseignants portaient une attention et une portée excessives aux anges (Colossiens 2. 18), Paul rappelle que Christ les a créé (Colossiens 1. 16), qu’Il en est le chef (Colossiens 2. 10), et qu’Il a vaincu à la croix les anges qui sont devenus rebelles à Lui (Colossiens 2. 15). Dans notre contexte, nous rappeler que tout a été créé par Christ nous garde de l’idolâtrie. L’être humain est prompt à remplacer l’adoration du Créateur par l’adoration de la création. Cela nous pousse aussi à la reconnaissance, sachant tout nous vient de Lui (1 Timothée 6. 17).
4. Tout a été créé pour Jésus-Christ (verset 16b)
Après avoir dit que Christ est le début de la création, par qui tout a été créé, Paul souligne maintenant que Christ est aussi la fin de la création, pour qui tout a été créé. Ailleurs, Paul souligne que Dieu a voulu tout réunir sous Christ (Ephésiens 1. 10). Tout ce qui a été créé est pour Christ et donc tout Lui doit allégeance. C’est pour Christ que nous avons été créé, c’est à Lui que nous devons adoration.
5. Tout se tient en Jésus-Christ (verset 17)
Jésus-Christ est Celui qui maintient toutes choses en existence. L’auteur de l’épître aux Hébreux nous dit qu’il « soutient toutes choses par sa parole puissante » (Hébreux 1. 3). Christ ne s’est pas retiré de la Création après l’avoir créé (dans le passé) ou n’attend pas le moment où tout sera réconcilié en Lui (dans le futur), mais Christ agit dans le présent en maintenant toutes choses. Si le monde continue de tourner, c’est grâce à l’œuvre présente de Christ. Christ maintient toutes choses. Il est Souverain sur absolument toute la création. Cela devrait nous encourager de savoir que rien ne Lui échappe et que tout ce qui arrive a été voulu par Lui.
6. Jésus-Christ est la tête de l’Église (verset 18a)
Paul parle de l’Église comme le corps de Christ ailleurs dans la lettre (Colossiens 1. 24 ; 2. 19 ; 3. 15). La conception de l’Église comme corps de Christ nous aide à comprendre comment Paul peut parler des croyants comme étant en Christ, mais également de Christ comme étant en eux. Contre ceux qui enseignaient que l’expérience spirituelle ultime devait être trouvée en plus du Christ, Paul affirme que Christ est la seule vraie source de vie pour le corps. La deuxième partie (verset 18b à 20), parle de Christ comme étant l’agent de la rédemption, ou de la nouvelle création. Christ est ici présenté comme le chef de cette nouvelle création, dont font partie tous les croyants (2 Corinthiens 5. 17).
7. Jésus-Christ est le premier-né d’entre les morts (verset 18b)
Le texte nous dit que Jésus est « le commencement », ici il y a une idée temporelle. Comme au verset 15, l’expression « premier-né » marque surement la prééminence (comme le confirme la fin du verset : « afin d’être en tout le premier »), mais l’idée de priorité temporelle est aussi présente. Dans l’Ancien Testament, la résurrection d’entre les morts annonce la venue eschatologique du Royaume de Dieu (Daniel 12. 1-2 ; Ézéchiel 37). En 1 Corinthiens 15. 20, Jésus est les prémices, celui qui initie et annonce la résurrection eschatologique (de la fin des temps). Sa résurrection annonce celle de tous ceux qui Le suivent (Actes 26. 23 ; Matthieu 27. 52-53). Cette prééminence affirme aussi que Christ est le Maitre de la Création qu’il a créée et qu’Il veut réconcilier par la croix.
8. En Jésus-Christ habite toute la plénitude (verset 19)
La plénitude dont il est question est la plénitude de Dieu (voir Colossiens 2. 9). On pourrait aussi traduire par : « Dieu dans toute sa plénitude a choisi d’habiter en Christ ». La plénitude que les êtres humains recherchent ne se trouve qu’en Jésus-Christ. Tout ce que nous pouvons connaitre et expérimenter de Dieu est en Christ. Il est suffisant, et rien ni personne ne doit lui être ajouté.
9. Par Jésus-Christ, Dieu réconcilie tout avec Lui-même (verset 20a)
L’idée de réconciliation exprime qu’on a perdu la qualité d’une relation. Dans la première partie (15-17), nous avons vu que Christ règne sur tout ce qu’Il a créé. Mais quelque part, cette souveraineté a été déréglée, et tout n’est pas soumis au Créateur tel que cela devrait être. Il y a donc un besoin de réconciliation. Dans les autres passages du Nouveau Testament (Ephésiens 2. 16 ; 2 Corinthiens 5. 18 ; Romains 5. 11), l’idée de réconciliation fait référence à la restauration de la relation entre Dieu et les pécheurs. Mais la portée de cette réconciliation est cosmique. Comme en Romains 8. 18-25, l’efficacité de la rédemption s’étend à toute la création. Les effets du péché sont cosmiques, (il a affecté la création en entier et la terre attend aussi sa libération), de même les effets de la rédemption sont cosmiques. Paul ne parle pas ici « d’universalisme » (l’idée que tous les êtres humains seront sauvés), mais de « l’universalité » de la restauration cosmique : toute la création est au bénéfice de la réconciliation en Christ. Par l’œuvre de Christ à la croix, Dieu a ramené toute sa création rebelle sous le règne de Sa Puissance souveraine. Jésus-Christ règne déjà sur tout, même si nous ne le voyons pas encore totalement (Hébreux 2. 8).
10. Par Jésus-Christ, Dieu fait la paix, par le sang de sa croix (verset 20b)
La croix est le centre de la prédication chrétienne. Le Message de l’Évangile s’articule autour de la mort et de la résurrection de Christ. Cet évènement historique est le plus important de toute l’histoire de l’humanité. En Romains 5. 1-2 nous lisons : « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ; c’est à lui que nous devons d’avoir eu [par la foi] accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu ». La paix dont parle Paul dans ces deux passages n’est pas une paix subjective, mais objective. Ce n’est pas une paix que l’on sent, mais que l’on sait. Cette paix est certaine et inébranlable. Elle ne dépend pas de ce que je fais, mais de ce que Christ a fait. Christ a fait la paix par le sang de la croix. Il a payé le prix que je devais payer, et je suis pardonné (voir Colossiens 1. 14).
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