L'expiation de nos péchés
1. Définition et généralités :
Lorsque le mot "expiation" apparaît dans l'Ancien Testament en français, il est la traduction de l'hébreu "kippér" qui signifie étymologiquement "couvrir". Les offrandes lévitiques "couvraient les péchés" mais étaient incapables "d'ôter les péchés" (Hébreux 10. 4). Ces offrandes étaient "l'image" (Hébreux 8. 5) du sacrifice de Christ qui allait effacer pleinement les péchés "laissés impunis au temps de la patience de Dieu" (Romains 3. 25). Dieu accordait alors son pardon en prévision de l’œuvre de Christ qui a satisfait réellement à la Justice divine.
Dans le Nouveau Testament, d'autres expressions apparaissent et il n'y est plus dit que Dieu "couvre" simplement les péchés. Car en vertu de l’œuvre expiatoire de Jésus-Christ, le péché des croyants est ôté (1 Jean 3. 5 ; Jean 1. 29 ; cf. Hébreux 10. 4 ; 9. 26). La Parole de Dieu nous montre très nettement la différence d'attitude que Dieu a pu adopter à l'égard du péché confessé sous l'ancienne et sous la nouvelle alliance : auparavant les péchés étaient restés impunis, mais dans le temps présent, Dieu justifie celui qui a la foi en Jésus et cela sans enfreindre sa Justice puisque Christ a satisfait à toutes les exigences de la loi (Romains 3. 25-26).
Par l'expiation, Dieu a résolu le problème du péché et de la relation entre l'être humain et son Créateur. Le terme "expiation" désigne l'ensemble de ce que Dieu exige pour délivrer les êtres humains de leurs péchés. Dieu a jugé le péché. Son verdict est la mort (Romains 6. 23a ; cf. Genèse 2. 17) ; c'est pourquoi l'expiation du péché n'est possible que par le sacrifice d'un substitut qui subit la mort. C'est le seul moyen que Dieu puisse approuver (Hébreux 9. 22 ; Lévitique 17. 11).
Dans l'Ancien Testament, pour accomplir l'expiation, il fallait un autel sur lequel une victime était offerte (Lévitique 4). Le Nouveau Testament présente la croix du Calvaire sur laquelle Jésus s'est offert volontairement comme Agneau de Dieu (Hébreux 9. 13-14 ; 1 Pierre 1. 19 ; Jean 1. 29, 36 ; Jean 10. 17-18). Jésus-Christ a parfaitement accompli l'expiation de tous nos péchés ; sa mort sur la croix en est le point culminant (Hébreux 10. 10 ; Marc 10. 45 ; Jean 12. 23-27, 9. 30).
A savoir :
Les traductions françaises utilisent généralement les termes "expiation" et "expiatoire" en Romains 3. 25 ; 1 Jean 2. 2, 4. 10 ; Hébreux 2. 17. Cependant, l'expression grecque - "hilastêrion, hilasmos ou hilaskomai" - traduite par victime "expiatoire" a le sens de victime "propitiatoire", c'est-à-dire qui a la vertu de rendre Dieu propice (favorable). Il convient de bien saisir le sens biblique de ce terme. Dieu est fondamentalement propice à l'être humain en ce qu'Il désire de toute sa force faire grâce au pécheur. Mais la Colère de Dieu se manifeste contre le péché (Romains 1. 28) et contre ceux qui ne s'en éloignent pas (Romains 2. 5-8 ; Ephésiens 2. 2), car le Dieu trois fois Saint (Esaïe 6. 3 ; Apocalypse 4. 8) ne peut pas tolérer le mal. Ainsi l'être humain ne doit pas chercher à gagner la faveur de Dieu mais doit se mettre à l'abri de la Colère et du Jugement de Dieu, par la foi en Jésus-Christ (Romains 3. 25, 5. 9 ; Jean 3. 36 ; 1 Thessaloniciens 5. 9-10). Le sacrifice de Jésus-Christ permet à Dieu de justifier le pécheur puisque les exigences de sa Justice ont été satisfaites. Jésus-Christ a ouvert, à tous ceux croient en Lui, le chemin jusqu'à Dieu (Hébreux 10. 19-20 ; cf. Matthieu 27. 50-51).
2. La nécessité de l'expiation :
L'être humain pécheur est totalement séparé de Dieu (Esaie 59. 2). Cette situation vient du fait que, par nature, l'être humain est mort spirituellement (Ephésiens 2. 1), c'est-à-dire étranger à la vie de Dieu ; Il est esclave du péché (Jean 8. 34 ; Romains 6. 16, 20) ; il est ennemi de Dieu (Romains 5. 10a) ; il est insoumis à la loi de Dieu (Romains 8. 7).
De plus, le pécheur est incapable d'expier ses fautes lui-même (Romains 3. 20 ; Galates 2. 16 ; Psaumes 49. 7-9) et de rétablir la relation avec Dieu.
3. L’œuvre expiatoire de Jésus-Christ :
Toute la mission de salut de Jésus-Christ, en particulier son incarnation et sa mort sur la croix, est la démonstration de l'Amour de Dieu pour les êtres humains (1 Jean 4. 10 ; Romains 5. 8).
Jésus-Christ a subi le châtiment mérité par les êtres humains à cause de leur insoumission à la loi divine. Dans sa Justice, Dieu ne pouvait pas supprimer le châtiment, car toute faute entraîne une sanction. Pour satisfaire sa Justice, Dieu a accepté le principe de la Substitution : qui est de faire tomber le châtiment sur son Fils Jésus (Esaïe 53. 5) qui a porté tous nos péchés pour nous. Ainsi Dieu reste juste tout en justifiant le coupable (Romains 3. 25-26).
Christ a rétabli la paix entre l'être humain et Dieu. En effaçant ou en ôtant le péché (Hébreux 9. 26b ; Jean 1. 29), Jésus a supprimé ce qui rend l'être humain ennemi de Dieu. Ainsi, la réconciliation est possible, car Dieu n'a plus à prendre en compte les fautes de ceux qui mettent leur confiance en son Fils Jésus (2 Corinthiens 5. 19-20). Par le don de son sang (de sa vie), Christ a permis à l'être humain de retrouver la relation avec Dieu, de "faire la paix" avec Lui (Colossiens 1. 19-21 ; Romains 5. 10).
Christ a payé le prix du rachat afin que l'être humain soit libéré de son esclavage du péché et qu'il appartienne à Dieu son nouveau Maître. Jésus a payé la rançon nécessaire (1 Pierre 1. 18-19 ; Marc 10. 45 ; Apocalypse 5. 9). Cet aspect de l’œuvre du Sauveur s'appelle la rédemption (la délivrance par le paiement d'un prix) (Romains 3. 24 ; Colossiens 1. 13-14 ; Ephésiens 1. 7).
Jésus-Christ a vaincu Satan par sa mort et sa résurrection (Hébreux 2. 14-15 ; Colossiens 2. 15 ; Apocalypse 1. 18 ; cf. Romains 14. 9 ; 1 Jean 3. 8b). Pour que l'être humain puisse avoir part à la vie de Dieu, Christ a rendu impuissant le diable qui avait la puissance de la mort. Cette victoire, déjà pleinement acquise, sera entièrement manifestée lorsque Satan sera jeté définitivement dans l'étang de feu (Apocalypse 20. 10).
Ainsi, tout ce qui séparait l'être humain d'avec le seul Dieu tois fois Saint est ôté par Christ. Désormais le pécheur repentant a, par la foi en Lui, la liberté de s'approcher de Dieu (Ephésiens 3. 12, 2. 18 ; Hébreux 10. 19). C'est sur cette base que Dieu peut dès maintenant accorder gratuitement la vie éternelle (Romains 6. 23 ; 1 Jean 5. 11-13) à quiconque croit réellement en Jésus et se confie en Lui seul.
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